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Les artistes des années 80 : désir d’universalité et recherche du sublime 
Inspirez-vous 05 Mar 2022

Les artistes des années 80 : désir d’universalité et recherche du sublime 

Art des années 80, Keith Haring
Keith Haring, Untitled, 1984

Les années 80 sont marquées par de fortes innovations dans le domaine artistique, comme la démocratisation de la photographie couleur. Alors que certains artistes sont fascinés par la recherche esthétique, d’autres se focalisent sur les revendications politiques. Mais beaucoup se rejoignent en un point. À travers des approches différentes – parfois même opposées – l’art des années 80 traduit un désir profond d’universalisme et de tolérance. Artsper vous propose donc de découvrir aujourd’hui les artistes qui ont marqué cette époque électrique !

Keith Haring, l’art des années 80 au cœur de la ville

Keith Haring, Untitled, 1985
Keith Haring, Untitled, 1985

Figure emblématique des années 80, Keith Haring a révolutionné la place de l’art dans la rue. Souhaitant offrir de l’art au plus grand nombre, il recouvre rapidement la ville de New York de ses œuvres bariolées. Réalisant ses peintures publiques en pleine journée, il se fait arrêter à de multiples reprises, mais recommence toujours. À ses yeux, l’art doit sortir des musées et envahir l’espace public, pour être donné et créé par tou.te.s.

En plus d’être un artiste engagé, Haring était aussi extrêmement prolifique. Guidé par une passion insatiable, il était capable de peindre jusqu’à 50 tableaux par jour. Et si son travail semble de prime abord léger, il cache en réalité un féroce activisme. Ses couleurs vives et ses formes naïves traduisent une critique acerbe de la société de son époque. Abordant l’Apartheid, le nucléaire, le racisme ou encore les dictatures, il devient aussi une icône LGBTQIA+ pour sa lutte contre le sida. S’il fallait résumer cette époque, les peintures des années 80 d’Haring seraient certainement l’un des meilleurs témoignages.

Martin Parr, les yeux de la culture populaire

Art des années 80, Martin Parr
© Martin Parr, Magnum Photos, Ramsgate, Kent, 1986

Photographe vernaculaire, Martin Parr a révolutionné la photographie documentaire grâce à son double regard. Ses photographies mêlent une extrême proximité et un grand détachement, presque comme s’il photographiait un monde inconnu. Fasciné par les classes populaires, il en dépeint depuis les années 80 un portrait plein d’ironie et de tendresse. Capturant le quotidien, il révèle les absurdités d’une société où l’ultraconsumérisme engendre déceptions, aberrations et frustrations. Photographiant les stations balnéaires bondées, les fêtes dominicales et les centres commerciaux, ses clichés dénoncent autant qu’ils inspirent le sourire. À travers son objectif, les excès du tourisme de masse ou des réunions de famille prennent une tout autre couleur… Saturée et piquante.

Robert Mapplethorpe, à la poursuite du sublime

Art des années 80, Robert Mapplethorpe
Robert Mapplethorpe, Lisa Lyon, 1982

En seulement quelques années, Robert Mapplethorpe marquera la photographie et l’art des années 80. Cherchant à atteindre la perfection esthétique, son travail explore le sublime et le poétique. Transgressif et angélique, subjugué par la beauté et la laideur, hors du temps et ancré dans son époque, Mapplethorpe fascine. À partir des années 80, il se focalise sur le nu, au travers duquel il reproduit et défie les normes classiques. Jusqu’à sa mort prématurée en 1989, il redoublera d’efforts pour marquer son temps. Malgré une fin tragique, il réussit ce défi, puisqu’il reste encore aujourd’hui une figure emblématique de la photographie.

Pierre et Gilles, entre rêves érotiques, songes sacrés et réalité magnifiée

Pierre et Gilles, Gai Paris, Jean-Paul et Andréas, 1988
Pierre et Gilles, Gai Paris, Jean-Paul et Andréas , 1988

Acolytes professionnels et amoureux depuis 1976, Pierre et Gilles réalisent de magnifiques photographies peintes à la main. Passionnés par l’esthétique populaire et la représentation d’icônes religieuses, Pierre et Gilles créent un monde féerique sur papier glacé. C’est en explorant les façons dont l’humanité représentait le sacré qu’ils ont inventé leur propre imagerie de la culture populaire. Dans les années 80, ils voyagent à travers le monde, pour progressivement apporter à l’art leur regard inédit. Depuis, ils élaborent des univers dans lesquels le modèle et le décor sont en parfaite osmose. Au-delà de nous offrir un esthétisme presque orgasmique, Pierre et Gilles véhiculent un message de paix et d’amour universel. Foncièrement optimistes et pourtant ancrées dans le réel, leurs œuvres enchantent et poétisent l’existence. En somme, elles rassemblent autour d’une réalité plus belle, plus magique… merveilleuse.

L’art des années 80, aussi exalté que furieux

Les années 80 sont marquées par une forte violence, mais aussi par une effervescence créative bouillonnante. D’un côté, le sida terrasse une partie de la population, en témoigne la mort tragique d’Haring et de Mapplethorpe. En parallèle, le racisme, la pauvreté et la violence perdurent dans les capitales, comme dans les plus petites villes. D’un autre côté, les libertés individuelles et sexuelles ne cessent de croître. Le monde de la nuit bat son plein, le tourisme est grandissant. Le confort s’installe dans les foyers, accompagné d’une technologie en expansion. L’art des années 80 exprime toute la puissance de cette époque : une décennie où le merveilleux batifole avec la cruauté.


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