Rencontre avec Jazzu

Jazzu, Les Maux de tête (2018)

Jazzu, artiste montant de la scène artistique contemporaine, nous décrit son parcours et son ressenti sur le monde de l’art. Autodidacte aux multiples facettes, inspiré par l’Art Brut, son travail est marqué par l’influence de l’artiste majeur qu’est Jean Michel Basquiat. Ce dernier participera grandement à la naissance de l’engouement de l’artiste pour le monde de l’art. Jazzu déverse ses émotions sur ses toiles. Puissantes, riches et intenses, ses peintures sont le reflet d’un artiste tiraillé qui utilise son art comme un moyen d’expression de ses sentiments, une sorte de journal intime.

Comment définiriez vous votre rapport à l’art ?

L’Art est arrivé dans ma vie en premier lieu par la littérature, la poésie et les chansons à textes grâce à ma mère, mon père est également musicien. Les Arts visuels sont venus plus tardivement. Différentes rencontres m’ont permis de découvrir la photographie, le dessin puis la peinture. Bien que j’ai depuis toujours ressenti le besoin d’écrire, puis de dessiner, je suis autodidacte et je cherche tout le temps à m’instruire, à me nourrir. Je ne suis jamais rassasié. Je parcours les expositions, les livres, les rencontres…

Jazzu, Visage pâle (2018)

Pourriez vous nous expliquer les grandes lignes de votre parcours ?

J’ai un parcours atypique. Je me suis mis à peindre par nécessité d’exorciser des douleurs, des colères, de la folie que je vivais au quotidien de la part mon métier (éducateur spécialisé). Je me suis construit ma culture artistique par le biais d’un ami qui avait fait les beaux-arts. Il m’a appris les différents courants en art, les artistes qui pouvaient m’apporter quelque chose dans ma construction personnelle. Quand j’ai découvert l’Art Brut ça été une claque. La liberté du mouvement a été le point de départ de mon parcours.

Jazzu, Main dans la main (2018)

Vous décrivez votre travail comme étant le reflet de vos émotions, lesquelles vous guident le plus ? La colère ? La joie ? Où puisez vous toute cette énergie que dégagent vos toiles ?

Les émotions, en effet sont de toute évidence un moteur pour moi. Qu’importe laquelle domine lorsque je monte dans mon atelier je ne sais pas ce qu’il va se passer. C’est le MOI interne, mon inconscient qui s’exprime. Il me guide à travers les gestes, les courbes ou encore les couleurs. Souvent la colère est un point de départ mais j’essaie d’y mettre toujours un peu de lumière pour donner du positif. Il faut toujours parvenir à voir le bien dans le noir. La peinture m’apporte un équilibre émotionnel.

Jazzu, Boom (2019)

Quels artistes vous ont particulièrement marqué et quelles sont vos sources d’inspiration ?

Ma première « gifle » artistique fut le face à face avec « Slave Auction » de Jean-Michel Basquiat qui se trouve à Pompidou. Elle était à côté d’un monochrome de Klein, un bleu magnifique et intense. Je me suis dit cet artiste il est libre, cette liberté était pour moi une nouveauté. Après j’ai découvert Soulages, Combas, K. Haring, K. Appel et le mouvement CoBrA. La couleur avec N. De Stale ou encore Rotko et la folie de F. Bacon. Tous ces artistes m’inspirent lorsque je crée. Mais par-dessus tout ma première source d’inspiration c’est ma vie. C’est elle qui m’inspire.

Mon rêve je le vis au quotidien, j’aimerai juste qu’il se poursuive.

Jazzu, Espérer mieux de demain (2018)

Avez-vous des lieux culturels favoris ?

Sans hésiter je citerai le Centre Georges Pompidou et le musée des arts premiers du Quai Branly. Dans ces deux lieux je peux y rester des heures. J’ai découvert tellement d’artistes, l’art Africain, les masques ou encore l’artiste Lucian Freud qui fut un de mes coups de cœur.

Jazzu, Flowers bombs (2017)

Quel projet rêveriez vous de développer ? Et quelles sont vos actualités ?

Actuellement je fais un solo show à la galerie Serventi à Toulouse. Plusieurs projets sont en cours de préparation, notamment des expositions à l’étranger. Mon rêve je le vis au quotidien, j’aimerai juste qu’il se poursuive.

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