L'effrayante vérité derrière les peintures de ballet de Degas
Les peintures de ballet de Degas sont célèbres pour leur beauté. Mais derrière l'innocence de la jeunesse se cache une vérité plus sombre...
Paul Gauguin, pilier du post-impressionnisme, a marqué un tournant dans l’histoire de l’art moderne. Dans sa quête de rupture avec les conventions artistiques de son époque, il choisit l’exil en Polynésie comme source d’inspiration. À travers ses voyages et ses œuvres, Gauguin explore l’idée de l’ailleurs : un monde plus primitif, spirituel et libre, loin de la civilisation occidentale qu’il rejette. Cet article explore l’exil artistique de Gauguin, une odyssée créative où se mêlent modernité et paradoxes, et sur la manière dont son œuvre continue de susciter débat et admiration.
Né en 1848 à Paris, il déménage tôt à Lima avec sa famille. L’exotisme le séduit, et guidera même son inspiration artistique et ses choix personnels tout le long de sa vie. Il s’engage dans la marine à 17 ans, et poursuit le voyage qu’il aime tant en Amérique Latine. Il retourne en France au décès de sa mère, et fait la rencontre de Gustave Arosa, un ami de la famille, qui l’initie à un nouveau poste de banquier, et à la peinture.
En 1874, après avoir rencontré les icônes Camille Pissarro, Paul Cézanne et Alexandre Marie Guillemin, Paul Gauguin se passionne pour l’art et commence à collectionner des œuvres. Il fait également la rencontre de son cher ami Edgar Degas, une des rares personnes avec qui son amitié perdurera. Finalement, il abandonne sa carrière lucrative en finance et répond à l’appel de sa passion pour la peinture en 1882.
D’abord à Paris, Gauguin et sa famille s’installent à Rouen, où il rejoint Pissarro, son premier guide impressionniste. Il réalise 40 tableaux en moins d’un an.
Après un bref moment à Copenhague, Gauguin rentre à Paris. Fauché, il continue à peindre et a un travail de colleur d’affiches dans les gares. Ses toiles sont plutôt bien reçues et il arrive à se faire un peu d’argent avec ses ventes.
À cette époque (1880-1885), il peint portraits, natures mortes et paysages. Il crée principalement à la peinture à l’huile puis commence la sculpture de céramique après sa rencontre avec Ernest Chaplet.
Le symbolisme, émergeant dans les années 1880, était un mouvement opposé à l’impressionnisme, il ne trouvait pas son inspiration dans la nature mais dans l’esprit de l’homme, au delà de son regard. Ce courant inspira Gauguin dans sa quête d’expression sentimentale. Il est animé par la volonté de transmettre des émotions profondes et des vérités universelles à travers ses œuvres. Cet élan conduit le peintre à utiliser des couleurs vibrantes et des lignes simple, le tout à la peinture à l’huile.
Ses voyages commencent à Pont-Aven, en Bretagne, où Gauguin devient une figure centrale de l’école du même nom. L’école de Pont-Aven se caractérise par cette envie post-impressionniste de s’éloigner des codes artistiques en utilisant des couleurs, et surtout, en essayant de s’approcher d’une représentation primitive des sujets, fidèle aux sensations et sentiments humains. Il a mis au point une technique de peinture utilisant des plans de couleur superposés et délimités par des lignes plus sombres. Cette technique est nommée synthétisme.
En Bretagne, il rencontre Paul-Émile Bernard, tenant du cloisonnisme.
Tous deux pavent la voie à de nombreux artistes comme Paul-Émile Colin, Paul Sérusier, Charles Filiger, Ernest de Chamaillard qui passeront eux aussi à Pont Aven pour peindre.
“J’aime la Bretagne : j’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture.”
Cette escapade bretonne introduit doucement le peintre à son style de prédilection, il souhaite découvrir de nouvelles cultures et part pour le Panama puis la Martinique avec le peintre Charles Laval en 1887. Ce voyage de quatre mois va profondément marquer son art. Gauguin s’inspire beaucoup des paysages tropicaux et de leurs couleurs vibrantes, ainsi que de l’aspect primitif de la vie sur l’île.
Le peintre anime ses lignes par ses observations et son imagination, se fascinant pour les mouvements des femmes qui travaillent et leurs vêtements colorés. Il utilise des couleurs vives pour transmettre les émotions qui le traversent.
Ce premier court exil permet à Gauguin de découvrir sa véritable inspiration. De cette période, Gauguin confiera : « L’expérience que j’ai faite à la Martinique est décisive. Là seulement je me suis senti vraiment moi-même, et c’est dans ce que j’ai rapporté qu’il faut me chercher si l’on veut savoir qui je suis.»
Nous ne pouvons pas écrire sur Paul Gauguin sans parler de son amitié avec Vincent Van Gogh. De retour en France en 1888, Gauguin retrouve Van Gogh à Arles et tous deux commencent à créer en cohabitant. Leur approche de la peinture diffère dans leur inspiration.
Alors que Van Gogh s’inspire de la nature, Gauguin préfère se fier à son imagination pour peindre. Ce dernier privilégie la subjectivité de l’artiste, convaincu que c’est le meilleur moyen de communiquer des idées profondes et des émotions.
« Un conseil, ne copiez pas trop d’après nature, l’art est une abstraction, tirez-la de la nature en rêvant devant, et pensez plus à la création qu’au résultat. » Paul Gauguin, 1888
Le séjour de Gauguin à Arles prend subitement fin à l’hiver 1888 après une dispute entre les deux artistes, au terme de laquelle Van Gogh va tragiquement se couper l’oreille.
Après sa lecture de Voyage aux îles du Grand Océan de Jacques-Antoine Moerenhout, Paul Gauguin rêve de Tahiti. En 1890, il vend de nombreuses toiles pour préparer son exil artistique. Le ministre des Beaux-Arts lui accorde une mission d’étude artistique et il embarque pour Papeete en avril 1891. L’artiste fait ce choix d’exil car il est insatisfait de la scène artistique parisienne et veut s’émanciper des conventions occidentales. Il a soif d’aventures.
Il déteste Papeete, il trouve la ville trop colonisée, trop occidentale. Lui étant à en quête d’authenticité et d’exotisme, il préfère partir à la découverte des terres. Il pose alors bagage dans le petit village de Mataiea, au Sud.
Là-bas, sa production d’œuvres est prolifique, on l’estime à 80 en 2 ans . Il perfectionne son utilisation des couleurs, appliquées en larges aplats. Gauguin choisit le jaune, le vermillon et l’indigo pour retranscrire les couleurs des paysages illuminé du Soleil tropical. Il varie ses matériaux et ses supports et crée pastels, aquarelles, dessins mais aussi sculptures.
Il rencontre Tehura, une tahitienne de treize ans. Elle deviendra son modèle et sa compagne. L’artiste a alors 44 ans.
Malade et sans le sou, il est rapatrié en France en septembre 1893.
De retour à Paris, Gauguin essaye tant bien que mal de faire connaître ses créations exotiques. Malheureusement, malgré le soutien de peintres et critiques comme Edgar Degas, Alfred Jarry ou encore Stéphane Mallarmé, ses créations sont mal reçues par la plupart des artistes. Jugé “sauvage” et “barbare” ses tableaux ne rencontrent pas le succès espéré lors d’une exposition chez Paul Durand-Ruel.
Découragé, il repart à Tahiti en 1895.
Arrivé en Polynésie, il s’installe dans le petit village de Punaauia avec Pau’ura, une tahitienne de 14 ans. Malade, il prend beaucoup de morphine et sombre dans l’alcoolisme pour oublier sa douleur.
Il continue à peindre et à perfectionner son identité picturale, toujours en s’inspirant des paysages et de la culture polynésienne. Durant ce second exil tahitien, Gauguin peignera une trentaine d’huile sur toile. De nombreux chefs-d’œuvres sont issus de cette période.
Parmi lesquels figure l’œuvre considérée comme le testament du peintre. D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? est une toile de 139,1 × 374,6 cm, aujourd’hui conservée au Musée des Beaux-Arts de Boston.
Peinte en 1897 dans un grand moment de désespoir, cette œuvre est un manifeste de toutes les recherches artistiques du peintre. Au bord du suicide, il décide d’apporter une réflexion sur le destin humain. Il représente alors le cycle de la vie.
Avec cette œuvre magistrale, Gauguin manifeste son désir d’une spiritualité universelle. Au cours de son premier périple, l’artiste souhaitait revitaliser son œuvre en s’imprégnant de la terre tahitienne. Pour lui, c’était un havre de paix qui le séparait de la civilisation et de l’époque industrielle. Cependant, il demeure sans réponse face à ses questions, et le paradis qu’il était venu chercher semble désormais irrémédiablement perdu.
En 1901, Gauguin décide de partir vivre sur l’île de Hiva Oa dans l’archipel des Marquises. Il veut retrouver son inspiration en changeant d’environnement mais en restant sous les tropiques.
L’exil aux Marquises marque une recherche plus profonde de sens spirituel. Gauguin, de plus en plus malade et affaibli, cherche à se rapprocher d’une forme d’art mystique et à renouer avec des thèmes spirituels et religieux.
Sa technique devient encore plus stylisée, avec des formes plus simples et une représentation plus abstraite de la nature et des personnages. L’utilisation de la couleur et des contours nets s’intensifie.
Ses nouvelles œuvres sont marquées par les paysages spectaculaires des Marquises et les figures locales. Cependant, contrairement à ses années à Tahiti, il s’intéresse moins à l’exotisme et plus à l’aspect spirituel et humain des personnages polynésiens. Par exemple, il peint de nombreux portraits de figures locales et des scènes qui relèvent de la spiritualité et du chamanisme polynésien, comme Le Sorcier d’Hiva Oa.
La phase marquisienne est celle où Gauguin se montre le plus personnel et le plus radical, illustrée par un échange intense avec la nature et l’art spirituel. Ses essais durant cette période ont un impact non seulement sur les artistes contemporains, mais également sur les courants du XXe siècle tels que l’Expressionnisme et le Fauvisme, qui adopteront son utilisation de la couleur comme outil d’expression des émotions.
Rongé par la syphilis et l’alcoolisme, Paul Gauguin s’éteint en 1903, à l’âge de 55 ans, laissant derrière lui un héritage intemporel aussi admiré que controversé.
Devenu célèbre grâce à sa révolution picturale, l’art de Paul Gauguin continue de fasciner des générations d’artistes à travers le monde. Son utilisation franche des couleurs et des lignes, sa façon de nous transporter dans des univers tropicaux idylliques, les émotions transmises par ses toiles, pavent la voie d’un art moderne, libre.
Après lui, Henri Matisse, Pablo Picasso, André Derain ou encore Amedeo Modigliani s’inspirent de son style synthétique. Personnage très controversé, ses relations avec des filles mineures ont alimenté des critiques sur son comportement immoral et exploiteur.
La réputation de Paul Gauguin est un mélange de génie artistique et de controverse morale. Son héritage artistique est indéniable, mais son histoire personnelle et ses choix éthiques continuent de poser questions. Gauguin reste une figure clé de l’art moderne, mais il est aussi un exemple des tensions entre l’art et les comportements individuels, entre l’admiration pour le génie créatif et la réprobation de certains aspects de la vie privée de l’artiste.
En 2015, la toile Quand Te Maries Tu ? de l’artiste devient l’œuvre d’art la plus chère du monde lorsqu’un acheteur l’acquiert pour 300 millions de dollars. En 2017, l’acheteur du Salvator Mundi de Léonard de Vinci dépasse le prix de Quand Te Maries Tu ? en l’acquérant pour 450 millions de dollars.
Où Paul Gauguin a-t-il vécu pendant ses voyages ?
Gauguin a vécu à plusieurs endroits exotiques, notamment à Tahiti et aux Marquises, où il a cherché à fuir la civilisation occidentale et à s’inspirer de la culture polynésienne. Ses voyages ont profondément influencé son art.
Quel rôle a joué Gauguin dans l’école de Pont-Aven ?
Gauguin a été une figure centrale de l’école de Pont-Aven, un groupe d’artistes cherchant à se libérer des règles impressionnistes. C’est là qu’il a développé le synthétisme, une technique caractérisée par l’utilisation de couleurs vives et une simplification des formes.
Gauguin a-t-il été influencé par d’autres artistes ?
Oui, Gauguin a été influencé par Camille Pissarro, qu’il a rencontré à ses débuts, et par le travail de Vincent van Gogh, avec qui il a cohabité à Arles. Toutefois, il a aussi cherché à s’éloigner des influences directes pour développer son propre style.
Pourquoi Paul Gauguin est-il controversé ?
Gauguin est controversé en raison de ses relations avec de jeunes filles mineures en Polynésie, ce qui a alimenté des critiques sur son comportement moral. De plus, son approche de l’art primitif est parfois perçue comme une forme d’appropriation culturelle.
Quel est l’impact de Gauguin sur l’art moderne ?
Gauguin a eu un impact majeur sur l’art moderne, notamment en influençant des artistes comme Henri Matisse et Pablo Picasso. Il a contribué à la transition vers un art plus émotionnel, symboliste et abstrait, en rompant avec le réalisme académique.
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