L’érotisme du travail de César en 5 anecdotes

Et non, nous ne sommes pas tombés sur la tête chez Artsper ! Il est vrai qu’en voyant le travail de César Baldaccini, ses compressions brutales et ses sculptures en ferraille, on ne conçoit pas forcément que son oeuvre puisse être érotique. Si certaines pièces sont bien connues pour leurs références charnelles, il en existe d’autres pour lesquelles l’allusion est plus subtile…

#1 Ses premières sculptures représentaient des corps féminins

César

Avant de commencer les compressions, les expansions et les empreintes, César envisageait la sculpture comme un art traditionnel et se référait aux plus grands sculpteurs. Mais, n’ayant pas les fonds nécessaires pour se procurer le matériel adéquat, il commence donc la sculpture avec des matériaux plus solides et des déchets métalliques qu’il récupère dans des décharges. Il soude, fond, assemble et crée finalement «  la Vénus de Villetaneuse » et bien d’autres sculptures de nu. L’utilisation de matériaux pauvres n’enlève pourtant rien au style et à la qualité de l’oeuvre. Il parvient à exploiter ces matériaux si rigides pour produire des textures de peau, tantôt lisses, tantôt granuleuses, des articulations parfois mécaniques enveloppées de chair, formant des courbes féminines et maternelles.

#2 Le toucher l’aide à sculpter

César
César

César était un coureur, c’est bien connu ! Il était très tactile et avait besoin de toucher la matière avant de sculpter. Il caresse presque la matière pour la façonner : « Mon imagination se met en marche que quand j’ai touché les choses », dit-il. C’est peut-être ce qui lui a permis de conférer tant de sensualité à ses matières… Lorsqu’il parle des compressions, il utilise même le terme« esquicher », qui signifie « serrer », et qu’il rapproche du fait de « serrer » une femme…

#3 Il a souvent sculpté des poitrines

César

Si la sensualité est souvent très subtile dans le travail du sculpteur, mais il a également réalisé des oeuvres purement érotiques. Il a par exemple confectionné des pendentifs en forme de sein (mais aussi des compressions) qui étaient voués à être touchés et tripotés. Il a également moulé le sein d’une danseuse du Crazy Horse qui, une fois agrandi, prendrait presque une allure de paysage surréaliste.

#4 Sa sculpture de pouce est très… phallique

César

Ses fameux pouces sont eux aussi chargés de sensualité. Il les avait dupliqués en plusieurs tailles et en plusieurs matières. Il en existe même en forme de sucettes ! Lorsqu’il est agrandi, ce pouce prend une allure phallique, renforcée par le réalisme de la texture qui s’apparente réellement à la peau et à la présence des détails de la chair mais aussi des défauts.

#5 La sensualité dans la matiére

César

Si César parvient à octroyer un aspect érotique à son oeuvre, c’est surtout grâce au travail de la matière.  Ses expansions, par exemple, sont très satisfaisantes à regarder, elle procurent un grand plaisir visuel. Lisses, nacrées, jaillissantes, coulantes, dégoulinantes, elles appellent au toucher et semblent s’allonger et s’offrir à la contemplation.

Pour « La suite milanaise », ses compressions sont moins violentes et moins dures. Les matériaux sont couverts de laque et adoucissent les sculptures. Comme le remarque Catherine Millet, les plis de la ferraille deviennent des plis d’un tissus soyeux recouvrant un corps…

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