10 choses à savoir sur Fernand Léger
Fernand Léger est le créateur du Tubisme. Artsper vous dévoile 10 choses à savoir sur ce peintre français moderne et remarquable.
Quand on regarde une œuvre de Marc Chagall, on a l’impression de flotter. Les mariées s’envolent, les animaux jouent du violon, les couleurs s’entremêlent. C’est un monde à part, presque magique. Et pourtant, derrière cette légèreté apparente se cache une histoire forte, enracinée dans les traditions juives et l’enfance d’un garçon né dans l’Empire russe.
À l’époque des fauves, des surréalistes et des cubistes, Chagall ne suit aucune école. Il trace sa propre voie, nourrie par ses souvenirs, sa spiritualité et une palette de couleurs éclatantes. Mais qui était vraiment Marc Chagall ? Et comment son passé a-t-il façonné une œuvre aussi unique ?
Marc Chagall naît en 1887 à Vitebsk, un petit village biélorusse. Il grandit dans une famille juive pratiquante. Son père travaille dans un entrepôt de hareng, tandis que sa mère possède une épicerie. À la maison on parle yiddish, et la vie est rythmée par le sabbat, les fêtes religieuses, les prières, et les chants.
Le shtetl, ce village juif typique de l’Europe de l’Est, est un endroit chaleureux replié sur lui-même. En dehors, l’atmosphère est dure. L’Empire russe impose aux Juifs des lois discriminatoires : ils sont cantonnés à une « zone de résidence », exclus de nombreux métiers, et victimes de violences fréquentes, les pogroms (attaque accompagnée de pillages et de meurtres perpétrée contre une communauté juive, – Dictionnaire Larousse).
C’est dans ce mélange de joie, de pauvreté et d’insécurité que Chagall a développé son imagination. Enfant, il passait beaucoup de temps à regarder à travers les fenêtres. Il adore observer le ciel et les nuages, il dira plus tard lors d’une interview en 1952 : « Depuis ma naissance, je regardais tout le temps le ciel, les nuages… Je regardais toujours par la fenêtre les nuages. Et c’est peut-être pour ça que j’étais attiré vers les vitraux parce que c’est de la fenêtre que la couleur est venue. Il me semble toujours que quelque chose de divin vient de la fenêtre. C’est pour ça que j’ai tant de fenêtres dans mes tableaux. »
Chagall a été élevé dans un foyer sans art et sans créativité. La famille Chagall pratique le judaïsme hassidique, qui défend toute illustration des créations de Dieu.
C’est dans cet environnement où personne ne songe à devenir artiste que Chagall ose suivre sa vocation. Il prend des cours de dessin à Vitebsk, puis parvient à intégrer une école d’art à Saint-Pétersbourg. Là, il découvre les grands maîtres européens… mais aussi l’antisémitisme d’une ville où sa présence est illégale.
En 1910, à 23 ans, il part pour Paris. Il s’installe à La Ruche, une ruche d’artistes dans tous les sens du mot. Il y rencontre Apollinaire, Delaunay, Léger… et y découvre Cézanne, Van Gogh, Gauguin, qui influenceront durablement sa manière d’aborder la couleur et la forme.
Mais malgré cette immersion dans l’avant-garde, il ne se fond jamais complètement dans le paysage. Chagall ne cherche pas à rompre avec ses racines. Bien au contraire, il les fait vivre dans sa peinture. Les mariées en robe blanche, les rabbins, les musiciens et les animaux symboliques : tous ces éléments de son enfance sont présents dans ses tableaux, évoluants entre ciel et terre.
« Pour moi, un tableau est un poème en couleur. » – Marc Chagall
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Un univers de rêve
Ce qui frappe dans les toiles de Chagall, c’est leur liberté. Nous n’y retrouvons aucune perspective classique, ni réaliste. Les corps lévitent, les objets tournent, les plans se superposent, tout semble flotter dans un ordre poétique.
Le passé et le présent cohabitent dans les œuvres de l’artiste, tout comme le réel et l’imaginaire. Les émotions sont traduites en images flottantes, qui s’apparentent à des rêves. Même si l’un des thèmes les plus récurrents de Marc Chagall est la religion, il ne peint pas des scènes religieuses pour transmettre un dogme. Son objectif est de transmettre une émotion liée à la foi.
Des tableaux comme Le rabbin de Vitebsk, Le Sabbat ou La Torah en feu sont des hommages à ses racines juives.
« Dans la vie, comme sur la palette de l’artiste, il n’y a qu’une seule couleur qui donne un sens : c’est la couleur de l’amour » – Marc Chagall
Parmi tous les thèmes qu’aborde l’artiste, l’amour occupe une place singulière. Il ne s’agit pas seulement d’un sujet parmi d’autres, mais d’un véritable moteur intérieur, d’un principe vital. Son amour porte un nom : Bella, sa muse et son épouse.
Leur rencontre a lieu en 1909, à Vitebsk. Dès les premiers instants, Chagall est bouleversé. Il décrira plus tard Bella comme celle qui semble avoir toujours habité son imaginaire. Leur relation est immédiatement fusionnelle et ils ne se quitteront plus.
Bella devient rapidement la figure féminine centrale de son œuvre. Elle apparaît en mariée, en amoureuse, souvent en silhouette flottante. Il la peint encore et encore, à travers les années, même après sa mort en 1944. Car si Bella disparaît physiquement, elle continue de vivre dans les toiles de Chagall.
Parmi les œuvres emblématiques de cette relation, La mariée occupe une place toute particulière. On y voit une jeune femme en robe blanche flottant dans un ciel rouge et violet, entourée de personnages imaginaires comme un bouc jouant du violon. Elle incarne à la fois un souvenir personnel et une allégorie universelle de l’amour.
Dans ce tableau comme dans tant d’autres, le personnage ne touche pas terre : il flotte. Chagall défie les lois de la gravité pour mieux exprimer ce que le sentiment amoureux provoque.
Quand le peintre arrive en France, il est en quête de couleur et de lumière. Fasciné depuis petit par le ciel et les nuages qu’il observait par sa fenêtre, pour lui, la couleur n’est jamais neutre. Par conséquent, elle fait entièrement partie de son langage artistique.
En effet, contrairement à d’autres peintres qui l’utilisent pour reproduire la réalité, Chagall s’en sert pour exprimer des états intérieurs. Le bleu ne représente pas un ciel, mais un sentiment de paix ou de mystère. Le rouge, peut signifier la passion mais également la foi ou la douleur. Le vert, lui, est synonyme d’enchantement et représente la nature.
Dans des œuvres comme Le cirque bleu ou Les amoureux en bleu, la couleur enveloppe les personnages. On sent que le choix de chaque ton est lié à une sensation, à une émotion. Pour lui, peindre revient à orchestrer une partition dans laquelle chaque nuance joue sa partie.

Comme beaucoup d’artistes juifs au XXe siècle, Chagall connaît l’exil. En 1914, il retourne en Russie pour épouser Bella mais la guerre l’empêche de repartir. Il revient à Paris en 1923. Il fuit à nouveau dans les années 40, pendant la montée du nazisme.
En 1941, il quitte la France et trouve refuge à New York. Après avoir appris que sa ville natale a presque été entièrement détruite, ses œuvres deviennent plus sombres. Avec sa toile La Crucifixion blanche, il représente un Christ juif crucifié, entouré de scènes de pogroms. Il s’en sert pour dénoncer les horreurs faites à son peuple.
Après la guerre, Chagall revient en France et s’installe à Saint-Paul-de-Vence. Il entre alors dans une nouvelle phase de sa carrière: les grands projets publics. Il crée des vitraux pour des synagogues (comme celle de l’hôpital Hadassah à Jérusalem) mais aussi pour des cathédrales, des églises, et même l’Opéra Garnier à Paris.
Son plafond de l’Opéra, par exemple, est une explosion de couleurs dédiée aux grands compositeurs. On y retrouve Mozart, Wagner, Berlioz, entourés de danseurs et de musiciens.
À travers ces créations, Chagall continue de transmettre son message : l’art peut guérir, relier, faire du bien.
Aujourd’hui, Marc Chagall est considéré comme l’un des géants du XXe siècle. Ses œuvres sont présentes dans les plus grands musées : le MoMA, la Tate Modern, le Centre Pompidou, et bien sûr, le musée Chagall à Nice. Mais ce qui frappe, c’est à quel point ses tableaux continuent de parler au public.
Marc Chagall n’a jamais cherché à suivre les modes. Il a simplement peint ce qu’il portait en lui : ses souvenirs, ses amours, sa foi, ses blessures et ses rêves. Son œuvre touche encore aujourd’hui, parce qu’elle parle une langue universelle : celle de l’émotion.
Que ce soit à travers un vitrail, une mariée flottante ou un violoniste dans le ciel, Chagall nous rappelle que l’art peut être un refuge, une source d’espoir et de beauté. Il nous invite à croire, malgré les épreuves, en la force de l’amour, de la mémoire et de la lumière. C’est peut-être pour cela que ses tableaux continuent de nous faire rêver.
Parce que Chagall peint les émotions, les souvenirs et les rêves : il libère ses personnages de la gravité pour exprimer l’amour, la foi ou la liberté.
Son enfance dans une famille juive pratiquante et les traditions du shtetl inspirent ses scènes religieuses, ses rabbins, ses symboles et son sens du sacré.
Non. Bien qu’influencé par les avant-gardes parisiennes, Chagall a toujours suivi sa propre voie, indépendante des grands courants comme le cubisme ou le surréalisme.
Pour lui, chaque couleur exprime une émotion : le rouge pour la passion ou la foi, le bleu pour la paix, le vert pour la nature ou l’enchantement.
Bella est sa muse et l’amour de sa vie. Elle apparaît dans de nombreuses toiles, souvent en mariée ou en figure flottante, même après sa mort.
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