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Art contemporain 16/07/2025

Bearbrick : quand le jouet devient art

Ecrit par emmadewidehem , Mis à jour le 16/07/2025
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Bearbrick : quand le jouet devient art

Sommaire

Longtemps considéré comme un simple jouet en plastique, le Bearbrick s’est imposé comme une figure majeure de la scène artistique, entre art urbain, culture populaire et design contemporain. Le phénomène Bearbrick art urbain mérite d’être analysé comme un cas unique d’objet devenu œuvre.

Le Bearbrick est une figurine japonaise en forme d’ours, créée en 2001 par la marque Medicom Toy. Conçu en plastique, il mêle jouet, art et mode. Son nom viendrait de la combinaison entre une tête d’ours inspirée d’un dessin animé et la gamme « Kubrick », une autre série de figurines signée par le même fabricant.

Comment un simple jouet est devenu une icône artistique et culturelle ?



Bearbrick Jean-Michel Basquiat, 2021. Disponible sur Artsper

I. Bearbrick, un produit de l’art urbain

Le Bearbrick commence à avoir une notoriété mondiale entre 2005 et 2010 grâce à des collaborations artistiques et mode très médiatisées. Il a, par exemple, fait une collaboration avec Kaws en 2002, et une autre avec Chanel en 2006. Son esthétique minimaliste, faite de surfaces lisses et de formes épurées, en fait un support idéal pour l’art urbain et la personnalisation graphique. Il existe différentes tailles fixes de Bearbrick (100%, 400%, 1000%), ils ont la même structure, seuls les visuels changent. Certains Bearbricks ne sont pas en plastique mais en métal, céramique, bois (édition Karimoku, par ex.).

Ainsi, Bearbrick commence à se faire un nom dans l’univers du design et de l’art urbain, ce qui lui permet d’intégrer l’univers visuel de créateurs influents tels que Hgiroshi Fujiwara, Nigo ou Pharrell Williams. Petit à petit, le Bearbrick commence à etre exposé dans des galeries, des musées ou encore des concept Stores (Colette à Paris, MoMA, etc.). Il a donc une présence dans des lieux “hype” et ses collaborations deviennent vite des objets de collection et de décoration haut de gamme.

Le Bearbrick incarne parfaitement ce qu’on peut appeler le phénomène Bearbrick art urbain, tant il s’intègre aux codes esthétiques du street art, du graffiti et du design graphique contemporain.

Bearbrick, Royal Selangor Arabesque Golden 400%, 2020. Disponible sur Artsper

II. Une toile vierge pour les artistes contemporains

Le Bearbrick est plus qu’un jouet. Il réunit l’art contemporain, l’art urbain et l’art populaire. C’est un support artistique inédit, accessible et visuel. Cela lui permet de collaborer avec des artistes majeurs. Kaws, issu de l’art urbain, marque un tournant en 2002/2003. Il est l’un des premiers grands artistes à signer un Bearbrick. Il dira : « The Bearbrick is a blank canvas, and that’s what makes it powerful. » D’autres artistes suivent, comme Takashi Murakami. Il applique son esthétique “Superflat” et ses motifs floraux dès les années 2010. Keith Haring, avec ses silhouettes dansantes, est présent dans plusieurs volumes entre 2010 et 2023. En plus des artistes, Bearbrick collabore avec Marvel, Star Wars, The Simpsons, Andy Warhol, etc. Ces icônes de la pop culture rendent chaque édition artistique et emblématique.

Le Bearbrick éveille l’intérêt des grandes marques de luxe comme Chanel et Dior, qui y voient un moyen de fusionner leur univers avec la culture urbaine tout en renforçant leur image auprès d’un public jeune et collectionneur. En 2006, Chanel lance un Bearbrick ultra luxe en noir et blanc, distribué uniquement à certains VIP.

III. Le Bearbrick, un objet de collection, de spéculation et d’art urbain

Les stratégies marketing mises en place par Medicom Toy ont fait du Bearbrick un objet de collection et de spéculation. En plus des collaborations exclusives, l’entreprise a mis en place une stratégie de rareté en instaurant des éditions limitées ou encore des séries exclusives

Le marché secondaire du Bearbrick commence à devenir vraiment actif à partir du milieu des années 2010, notamment avec l’explosion de la hype culture (sneakers, streetwear, art toys), l’intérêt croissant pour les collaborations artistiques de prestige — souvent issues du street art et de l’art urbain — et la visibilité sur des plateformes telles que StockX, eBay ou Sotheby’s.



Dès 2015/2016, certaines pièces Bearbrick atteignent plusieurs milliers d’euros et les modèles 1000% en édition limitée deviennent des objets de spéculation. La tendance s’accélère encore pendant le confinement (2020) avec la montée du marché de l’art en ligne et la recherche d’objets rares à collectionner chez soi. En effet en 2023, une pièce Bearbrick Andy Warhol × Jean-Michel Basquiat se revend jusqu’à 15 000 € sur le marché secondaire.

Bearbrick Andy Warhol x Jean-michel basquiat, 2021. Disponible sur Artsper

Le succès du Bearbrick repose autant sur la passion que sur la spéculation. D’un côté, les collectionneurs recherchent des pièces rares pour leur valeur artistique, leur esthétique ou leur lien avec un artiste ou une marque. De l’autre, les investisseurs y voient un produit à forte plus-value potentielle, avec des modèles revendus parfois 10 fois leur prix initial. En effet, en 2017, un Bearbrick 1000% Daft Punk s’écoule en quelques minutes, atteignant 10 fois sa valeur quelques mois plus tard.

Conclusion

Le Bearbrick séduit autant les amateurs d’art que les collectionneurs. À la croisée entre produit de consommation et création artistique, il concentre design, art urbain et stratégie de marché. ll est un véritable terrain de jeu pour les artistes avec qui il est en collaboration.

À une époque où les frontières entre art, marketing et culture populaire s’effacent, le Bearbrick interroge: œuvre d’art ou produit marketing ?

FAQ

Qu’est-ce qu’un Bearbrick ?

Le Bearbrick est une figurine japonaise en forme d’ours, créée en 2001 par Medicom Toy. D’abord simple jouet en plastique, il est devenu un objet d’art emblématique, mêlant design, art urbain et culture populaire. Son format épuré et modulaire en fait une toile idéale pour des collaborations avec artistes, marques de luxe ou icônes de la pop culture.

Combien vaut un Bearbrick ?

Le prix dépend de plusieurs facteurs : taille (100%, 400%, 1000%), édition (limitée ou non), collaboration (avec des artistes ou marques connues) et état (neuf ou d’occasion). Un modèle 1000% peut se vendre de 300 € à plus de 15 000 € sur le marché secondaire.

Les Bearbricks prennent-ils de la valeur avec le temps ?

Oui, certaines éditions limitées prennent fortement de la valeur. Les modèles en collaboration avec des artistes célèbres (comme Kaws, Murakami, Basquiat) ou des marques de luxe (Chanel, Dior) sont particulièrement recherchés. Leur rareté et la hype autour de la street culture en font des objets de collection et de spéculation.

Comment reconnaître un Bearbrick authentique ?

Un Bearbrick original porte la signature de Medicom Toy (logo, date, marquage sous le pied). Méfie-toi des copies : qualité du plastique, finitions, impression floue sont des signes d’alerte. Pour plus de sécurité, privilégiez les revendeurs officiels, les plateformes certifiées (ex. StockX) ou les ventes aux enchères reconnues.