9 films à l’esthétique onirique

Aujourd’hui, envisager les rapports entre les arts plastiques et le film revient à dépasser la représentation du geste artistique pour retourner au geste lui-même. Il faut alors se concentrer le mouvement, le rapport au temps, l’histoire, l’éternelle expérimentation ou le rêve. L’objectif est finalement de dépasser les notions qui fondent les « arts plastiques » et les beaux-arts. En effet, lorsqu’on observe le travail des directeurs d’image et leur souci de traduire la vision esthétique du réalisateur à travers une esthétique travaillée, rien n’est laissé au hasard. Il est clair que les contours entre art et cinéma deviennent brumeux. Artsper vous livre une sélection de films visuellement poignants à l’ambiance onirique sortis ces dernières années.

1.  MOONLIGHT (2017)

Ce chef d’œuvre de Barry Jenkins retrace le parcours vertigineux d’un jeune noir homosexuel dans le ghetto de Miami. Au rythme d’une musique entraînante mêlée à une profondeur exceptionnelle, ce morceau de culture est digne d’un vrai film indépendant qui a remporté une multitude d’Oscars.

L’esthétique incandescente, le rythme ascendant, la profondeur formelle et touchante se conjuguent à la pertinence des propos. Cette ardeur se retrouve sous tous les prismes : l’intensité des sentiments, la violence de la discrimination, la tristesse d’une mère tombée dans la drogue. Ces images oniriques associées à cette depiction lyrique permettent de s’éloigner du déterminisme social commun et de se détacher de tous les stigmates collant à la peau d’une « minorité ». De l’obscurité émane une grâce indicible, des cendres renaît la lueur d’un clair de lune, c’est « Moonlight ».

Ebuka Michael, Hardwork and discipline film onirique

Ebuka Michael, Hardwork and discipline, 2020, sur Artsper

2. LA LA LAND (2016)

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Un garçon, une fille : deux artistes rêveurs dans la mythique ville de Los Angeles, remplie de néons et de sons captivants. Valsez dans les étoiles ou entre des décors qui rappellent les grandes comédies musicales classiques de la MGM. Le film s’avère aussi magique que nostalgique. L’attention particulière portée à la couleur, les couchers de soleil violets et des costumes colorés et joyeux, renforce le charme enchanteur de l’histoire et ses mélodies. Cette comédie musicale moderne vous laissera complètement rêveur quand le générique de fin apparaîtra.

Dani Garcia Sarabia, Usa'90 Hollywood ambiance film vintage

Dani Garcia Sarabia, Usa’90 Hollywood, 2001, sur Artsper

3. THE GRAND BUDAPEST HOTEL (2014)

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Wes Anderson est connu pour ses univers stylisés, où chaque détail est choisi avec un soin méticuleux dans le but de créer des films visuellement frappants. The Grand Budapest Hotel ne fait pas exception. En effet, chaque décor présente une couleur dominante, qui contraste souvent fortement avec les vifs uniformes violets de M.Gustave (Ralph Fiennes) et de Zero (Tony Revolori), ajoutant de l’absurdité à cette histoire déjà très fantaisiste. Une expérience cinématographique magnifiquement filmée qui vous donnera envie de vivre dans un film de Wes Anderson.

Slim Aarons, Eden Roc Hotel, films

Slim Aarons, Eden Roc Hotel, 2020, sur Artsper

4. LA VIE D’ADÈLE (2013)

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Abdellatif Kechiche a pris le parti de colorer toute l’ambiance de ce film à la Palme d’or d’un bleu mélancolique. De nombreuses références aux travaux de la période bleue de Picasso permettent de mieux comprendre ce choix chromatique. Le peintre espagnol considérait cette couleur comme la plus révélatrice de l’état mélancolique de l’âme. La couleur innerve la photographie du film et immerge d’emblée le spectateur dans une ambiance maussade. On se souvient également bien sûr de la chevelure éclatante d’Emma qui se démarque dès la première rencontre. Enfin, le personnage d’Adèle est constamment associé au bleu : lorsqu’elle se baigne dans la mer, désœuvrée et abattue, la caméra en plongée prend soin de montrer son corps en étoile, en symbiose avec le bleu aquatique.

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Lidia Vives, La Chambre Des Malades, 2014, sur Artsper

5. THE TREE OF LIFE (2011)

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Terrence Malick est un réalisateur connu pour ses œuvres esthétiques et ses images chargées d’une grande ambition photographique. En explorant des techniques photographiques très poussées généralement dotées d’une profondeur de champ impressionnante, le film ne veut pas obliger le spectateur à regarder à un endroit particulier. Au contraire, lui laisser la possibilité de s’attarder sur tout le champ de l’image.

Tony Ellwood, In No Time #18, Photographie sur papier

Tony Ellwood, In No Time #18, 2012, sur Artsper

6. LAURENCE ANYWAYS  (2012)

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Souvent critiqué pour son sur-esthétisme, Xavier Dolan a démontré dans ce film un travail méticuleux sur l’image, la lumière, les costumes, les textures. La bande-son caractéristique omniprésente entraîne des séquences oniriques mémorables. Beaucoup reprochent aux plans de Laurence Anyways de se focaliser sur l’esthétique « arty pub », mais il n’en demeure pas moins que la mise en scène est d’une beauté indéniable.

Cristina Rizzi Guelfi, Dreamhouse Series n.16, Photographie sur Dibond

Christina Rizzi Guelfi, Dreamhouse Series n.16, 2018, sur Artsper

7. HER (2013)

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Avec Her de Spike Jonze, le rouge est une couleur froide. Le nuancier chromatique du film parle de lui-même, du rouge tulipe au rouge framboise, en passant par le grenadine et le rose amarante, Her décline plus de variations de rouge qu’il est possible d’en imaginer. Cherchant à se défaire d’une vision du futur dépouillée et aseptisée, le film repeint ainsi tout en rouge, même les meubles et le smartphone qui permet à Joaquin Phoenix de communiquer avec sa dulcinée 2.0.

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Alain Nahum, Figuren, 2014, sur Artsper

8. FRANCES HA (2012)

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Ici, Noah Baumbach nous livre son parti-pris esthétique, qui suit le choix chromatique de plusieurs photographes urbains. « J’ai choisi le noir et blanc pour accentuer ce sentiment de renouveau : la filmer ainsi me permettait de regarder la ville avec des yeux neufs, d’en retomber amoureux. Je voulais que le film soit aussi joyeux, romantique et généreux que l’est le personnage de Frances Ha. Le noir et blanc allait dans ce sens, parce qu’il rend les choses belles et donne du rythme. »

Maud Chalard, Lost and Found, Photographie sur papier de coton

Maud Chalard, Lost and Found, 2019, sur Artsper

9. GRAVITY (2013)

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Décrivant le périple de deux survivants d’un accident dévastateur au beau milieu de l’espace, le film interpelle par sa beauté plastique et constitue un véritable choc visuel. L’image, la performance, la mélodie symphonique et l’apesanteur ambiante font de Gravity un des rares films si immersifs que le spectateur se sent quasiment à la place de ceux qu’il voit à l’écran.

Maxence Doré, Terre 2100 - Planet fire

Maxence Doré, Terre 2100 – Planet Fire, 2020, sur Artsper

En conclusion, lorsque l’on se penche sur le film onirique, on découvre toujours des travaux bouleversants.  Les productions des réalisateurs sont très souvent inspirées d’autres médiums artistiques. Ainsi, si vous souhaitez vous inspirer d’autres œuvres d’art vous pouvez les retrouver sur Artsper.