Estampes homo-érotiques sans titre de la série Livre Blanc, publiées en 1930
Écrivain et artiste célèbre, Jean Cocteau est devenu – dès l’âge de 17 ans – un personnage majeur sur la scène artistique. Il marqua son époque par sa curiosité insatiable, son abondance créative et sa vision avant-gardiste. Mais comment résumer Cocteau, au juste ? Découvrez les 10 choses à savoir sur cet artiste fabuleux !
1. Le Sacre du printemps, une révélation pour Jean Cocteau
En 1913, Jean Cocteau découvre Le Sacre du printemps, célèbre ballet composé par Igor Stravinsky. Subjugué face à tant d’anticonformisme, cette œuvre est une véritable révélation pour Cocteau. C’est à la suite du ballet qu’il débute l’écriture de Le Potomak, considéré comme sa première œuvre d’envergure.
Écrivain, peintre, cinéaste, dessinateur et illustrateur… Cocteau est l’archétype de l’artiste aux mille visages. Il s’est même essayé à la mosaïque, à la poterie, ou encore aux arts textiles comme la tapisserie. Même s’il se considère d’abord comme poète, son art est surtout celui de l’étonnement. Une création qui, toute sa vie durant, naîtra d’une incomparable curiosité.
Affiche pour Le Spectre de la rose, Jean Cocteau, 1911
3. Une proximité douloureuse avec la mort
Jean Cocteau fut très tôt confronté à la mort, puisqu’il perd son père à l’âge de 9 ans, des suites d’un suicide. Des années plus tard, il subit une seconde fois la perte d’un être cher. Son très proche ami, l’écrivain et poète Raymond Radiguet décède en 1923, plongeant Cocteau dans une grave dépression. Malgré la douleur, cette confrontation au deuil semble avoir développé chez l’artiste une gratitude encore plus prononcée pour la vie.
Jean Cocteau et Raymond Radiguet
4. Marais et Cocteau : une rencontre amoureuse et créative
Cocteau rencontre Marais lors d’une audition pour Œdipe Roi en 1938. Il tombe immédiatement en admiration pour cet homme de 24 ans son cadet. Le début de cette histoire d’amour marque aussi le commencement d’une longue et magnifique collaboration artistique. L’année de leur rencontre, Cocteau écrit Les Parents terribles, qui propulse la carrière de Jean Marais. Leur symbiose donnera ensuite naissance aux Monstres sacrés, à La belle et la bête et à L’Éternel Retour.
Jean Cocteau était inépuisable et incroyablement prolifique. Il avait la capacité d’écrire des chefs-d’œuvre en un temps record. Ce fut notamment le cas des Enfants terribles, qu’il écrivit en dix-sept jours. Neuf ans après, ce fut au tour des Parents terribles, finalisé en seulement huit jours.
Cocteau et Marais lors tournage du Testament d’Orphée, 1959
6. Un habitué des récompenses
La reconnaissance de Cocteau était considérable et multiple. Il reçut la Légion d’honneur en 1949 et fut Jury au Festival de Cannes quatre ans plus tard. L’année 1955 marque ensuite son élection à l’Académie française, où il prend le siège de Jérôme Tharaud.
Jean Cocteau, De ses filles, de son vin, un français peut être vain, 1961, disponible sur Artsper
7. Deuil et addiction : les bêtes noires de Jean Cocteau
Son premier amour – et peut-être le plus grand – aura été Raymond Radiguet. Suite à sa mort tragique, Cocteau se met à prendre de l’opium. Malgré un séjour en clinique de désintoxication, il n’arrivera jamais vraiment à stopper son addiction. Plusieurs œuvres témoignent de son rapport tumultueux à la drogue, comme son album Maison de Santé ou Opium, Journal d’une désintoxication.
Le talent de Cocteau n’a jamais fait de doute pour ses contemporains : dès 1909, il bénéficiait d’un franc succès. C’est d’abord sa rencontre avec Édouard De Max qui lui ouvrit les portes du milieu littéraire et artistique. Progressivement, il se lia d’amitié avec les génies de son époque. Apollinaire, Coco Chanel, Anna de Noailles, Marcel Proust, Tristan Tzara, Picasso, Paul Eluard ou encore Edith Piaf… À la fois figure d’avant-garde et reflet de son époque, Jean Cocteau était très apprécié de ses contemporains.
Jusqu’à la fin de sa vie, l’artiste a toujours laissé s’exprimer son âme d’enfant. Il prenait soin de maintenir une forme d’espièglerie, propre à ses premières années. Pour ne citer qu’un exemple, Cocteau était fasciné par les tissus à imprimé panthère. Tels des doudous décoratifs, il y resta fidèle jusqu’à sa mort, tapissant ses murs ou recouvrant son corps de ce motif.
Objets de, Portait surréaliste de Jean Cocteau par Philippe Halsman, début des années 1960
10. La littérature comme échappatoire
Cocteau était un personnage complexe, expansif, évolutif, torturé, hypersensible… Il se réinventait sans cesse, pour le plus grand plaisir de l’art, parfois au détriment de son bien-être personnel. Très tôt, la littérature prit un rôle thérapeutique dans sa vie. Elle était une véritable échappatoire, lui permettant d’affronter les difficultés.
Résolument avant-gardiste, Cocteau a marqué son époque de façon durable. Aujourd’hui encore, il continue de toucher, de faire rêver ou de transcender les passionné.e.s d’art et de littérature. Surtout, il offre à chacun.e la possibilité de voir – par la réflexion ou la contemplation – au-delà des apparences. Car comme il aimait tant le dire « Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images ».
Fondée en 2013, Artsper est une marketplace en ligne d’art contemporain. En partenariat avec 1 800 galeries d’art professionnelles autour du monde, elle rend accessible à tous la découverte et l’acquisition d’œuvres d’art.