Le mouvement, 1955 : Ces expositions qui ont marqué l’histoire

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Regulièrement, Artsper revient avec vous sur les expositions qui ont changé à tout jamais la manière d’envisager les pratiques curatoriales. Direction le Paris des années 50, dans la galerie de Denise René, alors que ce que l’on appelle aujourd’hui l’art cinétique prépare son avénement.

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Vasarely, 1955

L’expression Art cinétique est pour la première fois employée par le Kunstgewerbemuseum (Berlin), en 1960, soit 5 après l’exposition voulue par Denise René et Pontus Hulten. Les œuvres cinétiques sont alors dites multiples ou multiformes, non seulement parce qu’elles sont produites en série, mais aussi parce qu’elles bougent et se transforment à vue d’oeil. 

Si les années 1960 connaissent un développement spectaculaire de pratiques fondées sur le mouvement ( G.R.A.V à Paris, emmené par François Morellet), et si de nombreux groupes s’agrègent autour des idées libératrices qu’il synthétise, l’histoire de l’Art cinétique s’inscrit surtout dans le prolongement d’expériences antérieures.

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Le Mouvement, galerie Denise René, avril 1955

L’épopée de l’Art cinétique débute en 1955, date à laquelle la galerie Denise René ouvre au public la retentissante exposition Le Mouvement, sur une proposition de Victor Vasarely et un commissariat d’exposition de Pontus Hulten. Considéré comme l’un des précurseurs les plus influents de la mouvance cinétique, Vasarely y présente ses premières pièces abstraites en noir et blanc, aux côtés de figures tutélaires, telles que Marcel Duchamp ou encore Alexander Calder, et de réalisations de très jeunes artistes, exposés en France pour la première fois : Agam, Bury, Jacobsen, Soto et Tinguely.

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Agam Yaacov

A l’occasion, Pontus Hulten, le futur directeur du Centre Pompidou, rédige un Petit memento des arts cinétiques, connu sous l’appelation célèbre du « manifeste jaune », qui contient en outre un texte de Roger Bordier : « Quel visage nouveau prendrait l’art dans cette seconde moitié du Xxe siècle ». Réponse : « Nous voici devant l’œuvre transformable . Qu’il s’agosse de la pièce, du mouvement optique, de l’intervention du spectateur, l’œuvre d’art est devenue, peut etre indéfiniment, recréable »

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Galerie Denise René

La galerie Denise René avait ouvert ses portes à Paris en 1945 quelques mois avant la Libération, avec l’exposition des travaux figuratifs de Vasarely réalisés à la fin des années 1930. Dès 1946, la galerie se consacre à l’abstraction, puis à l’abstraction géométrique. Son rôle allait être central dans la diffusion de ce qui serait désigné sous les termes « d’art cinétique » et plus tard « d’Op’art ».

L’expression Art cinétique recoupe alors des pratiques très diverses, aussi bien des œuvres motorisées que des œuvres modifiées par l’intervention des spectateurs ou par celle d’éléments naturels tels que le vent ou l’eau. Elle inclut également toute œuvre qui a pour caractéristique de se mouvoir dans l’œil du spectateur au cours de son déplacement, sans que celle-ci soit en elle-même mobile. Les artistes regroupés au sein de ce mouvement montre un gout marqué pour le plexiglass, les effets de lumière, les formes simples.. L’imitation de la nature est remplacé au profit d’une esthétique artificielle, non hierarchisée. De nombreux moyens sont employés pour produire des variations ou des illusions de mouvements, ainsi que des effets lumineux plus ou moins spectaculaires. .

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Jean Tinguely

L’appellation Op’art, qui s’impose en Europe à partir de 1965 et concurrence celle d’Art cinétique, est importée des États-Unis, générant alors un débat sur les distinctions à établir ou non entre les deux formes d’art. L’appellation trouve son origine dans l’abréviation de l’expression Optical art qui a cours en Angleterre pour désigner des travaux axés sur des jeux d’optiques,  L’Optical art se répand à Londres comme traînée de poudre. L’occasion pour nous de reparler, un peu plus tard, d’art cinétique, avec l’histoire d’une autre exposition majeure : The Responsive Eye.

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