Diptyques et triptyques qui ont marqué l’art

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Donne, Hans Memling, 1480

Composés de deux ou trois panneaux, les diptyques ou triptyques, de leur étymologie grecque “ptykhos » plier, sont des œuvres en plusieurs parties (deux ou trois). Si les panneaux assemblés peuvent former une scène unique, ils peuvent parfois se suffire à eux-mêmes. Ils restent liés entre eux par une cohérence visuelle.

Au Moyen-Âge, le triptyque est utilisé pour les retables. Composé d’un large panneau central et de deux panneaux plus petits peints à l’intérieur des portes pliantes, le nombre de volets rappelle la sainte Trinité dans la religion chrétienne. Les panneaux étaient souvent munis de charnières afin de pouvoir être fermés et les œuvres d’art protégées.

Utilisé par les artistes pour raconter une histoire en différents temps, montrer la progression d’un sujet ou confronter plusieurs points de vue, peint ou sculpté, le tableau multiple s’impose durant plusieurs siècles comme le lieu d’expression privilégié de la peinture religieuse. On le retrouve par la suite tant dans l’art classique que moderne.

Artsper vous fait découvrir une sélection de di/tri-ptyques qui ont marqué l’histoire de l’art.

Le diptyque de Wilton

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Le diptyque de Wilton, env. 1395-1399

Commandé par le roi Richard II, le diptyque de Wilton – dont l’auteur est inconnu – est un petit diptyque portatif constitué de deux panneaux articulés peints des deux côtés. Il représente, dans le style gothique, d’un côté Richard II agenouillé et de l’autre la Vierge Marie et l’Enfant entourés de onze anges qu’il prie ou à laquelle il remet un présent. Fermé, le diptyque présente sur le panneau de droite un cerf blanc, emblème de Richard II, et sur le panneau de gauche un écu figurant les armes adoptées par Richard II à partir de 1395. Selon l’une des interprétations, dans cette œuvre Richard II remettrait son royaume, l’Angleterre, sous la protection de la Vierge et de l’Enfant, qui le bénit en retour. Ce diptyque porte ainsi un message politique et souligne le lien entre le terrestre et le spirituel. L’œuvre est aujourd’hui la propriété de la National Gallery de Londres.

Piero della Francesca

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Le Triomphe de la Chasteté ou Double Portrait des Ducs D’Urbino, 1465-1466

Le diptyque d’Urbino de Piero della Francesca représente les portraits du Duc d’Urbino et de sa femme Battista Sforza. Ils sont placés face l’un à l’autre, devant leurs terres lointaines. Normalement le mari est représenté à la gauche du spectateur mais ici c’est Battista qui est à gauche, sans doute en hommage à l’épouse mais peut être aussi pour ne pas dévoiler le côté défiguré du Duc. Ce dernier est d’ailleurs peint de son vivant, tandis que la Duchesse est déjà décédée, ce qui explique la pâleur de son visage. Le diptyque est aujourd’hui conservé au musée des Offices à Florence en Italie.

Jérôme Bosch

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Le Jardin des délices, 1494 – 1505

Le Jardin des délices est un triptyque peint à l’huile sur bois par le néerlandais Jérôme Bosch. Refermé, il montre une sphère transparente bouillonnante de vie, symbole de la création du monde. A l’intérieur, le panneau de gauche représente Adam et Eve, dans le paradis terrestre, entourés d’animaux fabuleux. Le panneau central est un jardin insolite et délicieux où les enfants d’Adam et Eve, les hommes, se laissent aller au plaisir de la chair, à la luxure et au péché dans un décor surnaturel d’oiseaux et de fruits géants. Enfin, le panneau de droite montre les tourments de l’enfer. Cette œuvre apparait comme une mise en garde contre le vice et le non respect des principes de la religion. Elle est actuellement exposée au musée du Prado, à Madrid.

Paul Gauguin

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Le Sculpteur Aubé et son fils, Émile, 1882

Mieux connu pour ses toiles primitives retraçant sa vie polynésienne, Gauguin est également l’auteur du diptyque « Le sculpteur Aubé et son fils, Emile ». Contrairement à son travail habituel, les couleurs de ce diptyque ne sont pas vives et ses sujets ne sont pas exotiques. À droite, Paul Aubé est en train de modeler un vase dans son atelier. Il regarde à l’opposé de ce qu’il fait et de son fils, à gauche, qui lui regarde des images dans une atmosphère complètement différente. Père et fils sont mis ici en opposition et ne semblent pas à proximité. Pourtant, les deux toiles débordent l’une sur l’autre. Le vase et le coin de la table sur laquelle travaille le sculpteur apparaissent jusque dans la scène représentant son fils. Gauguin se sépare ici de l’impressionnisme et de l’obsession de l’imitation.

Francis Bacon

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Trois études de Lucian Freud, 1969

Au XXe siècle, Francis Bacon est le peintre du triptyque par excellence. En 1969, il peint son ami et rival de toujours dans Trois Études de Lucian Freud. Dans le milieu des années 1970, les trois panneaux du triptyque sont vendus séparément. Déçu que les panneaux aient été divisés, Bacon écrit sur une photographie du panneau de gauche qu’il n’a « de sens que s’il est uni avec les deux autres panneaux ». Les panneaux passent dans les mains de différents collectionneurs jusqu’à la fin des années 1980, lorsque l’un des acheteurs d’origine les réunit. L’oeuvre vendue pour 142,4 millions de dollars lors d’une vente aux enchères devient, en 2013 et pour un temps, la plus chère sur le marché de l’art.

Andy Warhol

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Marilyn Diptych, 1962

Pendant les 4 mois qui suivent la mort de Marilyn Monroe en août 1962, Warhol fait plus d’une vingtaine de sérigraphies d’elle, toutes basées sur la même photographie publicitaire. Le fameux “Marilyn Diptych » met en scène deux sérigraphies de Marilyn, l’une en rose, l’autre en noir et blanc. En répétant l’image, il évoque son omniprésence dans les médias. Le contraste des couleurs vives avec le noir et blanc, et l’effet de la décoloration dans le panneau droit suggèrent la mortalité de la star. Cette œuvre appartient aujourd’hui à la Tate de Londres.

Mark Rothko

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En 1964, le couple de collectionneurs John et Dominique de Ménil demandent à Mark Rothko d’ériger un lieu dédié à la méditation. Bien que baptisée la Chapelle Rothko il s’agit en réalité d’un édifice octogonal ouvert à toutes les confessions. On n’y trouve ni nom de saint, ni de croix, mais seulement une immense salle d’art moderne ornées de 5 panneaux simples et de trois diptyques, les œuvres de Rothko. Elles évoqueraient les 14 stations du chemin de croix. Mark Rothko met toutefois fin à ses jours un an avant l’inauguration de la chapelle.

Ai Wei Wei

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Ai Wei Wei, Dropping a Han Dynasty Urn, 1995

Cette oeuvre immortalise Ai Wei Wei alors qu’il laisse tomber au sol une urne cérémonielle vieille de 2 000 ans, laquelle explose à ses pieds en morceaux. L’objet avait non seulement une valeur pécuniaire considérable mais aussi une valeur symbolique et culturelle. La dynastie Han est considérée comme une période déterminante dans l’histoire de la civilisation chinoise. Casser délibérément une forme iconique de cette époque équivaut à jeter tout un héritage culturel de la Chine. Cela signifie aussi pour Ai Wei Wei qu’il se libère de son passé, qui pourrait être une entrave à sa créativité et à son indépendance. Cette œuvre est le début de la réutilisation par l’artiste d’objets anciens et démontre son questionnement des valeurs culturelles et sociales.

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