Rencontre avec Nuria Mora

Quand elles disparaissent, je m’encourage à continuer à peindre de nouvelles pièces.

Des spirales au pastel, des contours géométriques vibrants et des motifs gorgés de soleil ; les peintures murales de Nuria Mora permettent d’échapper au chaos urbain qui les entoure. Mora encourage une évasion créative pour les esprits surmenés, où ses remèdes visuels apaisent doucement les yeux fatigués et les pensées troubles. À travers la ville, Mora réécrit le désarroi de la vie moderne, enveloppant les citadins d’une accolade chromatique, tout en les reconnectant à leur communauté ainsi qu’à leur quartier.

Vos œuvres sont vibrantes, captivantes et possèdent une énergie cosmique vraiment inégalée. Qu’est-ce qui vous excite dans la peinture de rue et des lieux publics?

Ce qui m’intéresse dans l’espace public, c’est le dialogue avec le paysage et l’architecture. Peindre dans la rue de façon furtive et spontanée est pour moi une action politique et sociale. À travers mes peintures murales, j’invite le spectateur à s’arrêter, à réfléchir et à prendre un repos visuel. C’est comme une méditation silencieuse qui permet aux gens de penser et de se retrouver seul avec leurs propres pensées. J’essaie d’offrir un lieu de plaisir et de réflexion libre, tout en étant plus interrogatif que catégorique.

Ce que j’aime le plus, c’est peindre d’une manière humaine et personnelle dans la ville, sans commande, sans intermédiaire ou alors pour des festivals, seulement avec mes propres moyens et selon ce qui m’intéresse.

La nature éphémère de la peinture en public vous décourage-t-elle? Comment vous sentez-vous quand vos œuvres sont recouvertes ou endommagées ?

Mon parcours est lié à la peinture illégale, éphémère et furtive, je vis avec sa disparition, ça fait partie de sa nature et ça fait partie du jeu. Quand elles disparaissent, ça m’encourage à continuer et peindre de nouvelles pièces.

Quels sont certains des défis auxquels vous avez dû faire face au cours de votre carrière d’artiste ? Le format de vos œuvres vous a-t-il déjà posé un problème ?

Je n’ai jamais eu de problème avec les dimensions, ni de difficultés physiques, en effet, la peinture grand format est une technique spéciale. Bien qu’il soit difficile de peindre en hauteur, il existe des échafaudages, des grues et des techniques qui vous permettent de le faire. Chaque nouveau mur est toujours un nouveau défi.

Ce que j’aime le plus, c’est peindre d’une manière humaine et personnelle dans la ville, sans commande, sans intermédiaire ou alors pour des festivals, seulement avec mes propres moyens et selon ce qui m’intéresse. J’explore chaque endroit, je me promène dans la ville à la recherche de nouveaux supports pour mes peintures ; c’est la partie la plus intéressante de mon travail.

Ce qui m’intéresse dans l’espace public, c’est le dialogue avec le paysage et l’architecture. Peindre dans la rue de façon furtive et spontanée est pour moi une action politique et sociale.


Vous travaillez dans tant de disciplines : sculpture, acrylique, aquarelle, et vous faites même des tapis ! Quel est votre technique préférée ? Ce qui vous permet de vous exprimer le plus librement ?

Je travaille avec de nombreux supports parce que je ne m’arrête jamais et je suis très curieuse. Chaque technique m’aide à explorer les différents aspects d’un même travail global ; ce sont des façons différentes de raconter la même histoire. De plus, travailler sur différents supports enrichit mon travail, et personnellement en tant qu’artiste, chaque technique de mon répertoire créer un nouveau point de départ pour l’œuvre suivante. La partie la plus importante de mon travail est cet ensemble de processus liés.

Chaque technique m’aide à explorer les différents aspects d’un même travail global ; ce sont des façons différentes de raconter la même histoire.

Chaque nouveau mur est toujours un nouveau défi.

Qu’avez vous prévu pour la suite?

Je viens de terminer ma dernière fresque à Angers, en France. Je travaille actuellement sur une exposition personnelle pour « wecollect » à Londres, et en octobre le paddle8 sera lancé à New York City, où j’aurai réalisé un projet de peinture murale, ainsi que des sculptures des tapis pour DAC.