Rencontre avec Jan Kaláb

L’artiste tchèque Jan Kaláb a débuté avec le graffiti dans les années 1990 avant de plonger dans le monde délicieux du street-art. Influencé par la rue, les environnements naturels, les maîtres contemporains et les notions d’abstraction, Jan Kaláb crée des oeuvres aux spirales colorées. Les spectateurs sont ainsi transportés dans l’univers unique des abstractions kaléidoscopiques de l’artiste, qui parvient même à capturer l’éphémérité du mouvement sous ses coups de pinceaux.

Découvrez avec nous qui est l’homme qui se cache derrière les cercles chromatiques.

Vous êtes très certainement l’une des figures majeures de l’art urbain en République Tchèque, qu’est ce qui vous a poussé à choisir cette forme de création ?

Je suis devenu graffeur dans les années 1990, mais avant ça j’avais déjà passé 10 ans à peindre sur des murs et des trains.

Au fil du temps, j’ai développé mon langage visuel, petit à petit, et de nouvelles formes d’art sont apparues, notamment le street art et l’art urbain. Je ne me trouve dans la “case” street-art que depuis peu, certains me considèrent encore comme un artiste contemporain au sens large.

I always wanted to capture movement and transformation.

Vos oeuvres hypnotisent le spectateur, à la fois fluides et géométriques, minimalistes et complexes… Comment parvenez vous à créer un tel effet ? Pourriez vous nous parler de votre technique artistique ?

Je peignais bien avant d’avoir intégré cette technique, mais j’ai toujours eu pour but de capturer le mouvement, la transformation. Quand j’ai choisi d’explorer l’abstraction et de ne plus utiliser de lettres, mon intérêt a été de simplifier les éléments de l’image. Au bout d’un moment, j’ai réduit ces éléments à de simples carrés ou cercles, puis j’ai fini par ne représenter que des formes rondes. J’utilise une technique assez commune : je peins sur toile au pinceau et à la bombe. Ce qui est inhabituel, en revanche, ce sont les châssis sur mesure sur lesquels je peins.

Votre style a évolué pour incorporer plus d’éléments abstraits, considérez-vous que l’art urbain a considérablement changé depuis que vous avez commencé ? Ou pensez-vous que ce sont ses diverses représentations qui se sont étendues ?

Selon moi, nous parlons d’un groupe d’individus qui ont débuté leur carrière en peignant sur des murs. Puis, en mûrissant, leurs compétences sont devenues plus sophistiquées et leur champ de créativité plus étendu. Les styles dans le street art sont tellement variés qu’il est impossible de considérer l’art urbain comme un genre unique. Pour revenir à votre question, oui il a beaucoup changé, et oui, son horizon s’est élargi. Quand vous y repensez, le street art, au début, n’était qu’un tag au marqueur noir inscrit sur un mur.

Les styles dans le street art sont tellement variés qu’il est impossible de considérer l’art urbain comme un genre unique


Qui ou quoi inspire votre art ?

Absolument tout ! On peut avoir des idées simplement en regardant des choses : d’autres oeuvres, la nature… pour ma part j’essaie d’en absorber un maximum ! Quand je trouve l’inspiration, je creuse au plus profond de moi même pour trouver une façon de la communiquer au monde.

Quand je trouve l’inspiration, je creuse au plus profond de moi même pour trouver une façon de la communiquer au monde.

Nous parlons d’un groupe d’individus qui ont débuté leur carrière en peignant sur des murs. Puis, en mûrissant, leurs compétences sont devenues plus sophistiquées et leur champ de créativité plus étendu.

Est ce que vous avez de nouveaux projets en cours ou de nouvelles expositions à venir ?

Il y en a tant ! C’est génial de voir le nombre de créatifs qui ont envie de travailler avec moi en ce moment ! Je suis très enthousiaste à propos de ma première exposition solo à Taipei en juillet. A côté, j’ai d’autres expositions prévues, je vais définitivement devoir travailler dur, et faire attention de ne pas me laisser gagner par la pression. J’ai aussi très envie de me concentrer un peu sur la sculpture, technique qui me challenge plus que la peinture.