Rencontre avec Alice de Miramon

Alice de Miramon

Née à Dakar en 1973, Alice de Miramon est une artiste au style délicat qui place la femme au centre son travail. Ses oeuvres nous transportent dans des endroits inconnus, entre jungle et songes.
Nous sommes allés à sa rencontre, embarquement immédiat !

Vous avez beaucoup voyagé et vos oeuvres sont elles-mêmes des invitations au voyage, pensez-vous que ce soit une source d’inspiration pour vous ? 

J’ai grandi avec l’accès à plusieurs cultures et au voyage. L’ailleurs était toujours présent, la possibilité de sauter dans un avion, et se confronter à d’autres mondes.

J’aimais par-dessus tout les moments où l’on se trouvait au milieu de nulle part, entre deux destinations. Plus tard j’ai entrepris un voyage immobile, les tableaux devenant mes destinations idéalisées, dans le temps aussi, une idée surannée de l’exotisme. Les tableaux ont commencé à voyager à ma place un peu partout.

J’aimais par-dessus tout les moments ou on se trouvait au milieu de nulle part, entre deux destinations.

 Quelles sont vos inspirations dans le monde de l’art? Avez-vous des artistes phares ? 

Les estampes japonaises m’ont marqué très jeune, le Douanier Rousseau, les enluminures dans les livres d’heures ont été mes premières sources d’inspiration, elles le restent aujourd’hui pour la vivacité des couleurs, la richesse des motifs.

Alice de Miramon

Les figures de la femme et du couple sont centraux dans votre oeuvre, sauriez-vous expliquer ce qui en fait pour vous des thèmes de prédilection ?  

Je suppose qu’il y a une part d’anthropomorphisme mais pas de façon littérale. Le travail sur le corps féminin c’était aussi travailler sur les formes, l’imperfection, l’acceptation de soi.

C’est aussi le moyen de se projeter dans un monde de nonchalance,  de rêverie et de tranquillité. Les femmes que je dessine s’appartiennent. Représenter le couple, c’est parler de l’érotisme, de l’amour d’un œil féminin.

L’ailleurs était toujours présent, la possibilité de sauter dans un avion, et se confronter à d’autres mondes.


Pouvez-vous nous parler un peu de votre technique ?

J’utilise des papiers très anciens que je récupère au fur et à mesure, on m’en donne, je les chine. Au départ il y a cette matière vivante. Pour moi c’est faire revivre des petits trésors, leur donner une nouvelle forme. Je peins à l’acrylique la plupart du temps, à l’encre parfois.  J’aime bien partir de couleurs qui me font de l’effet, et avec les papiers cela me fait des séries, qui font écho à ma recherche graphique du moment. Un peu comme une quête qui n’en finit jamais. Tout part de quelque chose de très spontané, et rituel en même temps. Je peins le matin, avant de commencer ma deuxième vie. Peindre c’est devenu naturel alors j’en fais plein. Peut être 150 à 200 par an.

Le travail sur le corps féminin c’était aussi travailler sur les formes, l’imperfection, l’acceptation de soi.

Avez-vous des lieux culturels préférés ?

Le Louvre, les vieilles bibliothèques ou il y a plein de livres dedans, le musée d’Orsay aussi. Je regrette l’époque où j’habitais Paris et je pouvais rentrer dans les musées juste pour une heure, contempler une seule œuvre et repartir.

Je pouvais rentrer dans les musées juste pour une heure, contempler une seule œuvre et repartir.

Quelles sont vos actualités ?

Cette année, j’ai été à Londres pour the Other Art Fair et c’était un honneur d’être choisie dans la sélection « not 30% », nous étions 30 artistes mises en avant pour représenter les femmes dans le monde de l’art. Puis tout récemment Paris avec la Galerie Jean Louis Cleret. En juin, je serai à Tokyo où j’ai toujours rêvé d’aller, pour assister à la Tokyo International Art Fair. Une année sous le signe du voyage pour revenir à la première question.