
Première et dernière oeuvre de Lucio Fontana
La rétrospective de l’artiste majeure du XXe siècle en Italie au Musée d’art Moderne approchant à grands pas, Artsper s’est dit qu’il était de bon ton de sortir ses archives pour voir un peu l’évolution de Lucio Fontana. Andiamo !
Due personnagi, c1930
Ambiente Nero2, 1949
1930. Lucio Fontana n’est pas encore le monstre sacré qu’il deviendra bientôt.
En 1927, après un long séjour en Argentine, il revient en Italie, où il étudie la scultpture avec Adolfo Wildt. Sa première exposition est organisée par la galerie milanaise Il Milione. Cette oeuvre fait partie des archives de la galerie. Un dessin tout ce qu’il y a de plus figuratif, inspiré par les lourdes figures de son maitre sculpteur. Le trait évoque volontiers le travail d’un Picasso ou d’un Matisse. Ne nous attardons pas plus sur cette œuvre de jeunesse
Fontana ne mettra pas longtemps avant d’abandonner sa première facture, pour devenir le lacéreur de toile qu’on connaît tous. Il est obsédé par quelque chose d’impalpable, qui donnera son nom au mouvement dont il est la figure de proue, l’espace. Fontana est un spatialiste. Le mot est laché.
En 1949, Fontana ne réalise pas sa dernière oeuvre non, mais plutôt la première qui marque définitivement le reste de sa carrière. C’est le premier « ambiente spaziale ». Traduire « environnement spatial ».
« Ni peinture, ni sculpture, suggestion libre et immédiate qu’un environnement, créé par l’artiste, transmet au spectateur » – Fontana.
1949, c’est la libération de Fontana de toute forme plastique. Dans un espace noir, une forme abstraite, en trois dimensions et en suspension, peinte au vernis phosphorescent, est éclairée par une lumière de Wood (lumière noire). L’œuvre est exposée quelques jours seulement. Ce court laps de temps est suffisant pour la rupture soit irreversible. Ambiente rend tangible le principe même de dématérialisation en art, et inaugure la transition de la sculpture vers un art que l’on qualifiera plus tard d’environnemental. Pour faire simple, la force de Fontana, en 1949, c’est de projeter notre regard au-delà de la toile, dans toutes les directions, tout en nous maintenant enveloppés par une immatérialité devenue palpable, rendue visible par le halo noir et lumineux. Capisce ?

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