Où trouver de l'art dans les rues de New York ?
On vous invite aujourd'hui à nous suivre dans les rues animées de New York et à découvrir la face cachée de la ville, elle pourrait bien vous surprendre.
Jean-Michel Basquiat, artiste autodidacte, est une icône de l’art contemporain et du mouvement néo-expressionniste des années 1980. 37 ans après son décès, l’empreinte laissée par son style décalé et provocateur reste intacte. Retour sur son histoire, de son enfance à Brooklyn à sa gloire internationale forgée en seulement huit ans de carrière.
Jean-Michel Basquiat est né à Brooklyn en 1960, son père est haïtien, sa mère portoricaine. Précoce, il sait lire à quatre ans et parle trois langues à huit ans : l’anglais, le français et l’espagnol. De plus, sa culture artistique commence jeune, avec sa mère passionnée d’art, Basquiat visite les musées de New York. À six ans, il a déjà sa carte d’adhérent au Brooklyn Museum ! Son enfance est marquée par une ambiance familiale tendue car son père est violent et sa mère est atteinte de troubles psychiatriques. Ses parents se séparent en 1968, Jean-Michel et ses deux petites sœurs vivent chez leur père, leur mère est internée.
L’art deviendra pour lui une façon d’échapper à la réalité.

À sept ans, Basquiat est percuté par une voiture alors qu’il joue dans la rue. Il souffre de lésions internes sévères et est hospitalisé pendant un mois. Sa mère lui offre alors la bible des étudiants en médecine de l’époque : Gray’s Anatomy, pour qu’il comprenne ce qui lui arrive.
Il est fasciné par ses illustrations anatomiques de muscles, organes et squelettes. Elles inspireront à jamais ses créations futures. En effet, on retrouve ces motifs tout au long de son œuvre : corps démembrés, organes isolés, crânes apparents…
Jean-Michel Basquiat quitte l’école en 1978 et commence son aventure de graffeur avec ses amis Al Diaz et Shannon Dawson. À cette époque, Basquiat ne vit plus chez son père et dort ci et là chez des amis, se faisant de l’argent en vendant des cartes postales peintes dans la rue.
Ils signent “SAMO©” (“Same Old Shit”) pour taguer près des galeries de SoHo. Leurs objectifs : provoquer, interpeller et se faire remarquer par le monde fermé de l’art.
Leurs graffitis se distinguent par des phrases simples et poétiques. Les motifs récurrents sont la couronne et le symbole de copyright “©”, qu’ils utilisent pour se moquer du système commercial et de la propriété intellectuelle. On perçoit déjà l’esprit contestataire de Basquiat dans ses créations.
Après avoir abandonné les graffitis textuels, Basquiat se consacre à la peinture sur toile malgré le fait qu’il soit un artiste autodidacte et n’a jamais reçu d’éducation artistique conventionnelle. Sa première exposition a lieu au Times Square Show en 1980, un centre de l’art underground à New York. Il présente ses créations aux côtés de 200 autres artistes dont Keith Haring, David Wojnarowicz, et Jenny Holzer.
Il est repéré par les marchands d’art Bruno Bischofberger et Annina Nosei qui deviendront l’un après l’autre ses futurs galeristes. Basquiat représente souvent des personnages squelettiques et des visages-masques. Ces formes traduisent de son obsession pour la mortalité de l’Homme et pourront être retrouvées sur ses œuvres tout au long de sa carrière.
Par ailleurs, bien qu’il peigne sur des toiles, Basquiat crée sur tous les objets qu’il peut trouver (réfrigérateur, fenêtres, mobilier…). Il trouve son inspiration dans la culture populaire, des films de Hitchcock aux automobiles, en passant par les bandes dessinées.
La rencontre de Jean-Michel Basquiat avec Andy Warhol se déroule dans un restaurant de Manhattan un midi d’octobre 1982. Ils sont introduits par leur galeriste commun, Bruno Bischofberger. L’anecdote raconte que, fasciné par l’icône Warhol, Basquiat n’en est pas moins déterminé à le surprendre. Il décide de s’absenter deux heures pour peindre un portrait d’eux deux.
« Basquiat est parti peindre le tableau. Il est revenu deux heures plus tard avec une peinture encore mouillée de nous deux. C’est génial. » Andy Warhol
Le défi d’un artiste autodidacte comme Basquiat était de se faire accepter dans le monde de l’art traditionnel. Sa rencontre avec la grande star du pop art américain propulsera sa carrière au niveau supérieur. Cet événement marque donc le début d’une amitié et d’une collaboration artistique intense, entre 1983 et 1985. Ensemble, ils réalisent environ 160 œuvres collaboratives. Leur duo deviendra l’un des plus célèbres de l’histoire de l’art contemporain.
Complètement autodidacte, il bouscule la scène artistique de l’époque et mêle l’art de rue avec le néo-expressionnisme des beaux-arts et impose son style unique.
Basquiat fait passer de nombreux messages à travers son art. Il aime ainsi aborder des thèmes profondément politiques et sociaux. Il fait donc de ses toiles un moyen de dénoncer les injustices et les inégalités notamment liées à la race, à l’identité et au pouvoir.
De plus, l’identité noire est l’un des sujets centraux des œuvres de Basquiat. En effet, en tant qu’artiste noir d’origine haïtienne et portoricaine évoluant dans un monde artistique majoritairement blanc, Jean-Michel Basquiat a toujours revendiqué la reconnaissance des artistes Noirs dans l’art. L’objectif de certaines de ses œuvres est de dénoncer. Il participe aux luttes de son temps à travers son art. Il se positionne notamment contre la brutalité policière et le racisme systémique dont souffrent les afro-américains et populations latinos aux États-Unis.
À travers ses œuvres, il intègre de nombreux symboles, dont la couronne, un motif récurrent qui incarne la dignité et la résilience face à l’esclavage.
Il est aussi probable qu’elle fasse référence à ses ancêtre à Haïti, où ses ancêtres, esclaves, auraient adopté le nom de la famille qu’ils servaient, un nom qui pourrait être lié à la noblesse française : “de Basquiat”. Basquiat représente l’oppression du peuple noir à l’époque de l’esclavage dans ses peintures. Ses œuvres font souvent écho à l’histoire de l’exploitation et de la déshumanisation des peuples noirs, notamment à travers des représentations de corps démembrés, de crânes, de violence physique et de fractures sociales.

Le 12 août 1988, après plusieurs tentatives de réhabilitation de sa dépendance, Jean-Michel Basquiat décède d’une overdose d’héroïne dans son appartement de NoHo, à New York.
Sa mort prématurée à 27 ans alimente le mythe de l’artiste torturé. Cela amplifie son image de “génie rebelle”, ayant créé un héritage unique en quelques années. Ses œuvres continuent de captiver le monde de la mode et des médias, souvent réutilisées dans des films, et des clips musicaux. Aujourd’hui, Basquiat est une icône de l’art contemporain, avec une influence durable dans la culture populaire, les musées et les galeries. Son art continue également de résonner dans les luttes sociales actuelles.
Enfin, de nombreux artistes lui ont rendu hommage après sa mort, son ami Keith Haring, David Bowie, Kanye West, Jay-Z ou encore Jean-Paul Gaultier.
Jean-Michel Basquiat est-il un artiste autodidacte ?
Jean-Michel Basquiat n’a jamais reçu d’éducation artistique conventionnelle. Il a appris par lui-même, développant un style unique influencé par le street art et les expériences personnelles, sans passer par les écoles d’art traditionnelles.
Comment Jean-Michel Basquiat a-t-il abordé le thème du racisme dans son art ?
Il a utilisé son art pour dénoncer les injustices raciales, notamment à travers des œuvres comme Hollywood Africans, où il critique les stéréotypes et la représentation des afro-américains dans le cinéma.
Que représente la couronne dans l’œuvre de Basquiat ?
La couronne est un symbole récurrent dans l’œuvre de Basquiat, représentant la dignité, la résilience et l’héroïsme des personnes opprimées, notamment les figures historiques afro-américaines qu’il admirait.
Quelle a été l’influence de Basquiat sur l’art contemporain ?
Basquiat a transformé le néo-expressionnisme en mêlant art brut, graffiti et éléments culturels populaires. Son style unique, caractérisé par des figures expressives et des motifs chaotiques, a profondément influencé l’art contemporain.
Quel est l’impact de Basquiat sur la culture populaire ?
Son influence dépasse le monde de l’art : ses œuvres sont utilisées dans des campagnes publicitaires, des clips musicaux, et il a inspiré des artistes, des musiciens et des créateurs de mode. Il reste une figure iconique de la rébellion et de la créativité.
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