10 choses à savoir sur Henri Matisse

Portrait du peintre français Henri Matisse, non daté

Cette année, Matisse à 150 ans ! Le 31 décembre 1869, au Cateau-Cambrésis, naissait un enfant qui, quelques années plus tard, deviendra ce génie artistique mondialement connu. Le temps a bien filé depuis, mais son influence sur le monde de l’art, non. Dans cet article, Artsper résume les 10 choses à savoir sur Henri Matisse, grand peintre du XXème siècle. 

1. Sans crise d’appendicite, pas de peinture

Henri Matisse, La danse, 1910

Sur exemple de sa lignée, Henri Matisse était destiné à devenir grainetier. Mais à cause de sa santé fragile, il ne pouvait pas manipuler de lourdes charges et la reprise de l’affaire familiale lui était donc impossible. Il entreprend alors des études de droit pour devenir clerc de notaire. Mais à 20 ans, une crise d’appendicite le contraint à rester alité pendant de longues semaines. Alors qu’il n’avait à l’époque aucun intérêt pour le monde de l’art, il demande à ses parents un boîte de peinture pour passer le temps. Sa première création intitulée “Essitam” est une reproduction d’une chromo comprise à l’intérieure de celle-ci. Comme Matisse le raconte lui même dans ses Mémoires : “À partir du moment où j’avais cette boîte de couleurs dans les mains, j’ai senti que c’était là qu’était ma vie.” 

2. Henri Matisse, le chef de ligne du Fauvisme

Henri Matisse, Femme au chapeau, 1905

Au Salon d’Automne de 1905, l’accrochage des toiles de Matisse ainsi que celles de Albert Marquet, Vlaminck, Derain et Kees van Dongen provoquent un violent rejet du public. Les couleurs pures, éclatantes et dominantes, posées en aplats sur ces toiles font scandale. Le critique Louis Vauxcelles compare alors la salle exposant ces peintures à une “cage aux fauves”. Ses propos sont tout de suite adoptés par les peintres eux-mêmes et ainsi naît le courant artistique du Fauvisme. Henri Matisse en prend rapidement la tête grâce, ou peut être à cause, de “Femme au chapeau”, considérée à cette époque comme une outrance. 

3. Pablo Picasso comme plus grand ami et rival

Henri Matisse, La joie de vivre, 1905

Gertrude Stein, célèbre écrivaine américaine, définissait les deux artistes comme le “Pôle Nord” pour Matisse et le “Pôle Sud” pour Picasso, de l’Art Moderne. Leur relation était assez difficile à comprendre, entre amitié véritable et rivalité professionnelle. Par exemple, l’incontournable tableau de Picasso, “Demoiselles d’Avignon” (1907) a été inspiré de son aîné avec “La Joie de vivre” (1905). Ils se disputeront souvent tout au long de leur vie, jusqu’à leur réconciliation définitive en 1913, quand Picasso rend visite à Matisse, gravement malade. Ces retrouvailles seront officiellement scellées quand ils exposent ensemble en 1918. 

4. Ses enfants étaient dans la Résistance

Henri Matisse, Portrait de Marguerite, 1906-07

Alors que le peintre lui même n’a pas participé à la guerre, sa famille oui. En avril 1944, sa femme, Amélie et sa fille, Marguerite Matisse-Duthuit sont arrêtées par la Gestapo pour faits de Résistance. Sa femme est condamnée à six mois de prison tandis que Marguerite, membre active appartenant au Front National clandestin et à l’organisation des Francs Tireurs et Partisans Français, est torturée et défigurée. Elle est libérée en octobre 1944 et Matisse la revoit quelques mois après, en 1945. Sous l’émotion, il peindra plusieurs portraits de sa fille, dont le dernier montre un visage enfin apaisé. 

5. Un véritable globe-trotteur

Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948

Une chose à savoir sur Henri Matisse, c’est qu’il était un véritable globe-trotteur. Il a beaucoup voyagé, en France d’abord; à Paris, Nice, Belle-île-en-mer, en Corse, puis de plus en plus loin, en Angleterre, en Espagne, au Maroc, en Algérie, aux Etats-Unis. A la recherche d’une autre lumière et d’un autre espace, il a même séjourné à Tahiti pendant un temps. De cette île, il a ramené des photographies, des esquisses, des croquis, mais surtout des souvenirs. Les lagons, dans lesquels il s’est tant de fois baigné deviendront un source d’inspiration. Cependant, ce n’est que bien plus tard qu’il ajoutera son expérience tahitienne à ses peintures. Il introduira par exemple des formes végétales exotiques dans des scènes plus quotidiennes, vers la fin de sa vie. 

6. Tel père, tels fils

Henri Matisse, Luxe, calme et volupté, 1904

Matisse à eu 3 enfants. Marguerite, l’ainée, puis deux garçons, Jean et Pierre, nés respectivement en 1899 et 1900. Les deux derniers ont suivi les traces de leur père. Jean était un sculpteur peu connu et Pierre, le petit dernier, était une marchand d’art réputé. En 1925, sur les conseils de son père, Pierre Louis Auguste Matisse ouvre une galerie à New York. Dans sa galerie, au 17ème étage du Fuller Building, il exposa les oeuvres d’artistes d’Art moderne tels que Henri Matisse, Georges Rouault, André Derain, Alexander Calder, Balthus, Joan Miró, Marc Chagall, Jean Dubuffet, Yves Tanguy, Roberto Matta, Zao Wou-Ki et François Rouan.

7. Il réalisait des décors et costumes

Henri Matisse, Costume d’une personne en deuil pour Le Chant du Rossignol, 1920

Au début de sa carrière, Matisse travaillait comme peintre décorateurs à la journée, ainsi que comme décorateur de théâtre pour gagner sa vie. Puis en 1920 il réalisa les décors et les costumes du ballet de Diaghilev, Le Chant du rossignol, musique de Stravinsky. Malheureusement, seuls 4 manteaux sur 10 utilisés lors des représentations ont été préservés. Ils se trouvent aujourd’hui au Musée d’art et d’histoire de Genève, à la National Gallery of Art (Washington DC), à la National Gallery of Art of Australia (Canberra) et le dernier fait parti de la collection privée du couturier Azzedine Alaïa. Quelques années après, en 1937, le directeur du ballet lui commande un nouveau décor pour Rouge et Noir. 

8. Fan de Cézanne

Henri Matisse, Série de Nu Bleu, 1952

Henri Matisse vouait une admiration profonde pour le peintre impressionniste Paul Cézanne. Pour lui “Cézanne est notre maître à tous”. Ainsi, en 1900 il acheta à Ambroise Vollard “Les Trois Baigneuses”. Même pendant des périodes de gouffre financier, il n’acceptera jamais de s’en séparer. Finalement, il en fit don au Petit Palais de Paris. 

Tout comme son idole, il faut savoir que Henri Matisse considérait le bleu comme la couleur du volume et de la distance. Sa série de “Nus Bleus” est une belle illustration de cette théorie. Regardez l’oeuvre ci-dessus, le corps de la femme semble prendre forme au coeur de la toile, elle semble en mouvement, vivante. 

9. Précurseur de la technique de la gouache découpée

Henri Matisse, La tristesse du roi, 1952

Après une lourde opération chirurgicale due à un cancer du côlon, le peintre ne peut plus sortir de son lit. Matisse ne peut plus peindre ou pratiquer des techniques qui demandent des diluants (eau ou huile). C’est alors à cette période qu’il invente la technique de la gouache découpée, ou papier découpé. Ce nouveau procédé donne naissance à ses derniers chefs d’oeuvre dont Jazz (1947), La Tristesse du roi (1952) et L’Escargot (1953). Ainsi, dans son lit, il découpe avec des ciseaux des papiers gouachés que ses assistants placent et collent ensuite aux endroits définis par l’artiste. Il disait de ce principe « C’est une simplification pour moi. Au lieu de dessiner le contour et de mettre la couleur à l’intérieur – celle modifiant l’autre – je dessine tout droit dans la couleur.”

10. Lauréat de la Biennale de Venise 

Henri Matisse, La desserte rouge, 1908

Dernière chose à savoir sur Henri Matisse. Comme une finalité à toutes ses années de création, Matisse est lauréat de la 25ème Biennale de Venise. Après Georges Braque en 1948, c’est en effet Henri Matisse qui représente, à 81 ans, la France. Cette récompense est la consécration d’une impressionnante carrière artistique. Matisse restera dans les esprits pour avoir libéré la couleur et donné naissance au Fauvisme. 

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