10 choses à savoir sur Hans Hartung

Sans titre 1940, Hans Hartung, 1940

Né en 1904, Allemand puis naturalisé Français, Hans Hartung est considéré comme l’un des pères de l’art abstrait, mais aussi du tachisme. Pleines de dynamisme et de liberté, ses œuvres sont traversées par le désir de mettre au point un nouveau langage pictural.

Artsper vous invite aujourd’hui à en apprendre plus sur lui et sur son art. Venez découvrir l’homme qui se cache derrière ces peintures sauvages et libres… Vous pourriez être surpris !

1. Il a perdu sa jambe à la guerre

G5, Hans Hartung, 1953

Durant la Seconde Guerre mondiale, Hartung est désireux de combattre contre l’Allemagne. Il s’engage alors dans l’armée régulière française. Seulement, en raison de sa nationalité allemande il sera relégué à la Légion Étrangère. En novembre 1944, dans la ville de Belfort une attaque survient et le blesse grièvement à la jambe droite. Il sera amputé suite à cette blessure. Hartung revient de la guerre traumatisé, mais aussi impatient de reprendre son travail pictural après 5 ans d’absence. À son retour, le regard des autres vis-à-vis de sa jambe le pèse énormément. Mais c’est aussi le regard des autres peintres qui le préoccupe. Ceux-ci sont restés en dehors des combats et ont pu déjà se faire un nom et une renommée.

2. Il faisait des dessins préparatoires minutieux pour ses toiles

T1936-8, Hans Hartung, 1936
Sans titre, Hans Hartung, 1934

À son arrivée à Paris, dans le courant des années 1930,  Hans Hartung vivait dans la précarité et avait beaucoup de mal à se fournir en matériel. Un jour, son ami Jean Hélion, lui aussi peintre, lui donna un conseil que Hans n’oubliera jamais. Il lui conseilla de rester toujours fidèle à ses esquisses, et d’accepter ses erreurs de dessin. Ainsi durant cette période et jusqu’aux années 1960, Hartung reproduira fidèlement toutes ses esquisses sur toile, grâce à la technique de la mise au carreau. Ce procédé lui permit d’économiser des toiles, de la peinture et des pinceaux.  Aussi sauvages et dynamiques que ses peintures puissent paraître, elles sont en fait minutieusement et consciemment préparées.

3. Son épouse versait elle aussi dans l’art abstrait

N°87-1960 Double Mur, Anna Eva Bergman, 1960

Trop souvent restée dans l’ombre de son époux, la Suédoise Anna Eva Bergman était elle aussi artiste. Dans un premier temps illustratrice et caricaturiste, elle réalisa beaucoup de visuels pour des revues ou même pour des livres de cuisine. C’est durant les années 1950, lorsqu’elle retrouve Hans après leur séparation, qu’elle remet en question son travail. Après une période de vide, elle se lance, à l’instar de Hans, dans la peinture abstraite. Mais contrairement à Hartung, elle produit des œuvres beaucoup plus calmes et sereines, de grandes toiles bleu nuit, étoilées d’or et d’argent.

4. À Paris, il a côtoyé Mondrian, Miró et Calder

Archive de l’exposition Hartung à la Galerie Craven, 1956
© Fondation Hartung Bergman

Après de nombreux problèmes financiers rencontrés en Allemagne, Hans et son épouse s’installent à Paris en 1935. Ils habitent alors dans un studio au 19 de la rue Daguerre à Paris. Durant cette période il côtoiera des artistes tels que Mondrian, Miró ou encore Calder. C’est également durant cette période qu’il commence à exposer à la galerie Pierre Loeb mais aussi à participer chaque année au salon des Surindépendants.

5. Il a également fait de la sculpture

Studio de Hans Hartung au 8 rue François Mouthon, 1938

Vers la fin des années 1930, sa situation financière se dégrade très rapidement et Hans se retrouve contraint de déménager dans un studio plus petit à Paris. Par la suite, c’est son ami Henri Goetz qui le prend sous son toit. C’est ensuite au tour du sculpteur Julio González de l’accueillir dans son atelier. Ainsi, Hans se lia d’amitié avec González et s’initia à l’art tridimensionnel. Deux sculptures abstraites naissent de cette expérimentation, dont une qui sera exposée au salon des Surindépendants.  

6. Alain Resnais a tourné un film à son sujet

Alain Resnais dans l’atelier d’Hartung, Arcueil, 1947
@ Fondation Hartung-Bergman

À la fin des années 1940, et bien qu’il n’ait pas fini son cursus, le jeune Alain Resnais était resté proche de certains de ses professeurs de l’IDHEC (L’Institut Des Hautes Études Cinématographiques). Il avait notamment tissé des liens avec la critique d’art Madeleine Rousseau, qui en 1947 le présenta à Hans Hartung. Ainsi, Resnais tourna un film sur Hartung de 7 minutes, en 16mm, en noir et blanc et muet pour des raisons de budget. Le film projeté en 1950 accompagne la première monographie sur le travail de Hartung à la Galerie La Hune et présente l’artiste dans son studio parisien, en pleine création.

7. Il était passionné de photographie

Hartung et Anna-Eva Bergman en 1932
© Fondation Hartung Bergman

Passionné de photographie depuis son enfance, le peintre explique qu’il a la manie de tout prendre en photo, et que les photos sont pour lui comme une deuxième mémoire. Lors d’un voyage en Norvège avec Anna Eva Bergman, il ramène plus de 1000 photos de leur périple au-delà du Cap Nord. Enfin, c’est en 1977 que le Cercle Noroit d’Arras lui dédie une exposition exclusivement portée sur sa production photographique. Hans Hartung fête alors ses 73 ans.

8. Il a illustré un recueil de poèmes

art abstrait
Farandole 8, Hans Hartung , 1971

Au début des années 1960 le poète et écrivain Jean Proal compose une série de poèmes du nom de Prière sur l’agonie ou Farandole. Très proche de Hans Hartung, il lui envoie rapidement quelques extraits, qui touchent profondément Hans. Cette série de poèmes parle de l’absurdité de la guerre et de la violence humaine, et plus particulièrement de la guerre d’Algérie qui sévissait depuis quelques années. Ce n’est qu’en 1971, soit 2 ans après la mort de Proal, que Hartung réalisa une quinzaine de lithographies pour illustrer le livre de poésie.

9. Il s’est passionné pour le nombre d’or

Sans titre, Hans Hartung, 1927

Vers la fin des années 1920, Hans Hartung s’intéresse de plus en plus à l’art Français, un art qu’il juge pur, sain et raffiné. C’est quelque chose qu’il ne retrouve pas dans l’art allemand, d’après ses dires. Il se passionne alors pour le cubisme analytique de Braque et Picasso, et commence à chercher de l’ordre dans son travail. Hartung voyait dans le nombre d’or un moyen d’organiser sa composition mais aussi une toute nouvelle esthétique mathématique, universelle et immuable. C’est vers le milieu des années 1930 qu’il rejettera violemment ses recherches mathématiques, considérant tout cela comme une perte de temps et voyant désormais le nombre d’or comme un outil stérile et limitant.

10. Il rejetait l’enseignement du Bauhaus et de Kandinsky 

Sans titre, Hans Hartung, 1927

C’est en 1925 que Hans Hartung assista à une conférence de Kandinsky sur l’art abstrait, durant laquelle il présenta sa méthode et son nouveau langage pictural. Cette conférence conforta Hans, qui vit dans le discours de Kandinsky rien d’autre qu’une doctrine de plus et qui lui indiquait qu’il était sur la bonne voie concernant son art et sa recherche picturale. De la même façon il refusa catégoriquement de rentrer au Bauhaus, voyant l’enseignement comme trop orienté vers les arts appliqués et l’architecture.

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