Tout savoir sur le Prix Dauphine pour l’art contemporain 2020 !

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Le Prix Dauphine pour l’art contemporain aura bien lieu pour une 7ème édition ! Covid-19 ou pas, la jeune équipe de passionnées en charge de l’événement a su trouver des alternatives pour arriver à ses fins. Du 10 au 19 septembre 2020, c’est à la galerie du Crous que seront exposés les 5 binômes sélectionnés. Créé en 2014 par les étudiants de l’Université Paris-Dauphine, ce rendez-vous – réservé aux artistes de moins de 30 ans – a pour objectif de promouvoir la jeune création. Les deux entités mises à l’honneur – l’artiste et le curateur – ont comme consigne de créer un projet autour d’une thématique particulière, qui fera ensuite l’objet d’une sélection par un jury désigné. Découvrez-en davantage sur l’édition 2020 !

Quelles sont les spécificités de cette année ?

Comme dans les précédentes éditions, le jury du Prix Dauphine est composé de professionnels du monde de l’art contemporain. Marion Papillon, présidente du Comité professionnel des galeries d’art (CGPA) et de la galerie Papillon, est de la partie. À ses côtés, Alexia Fabre, directrice et conservatrice en chef du Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne. Citons également Stanislas Colodiet, directeur du Cirva (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques) et Paul Heintz, qui s’est vu attribuer la bourse Révélations Emerige en 2019. Pour finir en beauté, ils seront accompagnés de Daria de Beauvais, qui n’est autre que la Senior Curator du Palais de Tokyo.

Les cinq membres du jury désigneront un duo gagnant, qui recevra 2000 euros. Un second binôme se verra attribuer une dotation de 1000 euros, grâce à un Prix décerné par le public. 

Chaque année, les équipes travaillent autour d’un sujet donné. Pour cette édition 2020, ils devront s’inspirer de la notion « d’artifice ». Artistes et curateurs sont invités à penser et repenser cette thématique, pour en révéler ses formes et ses manifestations. Difficile à saisir, l’artifice est riche en significations et en ambiguïté, ce qui le rend d’autant plus passionnant à analyser…

Qui sont les talentueux binômes ? 

Anna L’hospital (l’artiste) & Agathe Anglionin (la curatrice) 

Anna L’hospital est une artiste diplômée de la Haute École des arts du Rhin (HEAR). Travaillant principalement le scotch, elle s’inspire de son histoire personnelle pour créer des œuvres commémoratives. Ce matériau, vu comme une seconde peau, est empli d’empreintes, marques de la vie. Anna enveloppe des meubles de scotch et les incise, afin de libérer l’objet. En 2019, elle s’engage dans un projet d’envergure et co-fonde le « Collectif Embrayage », afin de permettre à de jeunes artistes d’exposer leurs œuvres dans des lieux atypiques.

La curatrice, Agathe Anglionin, est à la fois architecte et commissaire d’exposition. Elle est notamment un membre de l’association « Quelque chose de neuf », centre d’art produisant dix projets artistiques innovants par an. Le duo propose une installation qui utilise pleinement l’espace pour disséminer plusieurs formes hybrides. Face à ces œuvres, le spectateur est comme face à la fragilité et au vide. Le thème de l’artifice est notamment exploré à travers la notion de peau, élément principal d’une réflexion sur le paraître. 

Noémie Pilo (l’artiste) & Ines Juster (la curatrice) 

L’artiste, Noémie Pilo, étudie à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs. Forte de son parcours en Art-Espace, elle s’inspire pour son travail des phénomènes du quotidien, souvent perçus comme anodins. Par sa pratique, les choses banales deviennent des phénomènes particuliers. La curatrice, Ines Juster, étudie l’histoire et la théorie des arts et des images à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Elle oriente principalement sa réflexion autour des relations existantes entre culture visuelle et histoire des idées.

Le duo ne considère pas l’artifice comme un obstacle à la création, mais plutôt comme un moyen de capter l’essence d’un phénomène. Ici, c’est l’artifice qui donne la forme à la chose et qui révèle toute sa vérité. Ses caractéristiques propres, péjoratives dans l’imaginaire collectif, se révèlent à travers le projet de ces deux jeunes femmes. Il n’est plus accusé ou dénoncé, mais pleinement utilisé et traduit dans une œuvre d’art.

Guillaume Bouisset (l’artiste) & Clément Thibault (le curateur)

À travers son travail, Guillaume Bouisset explore le développement des formes et les structures de l’espèce vivante. Il concentre cette recherche autour des thèmes de l’incarnation et de l’architecture sacrée. Il questionne plusieurs mondes, plusieurs échelles, en tentant toujours de trouver des liens entre chaque chose. Équilibre, transformation, mutation… Voilà les maîtres mots de sa pratique artistique.

L’artiste collabore avec Clément Thibault, curateur, écrivain d’art, et anciennement rédacteur en chef d’Art Media Agency. Auteur de plusieurs monographies d’artistes, il est également diplômé en histoire de l’art et management culturel. Actuellement, il enseigne l’histoire de l’art dans diverses institutions, comme l’ICART et l’IESA. Les deux jeunes hommes étudient les notions de microcosme et de macrocosme. À travers la réalisation de sculptures, le duo s’interroge sur la métamorphose, qu’il rend muable. 

Anaëlle Rambaud (l’artiste) & Chloé Godefroy (la curatrice) 

Après son diplôme en Art à l’ESAD de Reims, l’artiste Anaëlle Rambaud exerce une pratique artistique pluridisciplinaire, partagée entre la photographie, la vidéo, la sculpture et la peinture. À travers son travail, elle manipule les images et propose une réflexion sur leur véritable fonction. Elle s’est associée à Chloé Godefroy, chargée de projet au FRAC Champagne-Ardenne. Passionnée par le champ des arts visuels, elle exerce aussi une pratique curatoriale, et développe une pratique d’écriture critique.

Anaëlle Rambaud souhaite s’approprier le thème de l’artifice à travers la manipulation des images et la séduction. À l’occasion du Prix Dauphine pour l’Art contemporain, le duo présente la série « Collection » (2019). Le projet, qui utilise des images trouvées sur internet ou dans d’anciennes encyclopédies, a pour ambition de redonner vie à des images fixées sur un support donné. Les visuels sont alors dotés de nouvelles valeurs, plus artistiques. 

Monika E. Kazi (l’artiste) & Amandine Nana (la curatrice)

L’artiste Monika Emmanuelle Kazi, après une formation en architecture, est actuellement en dernière année à la Haute École d’art et de design (HEAD) de Genève. Son travail se concentre principalement sur l’étude de la mémoire corporelle, au sein d’espaces domestiques. Ses installations composites, mêlent l’organique, le manufacturé et le textuel. La curatrice du duo, Amandine Nana, complète sa formation de normalienne avec un master en histoire de l’art à Paris 1, ainsi qu’à l’École Urbaine des Sciences Po Paris. Orientant sa pratique curatoriale sur la corporalité de la mémoire et la production d’espace, elle est sensible à l’assemblage et au détournement. Amandine Nana s’imprègne également de la tropicalité inspirée par les Black Studies

Le projet, « Beauté na yo », interroge la relation existant entre l’homme et l’objet standardisé. L’installation repose sur des miroirs gravés à partir de photographies et un mélange de matériaux cosmétiques, organiques et minéraux. Ainsi, elle questionne des notions essentielles telles que l’apparence, la personnalité et la quête de soi. 

Maintenant que vous savez tout sur ces duos du Prix Dauphine pour l’art contemporain, il ne vous reste plus qu’à découvrir leurs œuvres. Rendez-vous du 10 au 19 septembre 2020 à la galerie du Crous (11 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris) pour découvrir le travail et les personnalités inspirantes de ces jeunes artistes et curateurs, dont vous n’avez pas fini d’entendre parler !