Repéré à la FIAC : Nos oeuvres préférées

On ne va pas se mentir : les foires d’art, ça fatigue. Après quelques heures d’allées et venues les yeux et les oreilles grands ouverts, une pause était nécessaire, et, accordez-le-nous, bien méritée. Mais longuement déambuler en trébuchant sur une foule d’amateurs d’art dont les tenues n’ont rien à envier aux habitués de la fashion week n’est jamais une corvée quand elle est compensée par un émerveillement constant.

Voici, en condensé, les oeuvres sur lesquelles nous nous sommes arrêtés, surpris, interloqués ou éblouis à la Fiac 2018 :

fiac 2018
Tony Matelli, Arrangement 13, 2018

Tony Matelli, Arrangement 13, 2018 (la galerie Andréhn-Schiptjenko)

D’abord, c’est le réalisme qui frappe (est-ce une vraie fleur ?), et puis l’extraordinaire compétence nécessaire pour transformer ce bronze peint en sculpture délicate. Avec Arrangement 13, le sculpteur américain Tony Matelli a retourné l’art de l’arrangement floral (littéralement). Plus sobre que certaines oeuvres de la foire, cette sculpture est agréablement accueillie dans un monde de l’art très (trop ?) conceptuel.

Fiac 2018
Song Dong, Usefulness of Uselessness – Rectangular Window No.6

Song Dong, Usefulness of Uselessness – Rectangular Window No.6, 2017 (Pace Gallery)

Le titre nous laisse à la fois perplexes et amusées. Mais il peut aussi résumer la manière dont on analyse ces œuvres : c’est précisément leur inutilité qui les rend utiles et agréables pour nous. En tant qu’artiste conceptuel, c’est peut-être l’un des rares travaux de l’artiste Song Dong qui peut être immédiatement appréciable, pour son impact esthétique seul. Soyons honnêtes, d’une manière très superficielle, nous avons adoré ce mélange de fenêtres et ces miroirs colorés, mais nous vous encourageons aussi à découvrir la clef de compréhension de cette œuvre !

Fiac 2018
Yeesookyung, Translated Vase, 2012

Yeesookyung, Translated Vase, 2012 (Hyundai Gallery)

Les formes rondes et bulbeuses de la sculpture sont étrangement attirantes, tout comme la palette de couleurs pastel, contrastant avec le doré unissant les morceaux. Inspiré par la pratique japonaise Kingtsugi, qui consiste à réparer les objets cassés avec de l’or, l’artiste coréenne crée des sculptures en forme de bulles superposées en utilisant des débris de porcelaine. Ces derniers sont issus d’œuvres de maîtres coréens qui détruisent le travail qu’ils estiment imparfait et que l’artiste Yeesookyung récupère précautionneusement pour leur donner une seconde vie. Une seconde vie qui n’a, selon nous, rien à envier à la première !

Fiac 2018
Kehinde Wiley, Portrait of Quentin Lee Moore, 2018

Kehinde Wiley, Portrait of Quentin Lee Moore, 2018 (Galerie Templon)

Depuis qu’il a peint le portrait de Barack Obama et contribué ainsi à doubler les entrées à la Washington National Gallery, Wiley est au cœur des conversations. Il est peut-être partout aux Etats-Unis mais en Europe, avoir l’opportunité de jeter un coup d’œil à ses œuvres est plus ardu. Nous sommes ravis d’avoir enfin eu cet honneur ! Son style caractéristique opposant le réalisme de la figure humaine et le motif en deux dimensions vaut la peine d’être vu en vrai.

Fiac 2018
Ingres Wood, Katharina Grosse, 2018

Ingres Wood, Katharina Grosse, 2018 (Gagosian)

Gagosian a tout donné cette année avec une pièce magistrale de Katharina Grosse. Le terme « énorme » n’est pas toujours le plus adapté, sauf dans ce cas. Grosse décrit son œuvre comme une « toile immense, désassemblée ». L’artiste a combiné un tronc déraciné (supposément planté par Jean Auguste Dominique Ingres) avec une toile froissée, roulée en boule sur le sol. Elle a utilisé une bombe de peinture pour recouvrir le tout d’une explosion de couleur. Interprétez le comme vous le désirez, mais nous, on aime voir ça comme une ode à la peinture.

Les artistes de la Fiac sur Artsper :