Focus on Berlinde de Bruyckere

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Aujourd’hui Artsper vous propose de vous pencher plus en avant sur une artiste plasticienne singulière: Berlinde de Bruyckere.


Née à Gand en 1964, Berlinde de Bruyckere grandit dans un contexte familial conservateur et chrétien. Entre un père absent et de longues semaines de pensionnat, la jeune Berlinde développe un imaginaire complexe dans lequel se mêlent toujours Eros et Thanatos.

atelier Berlinde de Bruyckere par Gautier Deblonde

Ateliers d’artistes – Berlinde de Bruyckere par Gautier Deblonde.

Angoissant et puissant, à la limite du cauchemar et de l’érotisme, le travail de Berlinde de Bruyckere s’articule autour d’une réflexion sur la vulnérabilité, l’éphémère et la solitude. De fait, son sujet de prédilection est le corps. Corps animal ou humain mais toujours corps déformé, recomposé, insaisissable.

The black Horse BdB

The Black Horse.

Toujours entourée d’une certaine polémique, sa production artistique prend appui sur des moulages, parfois recouverts de peaux de chevaux (The Black Horse) ou de cire et de résine. Ainsi, pour la Pieta présentée lors de l’exposition Papesses d’Avignon, le travail de Berlinde de Bruyckere est à l’opposé de la technique d’un peintre : Berlinde de Bruyckère apose des couches successives de cires pigmentées, appliquées directement dans les moulages.

Son talent connaît des premiers succès et les années 2000 signent les années de la reconnaissance. En 2000, son œuvre In Flanders Fields, exposée au Flanders Fields d’Ypres, livre une critique puissante de la Première Guerre Mondiale. Quelques années plus tard en 2003, à l’occasion de la Biennale de Venise, elle se fait connaître de manière internationale avec son œuvre The Black Horse. Dès lors, Berlinde de Bruyckere poursuit un parcours éclatant depuis sa première exposition personnelle à la Maison Rouge en 2005. En 2013, elle investit le pavillon belge lors de la Biennale de Venise et installe au sol, un arbre de cire gigantesque comme un homme à terre, enveloppant ses extrémités dans des linges tels des moignons.

Biennale BdB

kreupelhout – Crippelwoodf, Biennale de Venise 2013.

L’iconographie religieuse occupe une place importante dans l’œuvre de l’artiste. La passion de Christ mais aussi des thèmes comme la crucifixion ou des figures de pieta sont des sujets récurrents de l’œuvre de la plasticienne. Les corps souvent martyrisés évoquent la douleur et la mort. Mort matérielle et immatérielle.

Autre thème important dans le travail de la plasticienne : le cheval. Influencée par des photographies de chevaux morts dans les villes de Flandres durant la Première Guerre Mondiale, ses chevaux invitent à une réflexion sur le corps, la décomposition et présentent souvent sur leurs corps des veines apparentes, qui évoquent la condition charnelle du corps.

Bruyckere_IntoOneAnother

Le motif de la couverture occupe également une place majeure dans l’œuvre de la plasticienne. La couverture dissimule les visages, les corps meurtris. Symbole double, la couverture renvoie à la protection, au secours mais également au baillon ou au voile mortuaire. Elle réchauffe mais peut aussi étouffer.

Il convient de souligner la délicatesse des matériaux employés dans les œuvres de la plasticienne. En effet, cire et matériaux organiques comme du cuir, des poils ou des cheveux s’opposent à la violence des thèmes abordés par l’artiste.

Une artiste à découvrir ou à redécouvrir!

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3 Commentaires


anselmo.kipiaca

Publié le 26 juin 2014, 20h06

vatiacano.

anselmo.kipiaca

Publié le 26 juin 2014, 20h05

vaticano.

Dufour jean louis

Publié le 07 novembre 2013, 22h19

Merci pour votre article sur Berlinde son travail ne quitte pas mon esprit je pense toujours a ses sculptures depuis le premier jour.
Mon rêve avoir une sculpture de cet artiste magnifique,une grande dame.

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