10 idées reçues sur le marché de l’art…

Le marché de l’art et ses faux-semblants

Le marché de l’art est l’objet de tous les fantasmes. « El dorado » pour certains, « puit sans-fond » pour d’autres, cet écosystème nébuleux est régi par de nombreux facteurs complexes qu’il est intéressant d’apprendre à déchiffrer pour nuancer vos a priori. Marché très lucratif, selon le rapport sur le marché mondial de l’art d’Art Basel et UBS, les ventes mondiales d’œuvres d’art et d’antiquités atteignent en 2019, un montant estimé à 64,1 milliards de dollars. Ce marché jouit ainsi d’une réputation aussi glorieuse que sulfureuse. Artsper sépare le vrai du faux parmi 10 idées reçues qui gravitent autour du marché de l’art.

« Le marché de l’art c’est intimidant ! »

Passer les portes d’une galerie n’est pas une étape simple pour tout le monde. Souvent caricaturée comme un lieu à l’ambiance pesante voire guindée, la représentation que l’on se fait d’une galerie, de façon générale, nous empêche de sauter le pas pour oser déconstruire nos a priori. Nous avons tous, naturellement, appréhendé au moins une fois le regard hautain d’un galeriste ou des autres visiteurs. Si en effet, nous avons parfois cette impression, c’est tout simplement que les commissions réalisées à chacune des ventes s’ajoutent au salaire du galeriste. Ce dernier est donc davantage intéressé par un potentiel acheteur. Mais ne vous méprenez pas, ces passionnés d’art contemporain sont toujours ravis de vous aviser sur le travail d’un artiste qu’ils exposent… N’hésitez donc pas à leur demander des renseignements sur une œuvre qui attire votre attention.

Exposition « Tehachapi » par  l'artiste JR à la Galerie Perrotin en 2020.
Exposition « Tehachapi » par l’artiste JR à la Galerie Perrotin, 2020

« Le marché de l’art c’est un sport de milliardaires »

Lorsque l’on a vent d’un Picasso vendu à 125 millions d’euros, d’un Cézanne à 190 millions d’euros, ou encore d’un Gauguin à 265 millions d’euros, il est simple de tirer des conclusions hâtives sur ces milliardaires excentriques qui dépensent à outrance. Or, il s’agit là de cas uniques qui font la une de par leur extravagance ! Bon nombre d’idées reçues circulent sur les collectionneurs, mais ils n’en restent pas moins des amateurs d’arts, passionnés et curieux, avec des budgets, le plus souvent, limités.

Le tableau "Nafea faa ipoipo ?" peint en 1892 par Paul Gauguin, cédé pour 265 millions de d'euros.
Le tableau « Nafea faa ipoipo ? » peint en 1892 par Paul Gauguin, cédé pour 265 millions de d’euros

« C’est trop cher pour moi »

Faux ! S’il est vrai que Jeff Koons, Andy Warhol ou encore Basquiat, se vendent des fortunes, ces sommes astronomiques représentent moins d’1% du marché de l’art. La grande majorité des œuvres se vendent à un prix inférieur à 3000€. Sur Artsper vous pouvez par exemple découvrir une sélection d’œuvres à petits prix.

Jeff Koons en compagnie de son célèbre "Rabbit", adjugé à 91,1 millions de dollars lors d'enchères organisées à New York par la maison Christie's.
Le célèbre « Rabbit » de Jeff Koons adjugé à 91,1 millions de dollars lors d’enchères organisées à New York par la maison Christie’s

« Les artistes sont déjà assez riches comme ça ! »

Si la fortune de Damien Hirst est estimée à plus de 400 millions de dollars, il ne faut pas oublier que plus de 90% des artistes ne vivent pas de leur art. Ainsi seulement une infime partie d’entre-eux (5 à 6%) vivent de leur passion tout au long de leur vie, sans interruptions.

Liasse de dollars maintenue par un élastique rouge.

« C’est impossible si on habite pas Paris, Londres ou New-York ! »

Non, et ce, pour deux raisons. Dans un premier temps, rappelez-vous que vous pouvez facilement trouver des galeries d’art, de tous types, dans chaque grande ville. Ensuite, gardez en tête que grâce à des sites marchants comme Artsper, vous pouvez acheter dans des galeries du monde entier, depuis votre canapé !

Exposition à la ART FIVE Gallery, Marseille.
Exposition à la ART FIVE Gallery, Marseille

« Le marché de l’art c’est trop incertain, tout comme le potentiel d’évolution de la cote d’un artiste ! »

Heureusement ! Si l’on pouvait à chaque fois anticiper le succès des artistes, ces derniers ne prendraient jamais de risques et se conformeraient seulement à un algorithme savant… L’art n’est pas une science, alors n’essayez pas d’anticiper votre retour sur investissement, et laissez-vous guider par vos émotions et votre instinct.

Œuvre de MadAlvar, intitulée Mujeres.
MadAlvar, Mujeres, 2020

« C’est comme faire de l’épargne ! »

Oui et non ! Bien que le travail de certains artistes en vogue ou très réputés ait tendance à prendre davantage de valeur et ainsi à susciter l’intérêt des collectionneurs qui réalisent des placements purement financiers, cela ne marche pas systématiquement ! La côte d’un artiste peut toujours chuter ! Par exemple, dans les années 1990, un groupe d’artistes du mouvement YBA (Young British Artist) a enflammé le marché de l’art (Richard Patterson et Damien Hirst notamment), affichant des prix plus élevés encore qu’Andy Warhol. Aujourd’hui, ces mêmes artistes représentent 1/20e de la valeur d’Andy Warhol !

Photographie prise lors de la fête d'ouverture pour la « Freeze », avec Richard Patterson (à gauche) et Damien Hirst (à droite).
Fête d’ouverture pour la « Freeze », avec Richard Patterson (à gauche) et Damien Hirst (à droite)

« Je pourrais le faire moi-même plutôt que de l’acheter une fortune ! »

Eh bien faites ! L’œuvre n’aura aucune valeur mais si elle vous procure autant d’émotion, il n’y a pas de raisons de s’en priver… Un certain John Czupryniak a d’ailleurs tenté l’expérience. Révolté que le musée d’Ottawa ait acheté une toile bi-chromatique de Barnett Newman (seulement 2 couleurs peintes en larges bandes) pour 1,8 millions de dollars, ce peintre en bâtiment décide de recréer l’œuvre à l’identique, et de la vendre pour seulement 400 dollars.

Photographie d'une palette de peintures et de pinceaux.

« Une œuvre, il faut la voir pour pouvoir l’acheter »

Cette idée se défend et peut sembler légitime… Bon nombre de collectionneurs ont déjà pris l’habitude d’acheter des œuvres via un catalogue de ventes en ligne accessible depuis leur téléphone, tablette ou ordinateur. Aujourd’hui, avec la résolution de plus en plus élevée des écrans et la qualité d’impression, l’effet est presque le même. 68% des collectionneurs affirment d’ailleurs avoir déjà acheté en ligne.

Capture d'écran depuis le site Artsper des photos détaillées d'une œuvre de Mara Toledo, intitulée « Et de nouveaux poussins sont nés à la ferme », 2019.
Photos détaillées sur Artsper, de l’œuvre de Mara Toledo, « Et de nouveaux poussins sont nés à la ferme »

« Le marché de l’art pervertit les œuvres »

Arrêtons avec l’image de l’artiste bohème qui ne sera reconnu et adulé qu’après sa mort et pour qui l’argent n’est qu’une denrée capitaliste calomnieuse et secondaire. Cette vision romantique, utopique et non-mercantile n’est plus vraiment d’actualité. Est-ce un bien ou un mal ? Finalement là n’est pas la question. C’est une réalité, et voir l’art comme une chose qui ne se vend pas relève d’une vision idéaliste et faussée de l’art.

Salle d'exposition remplie de visiteurs.

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