Qu’est ce qu’un œuf Fabergé ?

Œuf fabergé, "Peter the Great"
Œuf de Pierre le Grand © Virginia Museum of Fine Arts

Qu’est-ce qu’un œuf Fabergé ? Vous en avez déjà probablement vu ou entendu parlé, mais vous ne connaissez sûrement pas son histoire complexe. Commandé pour la première fois il y a 136 ans par le tsar Alexandre III de Russie, chacun de ces objets est inextricablement lié au règne extravagant et à la chute tragique de la famille Romanov.

Lorsqu’Alexandre III offrit le premier œuf Fabergé en 1885 à son épouse l’impératrice Maria Feodorovna, il n’avait l’intention d’en faire confectionner qu’une seule et unique édition. Cependant, comme elle adorait l’objet, il a continué à lui en offrir chaque année jusqu’à sa mort. Son fils Nicolas a également adopté cette tradition. Elle se poursuivra jusqu’au déclenchement de la révolution en 1917, mettant fin au règne de trois siècles des Romanov.

Œuf fabergé, "Catherine the Great"
Œuf de Catherine la Grande © Hillwood Estate, Museum and Gardens

Peter Carl Fabergé était l’artisan à l’origine de ces objets. Il était directeur d’une célèbre maison de joaillerie à Saint-Pétersbourg : vous l’aurez deviné, la Maison Fabergé ! Sa capacité à embellir les objets du quotidien par l’émaillage, l’orfèvrerie et le sertissage de pierres a rendu Fabergé célèbre dans toutes les cours royales d’Europe. Des maisons rivales, beaucoup plus connues aujourd’hui, comme Cartier et Tiffany, se sont directement inspirées du maître russe.

Œuf fabergé, Rose Bud Faberge
Œuf à la rose © David Lefranc

Au cours de la dernière période du règne des Romanov, Fabergé a produit 52 œufs impériaux. Cependant seulement 46 œufs sont répertoriés aujourd’hui. Chaque œuf était entièrement unique, fabriqué avec les matériaux et les pierres précieuses les plus luxueux. Déjà à l’époque, ils étaient considérés par les experts comme des innovations artistiques. Fabergé réinventait chaque création avec de nouvelles caractéristiques. Les créations pouvaient inclure des horloges, des socles à griffes ou même la possibilité de les ouvrir pour dévoiler une surprise. Mais ce n’était pas toujours une tâche aisée…

La réalisation de chaque œuf prenait entre un et deux ans et nécessitait le travail de plusieurs artisans à la fois. Ces derniers, dont les compétences étaient diverses, comprenaient des orfèvres, des tailleurs de diamants, des peintres et autres spécialistes.

Œuf aux miniatures tournantes © Virginia Museum of Fine Arts

La fascination pour ces artefacts s’explique par une pléthore de raisons. Déjà, car ce sont des exemples incroyables du meilleur de l’artisanat. Ensuite, parce qu’ils sont vendus aux enchères pour des sommes exubérantes . En effet, leur riche histoire leur donne une rareté et une singularité très recherchées par les collectionneurs. Ce sont des précieuses répliques d’une famille fascinante qui a connu une fin des plus tragiques. Et enfin, l’élément de mystère apporté par le statut manquant des autres œufs les rend d’autant plus passionnants.

Œuf au muguet © Stan Honda

Les œufs dont nous connaissons l’emplacement sont actuellement dispersés dans le monde entier. La plus grande collection se trouve au manège du Kremlin à Moscou, qui rassemble 10 œufs originaux. Cependant, beaucoup d’entre eux se trouvent dans des collections privées loin de leur lieu d’origine – comme au Qatar et à New York. Beaucoup craignent que les bolcheviks en aient détruit certains lorsqu’ils ont pris le pouvoir en 1918. Pour eux, les œufs n’étaient qu’un simple témoignage de la décadence de l’élite. ll ne serait donc pas surprenant qu’ils se soient débarrassés de ces objets pour faire place à l’art soviétique utilitaire (sur lequel vous pouvez d’ailleurs tout découvrir ici !)

Œuf au treillis de roses © Walters Art Museum

Néanmoins, Artsper vous encourage à voir la beauté des œufs de Fabergé de vos propres yeux en recherchant l’œuf connu le plus proche de chez vous. Ou peut-être, si vous vous sentez aventureux – et très chanceux ! – gardez en tête qu’il y a 8 œufs encore manquants. Et qui sait ce qui attend la personne qui les trouvera ?

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