10 faits qui ont marqué le marché de l’art en 2019

Engagée, surprenante, performante, internationale, encourageante, controversée, belle, comment résumer cette année ? Voici les 10 faits qui ont marqué le marché de l’art contemporain en 2019.

1. La FIAC bat son record d’entrées

Installation de Yayoi Kusama pour la FIAC Hors les Murs 2019

En 2017, la FIAC, la Foire Internationale d’Art Contemporain, enregistrait pas moins de 73 910 entrées en cinq jours contre 72 500 en 2018. Néanmoins, c’est cette 46ème édition qui a battu le record d’entrées avec un total de 74 580 visiteurs. Malgré les rumeurs d’un marché de l’art français qui va mal, Jennifer Flay, présidente de la FIAC a constaté « une attractivité accrue » de la place de Paris sur un marché dominé par New York, Londres et Hong Kong. Pour la FIAC 2019, 199 galeries de 28 pays ont été exposées au Grand Palais, dont une galerie iranienne et une galerie d’Afrique sub-saharienne pour la première fois. 

2. La pyramide du Louvre disparaît sous les mains expertes du street artiste JR

JR, Le secret de la Pyramide

En mars dernier, à l’occasion des 30 ans de la Pyramide du Louvre, Jean-René aka JR la révélait sous un nouveau jour dans un incroyable trompe l’oeil intitulé “Le secret de la grande pyramide”. 

En 2016, le street-artiste français faisait disparaître le monument de verre. Cette fois-ci, il choisi d’en révéler le secret; ses fondations, enfouies depuis des millénaires. Pour ce faire, il a conçu un gigantesque collage photographique (son plus grand à ce jour). La totalité de la cour de Napoléon a été recouverte, y compris les bassins et les Pyramidions. Un travail titanesque auquel se sont consacrés 400 bénévoles, qui pendant trois jours, se sont appliqués à couper, placer et coller 2000 bandes de papiers, créant cette oeuvre participative monumentale. 

3. Une oeuvre de Banksy vendu à 11,1 millions d’euros

Banksy, Devolved Parliament

Adjugée, vendue ! Le 3 Octobre 2019, La toile Devolved Parliament de Banksy a été cédée pour la modique somme de 11,1 millions d’euros. L’identité de l’acquéreur de l’immense peinture dystopique de 2m50 par 4m2 n’a pas été divulguée à ce jour. Orchestrée par Sotheby’s (Londres), cette vente est doublement controversée. Dans un premier temps à cause du statut de l’auteur. Banksy est un street-artiste, de ce fait son travail, son art, devrait être gratuit et accessible à tous. Tel est le leitmotiv des artistes de rues. Que son oeuvre soit vendue plusieurs millions est inconcevable pour nombreux de ses confrères. Dans un second temps, dans le contexte actuel du Brexit, ce tableau est très engagé. En effet, celui-ci représente le Parlement britannique occupé par des chimpanzés. Cette métaphore cynique n’a pas été appréciée de tous. 

4. Le débat autour du Bouquet de Jeff Koons

Jeff Koons, Bouquet of Tulips

2019 est aussi l’année des débats dans le milieu de l’art contemporain. Parmi eux, celui de l’installation gigantesque de Jeff Koons à quelques mètres du Grand Palais. En effet, le 4 octobre 2019 était inauguré en grande pompe Le Bouquet de Tulipes de l’artiste et businessman Jeff Koons. 

Offertes à la ville de Paris en mémoire des victimes des attentats du Bataclan, ces fleurs colorées de plus de 11 mètres ont semé la discorde. Tout d’abord par leur prix, 3,5 millions d’euros, non pas payés par la ville, mais par des mécènes. C’est pourtant ce qui a irrité les parisiens car ‘ces généreux dons’ ont bénéficié d’une réduction d’impôts de 60%. En outre, afin de montrer leur mécontentement des personnalités de l’art et de la culture tels que Christian Boltanski et Frédéric Mitterrand ont signé une tribune intitulée Non au “cadeau” de Jeff Koons. Finalement, le bouquet est en place et les avis toujours très tranchés.

5. La méga-galerie David Zwirner s’installe à Paris

Gallerie David Zwirner à Paris

Le 16 octobre dernier, profitant de l’agitation artistique de la FIAC 2019, la méga-galerie new yorkaise David Zwirner a ouvert ses portes au coeur du Marais. Elle possédait déjà des antennes à Londres, Hong Kong et dans la Big Apple bien évidemment. Dorénavant, elle est aussi présente au 108 rue Vieille du Temple, Paris 3ème. Ce lieux mythique a accueilli l’ancienne galerie Yvon Lambert puis de 2015 à mi-2019 la galerie VNH. 

Dans le contexte du Brexit, l’installation de David Zwirner à Paris a conforté grand nombre de ses confrères londoniens à faire de même. Beaucoup cherchent désormais un pied à terre dans la capitale pour contourner les importantes taxes à l’importation en vigueur dans l’Union européenne. Une bonne nouvelle pour le marché de l’art français !

6. Tendances du marché : l’art féminin, l’art africain et le street art

Moustapha Baïdi Oumarou – Les femmes qui nous entourent – 2018

Le marché de l’art contemporain est en constante évolution et s’en est là, l’un de ses attraits. Cette année, quelques tendances se sont faites remarquer dans le milieu de l’art. 

La première, l’art féminin et l’égalité des genres. Ultra-dominé par les hommes, le marché de l’art s’ouvre à la parité. En témoigne le succès de plusieurs plasticiennes telles que Jenny Saville, Julie Mehretu, Yayoi Kusama , Rachel Whiteread, Carole Feuerman , Sophie Calle, Charlotte Falcini ou encore Satr.  Seconde tendance, l’art d’Afrique. Ce n’est pas pour rien si la foire Also Known As Africa (AKAA) a cette année été une superbe réussite. Les regards du monde sont tournés vers cet art émergent. Troisième et dernière tendance, le street art. Cela fait maintenant plusieurs années que l’art urbain jaillit sur les murs des capitales du monde et les toiles des artistes. Pour ne citer que les plus célèbres, Banksy, Shepard Fairey (Obey), M. Chat, JonOne, L’Atlas, JR, Miss Tic, s’arrachent auprès des collectionneurs. 

7. Nouveau record : l’oeuvre la plus chère au monde

Jeff Koon, Rabbit

Le mercredi 15 mai 2019, la sculpture Rabbit de Jeff Koons a été adjugée à 91 millions de dollars, une record pour un artiste vivant.  La vente aux enchères était organisée par la maison Christie’s à New York. En 2013, l’artiste et businessman obtient le record de vente pour un artiste vivant avec son Balloon Dog (Orange), vendu 58,4 millions de dollars. Cependant, en novembre dernier, il s’était vu détrôné par le tableau Pool with Two Figures de David Hockney (90,3 millions de dollars). Finalement, le plasticien américain a récupéré son titre grâce à la vente de Rabbit pour 91 075 000 dollars précisément, faisant de cette oeuvre la plus chère au monde. De quoi continuer à alimenter les débats qui gravitent autour de cet artiste controversé.

8. Le Louvre célèbre Léonard de Vinci

Exposition Léonard de Vinci au Louvre

Pour le 500ème anniversaire de sa mort, le Louvre rend hommage au génie créatif de Léonard de Vinci. La rétrospective du peintre le plus célèbre du monde rassemble 5 tableaux (la Vierge aux rochers, la Belle Ferronnière, la Joconde, le Saint Jean Baptiste et la Sainte Anne), 22 dessins (dont l’Homme de Vitruve) et près de 140 oeuvres issues des plus prestigieuses institutions européennes et américaines. Pour autant, il n’a pas été simple de faire voyager ces oeuvres, vieilles de plusieurs centaines d’années et fragilisées par le temps. Preuve du très beau travail des commissaires priseurs Vincent Delieuvin et Louis Frank, 220 000 billets étaient vendus avant même le début de l’exposition, le 24 octobre.  

9. L’environnement au coeur des inspirations artistiques

Portrait de Greta Thunberg à Bristol

Avec les enjeux environnementaux actuels, les politiciens, les institutions mais aussi les artistes s’engagent. Pour son exposition Les tigres de demain, Sotheby’s a rassemblé dix artistes contemporains de renommée internationale, dont Anish Kapoor. La finalité de cet évènement était de sensibiliser les visiteurs à la destruction alarmante de la biodiversité mondiale. Du même acabit, une seconde opération a été menée devant le Tate Modern. L’installation Ice Watch réalisée par les artistes Olafur Eliasson et Minik Rosing (fin 2018) représentait 24 blocs de glaces réelle . Ils souhaitaient, grâce à une mise en contact directe avec le problème (fonte des banquises), sensibiliser le grand public aux changements climatiques. Enfin, on voit apparaître un peu partout des portraits de Greta Thunberg, bombés, peints ou collés sur les murs en signe de soutien. Les artistes sont plus que jamais les portes paroles de notre société. 

10. Technologies : Réseaux Sociaux, Intelligence Artificielle et AR-t

Photo de l’Immersive Art Festival 2019, Atelier des Lumières, Paris

La mondialisation de l’art et la croissance exponentielle des internautes ont rendu les réseaux sociaux de plus en plus légitimes dans le rôle de galerie digitale. Aujourd’hui, ils influencent les goûts des collectionneurs, notamment les Millennials et la Génération Z, chez qui l’utilisation des médias digitaux est quasi systématique. D’après une étude de Hiscox menée en 2019, 40% des acheteurs d’art de moins de 35 ans achètent sur Internet, contre 36% en 2009. Sur la même lancée technologique, des institutions telles que le Centre Barbican (Londres) ou le Centquatre (Paris) explorent l’Intelligence Artificielle en organisant régulièrement des expositions sur la relation entre l’Humain et l’IA. L’année 2019 voit aussi se développer l’AR-t (pour Augmented Reality). Il est dorénavant possible de visiter des musées depuis sa chaise de bureau ou d’apercevoir une oeuvre de Nick Cave sur le haut d’un gratte-ciel en se promenant dans le rues de New York.

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