10 photographes à suivre

Romy Alizée par ©Marie Rouge

Zoom sur les pixels de demain à travers 9 talents dont la griffe présage de beaux jours pour la photographie. Avec pour habitude de promouvoir les artistes de la nouvelle vague, Artsper sélectionne aujourd’hui la fine fleur du huitième art.

#1 JACK DAVISON

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© Jack Davison

Éclipsé de la scène médiatique française, Jack Davison jouit d’une renommée outre-Atlantique suite à une série de portraits de 26 Etats américains. Par une utilisation acérée du monochrome, le jeune britannique, dévoile une esthétique ciselée où minimalisme et élégance coopèrent. Il a d’ailleurs l’habitude de jouer un combat pictural de l’ombre contre la lumière, où guettent les ombres de Man Ray, Alfred Stieglitz et de l’expressionnisme allemand.

#2 PAUL ROUSTEAU

 © Paul Rousteau

Couronné par le Festival international de mode et de photographie de Hyères, Paul Rousteau, auto-baptisé « peintre oisif », dissout le médium photographique sous fond de camaïeux oniriques.
De Libération aux Inrocks en passant par Télérama… sa touche picturale s’infiltre jusqu’à la galerie d’Agnès B et filtre aussi les visages iconiques de Pierre Niney, Fanny Ardant… sous un régime non représentatif mais « impressionniste » dans la lignée d’un Soleil levant au sens où la sensation prime sur l’identification du réel.

#3 MARIE ROUGE

©Marie Rouge

Jeune photographe de la nuit parisienne, Marie Rouge est l’insaisissable esthète du XXIème siècle. Entre deux reportages pour le journal Libération, elle recueille avec délicatesse les visages forts de la nouvelle scène artistique et intellectuelle. Esthétique léchée, mise en scène parfois à la limite du Kitsch, les photos de Marie Rouge sont une ode à ses modèles, aux beautés hors normes et à la couleur. Portraitiste de Christine and the Queens, Jean-Paul Gaultier, JD Samson… elle collabore également avec Romy Alizée (cf #5).

Son univers rétro, romantique et acidulé, se présente comme l’avant-garde de l’univers visuel des années à venir.

#4 LIAT ELBLING

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© Liat Elbling

Liat Elbling ou l’invitation à un triple jeu : jouer avec les canons de la photographie, l’illusion du réel et l’aspect bidimensionnel du 8ème art. Les frontières graphiques sont déjouées sous l’empreinte de l’artiste israélienne qui s’applique à nous brouiller avec la réalité mais sûrement pas avec le sentiment esthétique saisi par une construction à l’interstice d’un art minimaliste et éthéré.

#5 ROMY ALIZÉE

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© Romy Alizée

Modèle pour quelques grands noms de la photographie, Romy façonne aujourd’hui une vision de la capture d’image antique sans ambages. Orientant son objectif vers des compositions dénuées de normes classiques, guidée par le culte de la pluralité des corps et par la rupture avec la dichotomie des sexes, la jeune électron libre insuffle un engagement féministe à faire pâlir les réfractaires.

#6 SOPHIE GREEN

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©  Sophie Green

Sophie Green ou l’art de l’inframince (à la limite du perceptible). En juxtaposant deux images tranchantes, la jeune Londonienne compose une narration en liant deux éléments associés par une couleur, une texture, une ligne de fuite… Comme deux univers qui se renvoient la balle, les associations se font écho sur une subtilité intuitive. C’est sur ce jeu des correspondances que Sophie Green extrait les nuances de la société, du salon de coiffure afro à une course de banger, aucun champ social ne passe à la trappe de son œil transversal.

#7 Otto Zinsou

Photographes à suivre
Otto Zinsou, After #3 – Station Terminus, La Station Gare des Mines, Paris, Mars 2018

Jeune photographe autodidacte, étudiant de l’EHESS et mannequin à ses heures, Otto Zinsou est un individu au croisement des enjeux artistiques et sociaux de notre siècle. Figure désormais incontournable du récit en image des milieux underground parisiens, il incarne le retour esthétique de la nouvelle vague artistique aux classiques de la photographie.

Dolce Vita et nostalgie de l’innocence, il choisit de photographier une jeunesse frénétique et ennuyée dans des clichés tendres, témoin attentif des beautés éphémères de la nuit. Il ne faut pas s’y tromper : ses compositions à fleur de peau semblent naître naturellement de la houle des âmes agitées, mais ce photographe acharné peut travailler avec ses modèles pendant des semaines avant d’obtenir le cliché recherché.

#8 Lola Khalfa

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© Lola Khalfa

Des visages au détour de venelles, la ferveur des liens derrière les vestiges… l’identité (de la nation et de l’individu) est l’objet d’étude de cette jeune photographe. En toile de fond, l’Algérie infiltrée par un double trouble, celui des conflits et du flou pictural. Sous la lumière du sud, surgit un sentiment viscéral, celui de la terre et de la chair qui relie l’artiste à ce même rapport sacré qu’entretenait Albert Camus avec sa patrie.

#9 Yayoshka Porché

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 © Yayoshka Porché

Les images argentiques de Yayoshka Porché tout droit sorties du Berlin des années 1970 sont la narration sans détour d’une bohème éperdue,  la danse des corps et des genres rythmée par des clichés tantôt monochromes, tantôt aux couleurs d’un charme révolu.

Initiée par son frère, Léonard Porché, à la complexité des vieux appareils argentiques, cette photographe autodidacte propose des clichés crus en noir et blanc à la limite de l’abstraction, tel que la présence du modèle envahit l’espace sans laisser de place à la distraction des larges compositions. Ses modèles  androgynes parlent de l’affranchissement du genre et d’une redéfinition de la liberté sexuelle. Des visages découpés dans la lumière, des scènes poétiques où se dessine une réelle douceur de vivre, c’est avec un raffinement sublime que cette jeune photographe s’impose dans notre top 10 des photographes à suivre.

#10 LUIS ALBERTO RODRIGUEZ

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 © Luis Alberto Rodriguez

Agenceur de formes hybrides, l’artiste originaire de la Grosse Pomme, façonne une figure réconciliant les oppositions propres à la mythologie : Dionysos (le règne du désordre) et Apollon (l’harmonie), monstruosité et gracilité, imaginaire et réalisme.
Enroulé  sous des drapés fastueux, L-A Rodriguez met à mal le corps, et au-delà, la figure mythifiée du corps voilé. Hissant l’harmonie des formes et des couleurs au rang de l’engagement, le photographe désarticule les stéréotypes en déshabillant l’être de son caractère univoque.

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