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Les 8 sculptures les plus célèbres d'Alberto Giacometti
Inspirez-vous 16 Mai 2022

Les 8 sculptures les plus célèbres d'Alberto Giacometti

Alberto Giacometti à Paris
Alberto Giacometti dans son atelier à Paris © Institut Giacometti

Alberto Giacometti s’est imposé comme l’une des figures majeures de la sculpture moderne de l’après-guerre. Son art ne s’arrêtait pas à la technique du modelage, car il s’exprimait également par la peinture figurative et par le dessin. Fasciné par le thème de la figure humaine, la carrière de l’artiste ne cesse d’évoluer au fil de ses rencontres avec les artistes de l’avant-garde et autres intellectuels influents de l’époque. Cependant, son style reste reconnaissable entre mille : personnages filiformes, en mouvement et souvent enfermés dans un espace délimité qui fait écho à son travail autour de l’échelle. La majeure partie de son œuvre sera d’ailleurs confectionnée dans son minuscule atelier du quartier parisien de Montparnasse, un important berceau artistique. Aujourd’hui, l’équipe Artsper a établi rien que pour vous la liste des 8 sculptures les plus célèbres d’Alberto Giacometti. Le temps d’une courte lecture, passons en revue la carrière iconique de l’artiste suisse !

1. Femme cuillère (1927)

Œuvre d'Alberto Giacometti inspirée par l'art traditionnel africain
Femme cuillère, 1927 © Fondation Giacometti

C’est en 1927 que Femme cuillère est modelée. Elle naît de la fascination d’Alberto Giacometti pour l’art traditionnel africain. Durant ses jeunes années, l’artiste se passionne également pour la sculpture grecque antique et le cubisme. Cette œuvre culte en plâtre est inspirée d’une cuillère cérémoniale d’Afrique de l’Ouest. Femme Cuillère s’inscrit dans le style épuré du jeune Giacometti. Tout juste installé à Paris avec son frère Diego, lui-même designer, il s’essaie à une sculpture influencée par ses lectures et ses visites des musées parisiens, où il découvre les arts extra-occidentaux. 

2. Objet désagréable (1931)

Objet désagréable, sculpture surréaliste signée Alberto Giacometti
Objet désagréable, 1961 © Fondation Giacometti

Intitulée Objet désagréable, cette sculpture est d’abord conçue en plâtre, puis traduite en bois, et enfin coulée en bronze en 1961. Cette dernière technique sera d’ailleurs celle qu’Alberto Giacometti privilégiera tout au long de sa carrière. La particularité de cette œuvre réside dans sa parfaite retranscription de la période surréaliste de l’artiste. Tenant sur son flanc et non sur un socle, son érotisme et sa double lecture d’objet/œuvre créent le malaise et lui valent le titre de la sculpture surréaliste par excellence. 




3. Le Nez (1947)

Portrait de Giacometti dans son atelier
Portrait de l’artiste dans son atelier, Le Nez est au sol, 1947 © Photographe anonyme

Suite à son exclusion du groupe surréaliste par André Breton en 1935 en raison de son retour à la figuration et au modèle, Alberto Giacometti se passionne pour l’étude de l’essence humaine. Sensible à la philosophie, il s’entoure de penseurs, notamment de Jean-Paul Sartre, figure emblématique de l’existentialisme. Dans la conception de cette œuvre énigmatique et cauchemardesque intitulée Le Nez, l’artiste explore avec acharnement les notions centrales d’échelle, de proportions et de distance, et revient à l’utilisation de la cage, qu’il travaillait à l’époque surréaliste. 

4. L’homme au doigt (1947)

L'homme au doigt de Giacometti
L’homme au doigt, 1947 © Carlo Allegri

Avec L’homme au doigt, Giacometti réalise l’exploit : celui de retranscrire le mouvement dans l’immobilité. Le signe s’invite dans une pièce iconique, faisant écho aux recherches de l’artiste autour de la phénoménologie. En 2015, la sculpture se vend pour 141 millions de dollars chez Christie’s à New York, ce qui fait d’elle la sculpture la plus chère du monde aux enchères. Elle est considérée comme l’une des pièces les plus emblématiques de Giacometti, d’autant plus qu’elle est l’un des rares bronzes à avoir été peints à la main par l’artiste. 

5. La Place I (1948)

La Place I, sculpture datant de 1948
La Place I, 1948 © Fondation Giacometti

La première version de La Place voit le jour en 1948, alors que Giacometti retrouve l’effervescence de Paris à la libération et se heurte au tourbillon de l’après-guerre. La Place I est sa première sculpture représentant plusieurs personnages depuis son retour à Paris en septembre 1945, après un long séjour en Suisse. Le socle épais et solide de la sculpture tranche avec la maigreur et la fragilité des créatures. Espacées sans pour autant être isolées, elles semblent errer sans but, abruties par la mélancolie.  

6. Le Chariot (1950)

The Chariot
Le Chariot, 1950 © Deodato Art

Sculpteur phare du 20ème siècle, Alberto Giacometti signe un coup de maître en 1950 avec Le Chariot. Ce bronze peint représente une silhouette féminine filamentaire à l’allure divine, se tenant droit comme un piquet sur un chariot surélevé par deux pieds en bois. Mystérieuse, cette pièce questionne le spectateur ; le personnage tient-il en équilibre ? Avance-t-il ? Recule-t-il ? Explorant les notions de mouvement et de stase, Le Chariot permet à Giacometti d’observer une silhouette qui se détache du sol, et donc d’en effectuer une lecture des plus pures.




7. Le Chien (1951)

Le Chien, Alberto Giacometti
Le Chien, 1951 © Medium

Giacometti a dit un jour : « Ce qui m’intéresse, c’est la ressemblance, c’est-à-dire ce qui pour moi est la ressemblance : ce qui me fait découvrir un peu le monde extérieur ». C’est en observant ce monde qui l’entoure et en portant une attention toute particulière aux émotions qui lui parviennent sur le moment que l’artiste développe ses pièces. Le chien de Giacometti, à la silhouette carbonisée et à l’ossature de métal, rappelle la fragilité de l’humain, et la place que prend la solitude dans la vie de chacun. À la fois brute et touchante, cette sculpture culte rappelle le monde extérieur, où la misère côtoie la beauté, et où les pattes abîmées d’un chien errant forment un cœur pour celui qui veut bien le voir…

8. L’homme qui marche (1960)

Alberto Giacometti dans l’atelier, 1959
Alberto Giacometti dans l’atelier, 1959 © Ernst Scheidegger, Fondation Giacometti

Comment parler des sculptures les plus célèbres d’Alberto Giacometti sans citer son chef-d’œuvre ultime,  L’homme qui marche ? Cette pièce s’inscrit dans la filiation de Rodin, qui assemble en 1900 les jambes du Saint Jean-Baptiste et un torse majestueux. À l’inverse, la figure de Giacometti est filiforme, et apparaît comme une ombre. Sa silhouette raide prend de l’élan pour effectuer une avancée pénible. Cependant, ses pieds surdimensionnés l’ancrent dans un socle épais qui fait office de sol et qui assure sa stabilité. L’homme qui marche, à l’origine une Femme qui marche, est largement inspirée de la statuaire égyptienne. Pourtant, elle marque les esprits par sa nature intemporelle. Avec cette œuvre, l’artiste tente à nouveau de répondre à cette question obsédante : comment représenter le mouvement dans l’immobilité absolue ? 

Pour conclure…

Cette liste non exhaustive des sculptures les plus célèbres d’Alberto Giacometti offre un bel aperçu de l’œuvre majeure de l’artiste suisse. Son impact sur la sculpture moderne du 20ème siècle est indéniable, tant il inspira ses contemporains. Plus que ses pièces, ce sont ses réflexions nourries par son implication dans les cercles intellectuels parisiens de l’après-guerre qui ont marqué l’histoire de l’art. Il serait donc incorrect de réduire la carrière de Giacometti à celle d’un sculpteur ! En effet, le dessin et la peinture occupèrent une place de choix dans sa production, ces techniques étant indissociables de la sculpture selon l’artiste. Alors, envie de découvrir les œuvres d’Alberto Giacometti sur Artsper ?




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