Zoom sur un photographe majeur: Cindy Sherman

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A l’occasion du Mois de la Photo, Artsper revient sur les photographes qui ont marqué l’histoire. Focus sur l’américaine Cindy Scherman. Photographe, metteur en scène, modèle, actrice, où tout à la fois ?

 

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«  Mes photographies ne racontent pas d’histoires particulières, mais des personnages »

Des personnages. Elle toujours, au centre, d’abord héroïne de films hitchcockiens dans des décors de films des années 50, puis véritable lexique des stéréotypes de la féminité, monstre affublée de prothèses dérangeantes, aux sourires forcés, aux couleurs criardes de films de science-fiction, ou encore portraiturée en femme de la haute société. L’œuvre de Cindy Scherman est certes plurielle, mais d’une cohérence déconcertante.

 

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Née en 1954 dans le New Jersey,  elle étudie la peinture au State University College de Buffalo, avant de se tourner vers la photographie quand elle découvre les documents qui enregistrent les performances de l’art conceptuel. Dans ses  premières séries des années 70, Untitled Films Still, Cindy Sherman imite les photographies de plateau du cinéma hollywoodien des années 1950. De ces images photographiques, elle tire des compositions léchées, de petits formats, en noir et blanc.

Elle délaisse peu à peu le roman-photo pour travailler sur les métamorphoses subies par son propre corps, grimé et grotesque, affublé de prothèses apparentes et dérangeantes. Des œuvres aux coloris outrés, qui évoquent des images digitales saturées. Peu à peu, ses photographies font exploser les frontières entre les mediums, se rapprochant à la fois de la peinture, la sculpture, la performance et même le collage. Le travail de Scherman est multifacettes, à l’image de ses nombreux accoutrements.

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A partir du milieu des années 90, son image disparait au profit de mannequins désarticulés aux positions obscènes. Elle revient dans les années 2000 à son outil préféré, elle-même, poussant toujours plus loin la réflexion sur l’identité. Le spectateur a le choix de faire vivre les personnages qu’elle incarne, et d’en compléter l’histoire. Dans un univers carnavalesque, effrayant, perturbant,  ou à contrario, par trop froid et lisse, Scherman, bien qu’apparaissant dans toutes ses photographies, ne tombe jamais dans l’écueil du simple autoportrait, et creuse de plus en plus les problématiques qu’elle avait lancées dans les années 70.

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Véritable démiurge, à la fois actrice et metteur en scène, seule à apparaitre dans ses œuvres, elle examine les conditions du genre féminin/masculin dictées par nos sociétés contemporaines. La réflexion de Sherman s’articule sur l’éclatement et la dilution des identités, et surtout sur le rôle de la photographie dans cet effondrement.

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Dans les années 2000, surfant sur le boum économique de la photographie contemporaine, elle réalise sa première enchère millionnaire. En mai 2011, la photographie Untitled #96 est adjugée pour presque 3m€ chez Christie’s, établissant un nouveau record mondial après le tirage de 99 Cents d’Andreas Gursky. Consécration, elle expose en 2012 au MoMA, qui la définit comme « pierre angulaire de la photographie postmoderne ». Enfin, selon le rapport Artprice 2012/2013, Cindy Scherman est la 35e artiste contemporaine la plus chère du monde, avec un total de 4,927,261€ pour 90 lots vendus en 2012/2013, et une enchère à 500,695€. Elle est aujourd’hui représentée par la galerie Gagosian. 

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