Tout comprendre sur les éditions


Le terme « édition » cache de nombreuses techniques: Lithographie, Sérigraphie, Gravure et Impression digitale. Ces types d’impression ont toutes un procédé différent souvent difficile à comprendre. Il est temps de lever le voile sur leurs aspects techniques mais également de mettre en lumière les divers critères à prendre en compte lors de l’achat d’une édition.

 

Les différents types d’éditions

 

La gravure sur bois est la technique d’impression la plus ancienne, datant du XIVe siècle. Au XVIIe siècle se développe deux techniques: les procédés en relief et les procédés en creux. Elle se réalise sur trois supports majeurs: le bois, la pierre et le cuivre. Lorsqu’il s’agit d’une gravure sur pierre, on parle plus couramment de lithographie. Pour les techniques sur bois et sur cuivre, il s’agit de graver un dessin à l’aide de différents outils tels que la pointe aiguisée, la pointe sèche ou le burin selon le rendu que l’on veut obtenir et le support utilisé. On verse ensuite l’encre dans les parties gravées ou les parties en relief, ce qui permet de faire apparaître le dessin une fois passé sous presse.

Nathalie GRALL – Artsper

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 Valse-Corolle, Nathalie Grall

Il s’agit d’un procédé d’impression à plat. L’artiste dessine au crayon ou à l’encre grasse sur une pierre calcaire. Il faut alors la recouvrir d’une préparation chimique, solution de gomme arabique légèrement diluée d’acide nitrique. Celle-ci permet de fixer l’encre ou le crayon sur la partie dessinée uniquement. Le principe est donc fondé sur l’incompatibilité d’un corps gras et d’un corps acide. Le tirage est le résultat de l’action du rouleau en caoutchouc passé sur la pierre mouillée permettant d’y déposer les parties dessinées au crayon/encre. Une fois que la pierre est assez encrée, on dépose le papier et le passe sous presse.

Il existe trois techniques différentes qui permettent par la suite d’ajouter de la couleurs: le grainage avec l’utilisation d’une pierre en zinc ou aluminium grainée avec du sablon; le faux-tirage où il s’agit d’un jeu de hachures pour délimiter la couleur qui est transféré sur les plaques de zinc; et l’impression de l’affiche en quatre couleurs qui est un système de superposition de couleurs permettant une grande variété de tons.

Ce procédé de la fin du XVIIIème siècle connaît un regain d’intérêt grâce aux évolutions techniques et aux artistes du Pop Art tel que Andy Warhol.

René MAGRITTE – Artsper

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 Le Beau Monde, René Magritte

 

La sérigraphie est un procédé d’impression souvent considéré comme une technique de pochoir. Il s’agit de positionner sur un écran, un film, qui a pour rôle de bloquer les rayons ultraviolets aux endroits où l’on souhaite que l’encre traverse les mailles du tissu. Cette dernière action est faite à l’aide d’outils comprenant la racle et autres contre-racles, puis l’encre peut alors être déposée sur le support à imprimer. Le support est alors introduit dans la machine sérigraphie qui permet de le fixer.

Procédé très flexible, il permet d’imprimer de nombreux supports divers et variés et de varier le dépôt d’encre par l’utilisation de mailles d’écran plus ou moins fines. Le résultat en est des éditions aux couleurs intenses qui durent dans le temps et une bonne opacité.

Ce procédé simple d’utilisation et de qualité reste la technique la plus attrayante sur la scène artistique contemporaine.

ERRO – Artsper

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 Avoir un Moyen, Erró

 

Ce nouveau procédé est une technique de marquage consistant à pulvériser des micro-gouttes d’encre pigmentée sur un support. Il permet d’éviter toutes les étapes intermédiaires à l’origine d’erreurs et de raccourcir les délais d’édition.

Nicolas OBERY – Artsper

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 Dali Records, Nicolas Obery

 

Nos conseils pour collectionner des éditions

 

L’achat d’édition sur internet doit répondre à de nombreuses précautions suite à l’explosion des copies et autres faux. La transparence et la présence de nombreuses informations permettent de donner une meilleure protection lors de votre achat.

 

Lorsque l’on parle d’estampe, il s’agit d’une image imprimée qui est théoriquement multipliable à l’identique à partir des différentes techniques d’impression: lithographie, sérigraphie ou gravure.

 

Conseil n°1:

Il faut observer l’oeuvre et repérer la présence d’inscription. Les initiales BAT (Bon à Tirer) correspondent au premier exemplaire dont l’artiste est satisfait. Les autres exemplaires sont ensuite numérotés sur le nombre total d’épreuves tirées. Il existe également l’inscription EA (Épreuve d’Artiste), qui correspondent aux mises au point faites par l’artiste, elle sont donc toutes différentes les unes des autres et ne sont pas nécessairement numérotées; et HC (Hors commerce) qui sont exclusivement réservées au graveur et imprimeur.

 

Conseil n°2:

 

Le nombre d’exemplaire tirés et l’implication de l’artiste lors de la conception et de la réalisation de l’édition sont des éléments essentiels à prendre en compte dans l’estimation d’une édition. Selon la définition stricte d’ « édition originale », le tirage est numéroté sur 8 + 4. Cependant, ce chiffre est rarement respecté par les artistes et professionnels qui le considèrent bien trop restrictif.

 

Conseil n°3:

Pour les artistes quelque peu célèbres, il est facile de demander une indication précise du numéro de catalogue raisonné et ainsi de vérifier l’existence de l’édition et de son numéro. Pour les jeunes artistes contemporains, un faux ou une reproduction ne seraient pas rentables donc le risque d’en acheter est pratiquement nul.

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2 Commentaires


Eric barbette

Publié le 14 août 2016, 18h07

Signature au crayon?signature imprimée? Quel est l’enjeu? « Signature sur la planche » signifie -t-il forcément signature imprimée?
Cordialement,
Rx

GIANGRECO JEAN CLAUDE

Publié le 14 août 2016, 15h19

Les explications sur les éditions sont très intéressantes et instructives, merci à toute l’ équipe d’ ARTSPER.
Cordialement
GIANGRECO jc Artiste Peintre Sculpteur ( ARTSPER)

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