Street art dans le monde : Bogotá

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Le street art en Amérique latine est une affaire prise très au sérieux et nombreuses sont les villes du continent qui ont vu leurs murs se recouvrir de peinture. Après Fanzara et Valparaíso, Artsper vous emmène à Bogotá où le street art fait encore polémique dans cette mégalopole de sept millions d’habitants.

 

Artiste anonyme dans le quartier colonial, la Candelaria

 

Le street art a récemment obtenu ses lettres de noblesse dans la capitale colombienne. Malheureusement c’est la mort d’un jeune street artiste de seize ans qui  en a été la cause. Il s’est fait abattre en 2011 d’une balle dans le dos par la police alors qu’il tentait de s’enfuir. Sa mort a suscité beaucoup d’émotion et fait changer le statut du graffiti dans la capitale colombienne, passant d’acte de vandalisme à attraction touristique. L’institut national des arts et la mairie de Bogotá ont même alloué en juillet dernier cinq grands ensembles muraux pour  permettre aux artistes urbains de s’exprimer.

Néanmoins la population s’est indignée à nouveau lorsque la jeune star canadienne Justin Bieber a décidé de déposer plusieurs graffitis dans le centre-ville à la sortie d’un de ces concerts, cette fois en toute légalité et protégé par les forces de police.

C’est donc toujours dans un climat tendu que les street artistes de Bogotá exercent leur art. Sur les murs de la ville, trois thèmes récurrents se distinguent : la dénonciation politique ou sociale par le biais d’un visage ou icône symbolique, le rapport aux racines ancestrales et enfin l’intérêt pour la nature.

 

UN VISAGE POUR DÉNONCER

Beaucoup de street artistes passent par le biais d’icônes ou de visages marquants pour délivrer un message ou exprimer une opinion. La prédominance de la représentation humaine sur les murs de la ville se distingue très rapidement pour celui qui y prête attention. Les formes, les techniques et les couleurs sont diverses mais la représentation humaine reste l’un des thèmes les plus récurrents. Ils sont parfois produits d’une réelle expression personnelle de l’artiste, sans désir quelconque d’imitation. Mais dans d’autres, ils sont empreints d’une lourde symbolique, emblèmes d’une identité sociale, un mouvement culturel ou une position politique.

Stinkfish dans le quartier du Centro – Copyright © Daniel Garzón Herazo

 

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Cacerolo dans le quartier Rionegro

 

 

HISTOIRE ET RACINES ANCESTRALES

Les racines indiennes sont fortement ancrées dans les mémoires de par leur importance historique. Nombreuses croyances, coutumes et traditions ont été transmises aux nouvelles générations et adaptées à la société contemporaine. Le sentiment et le besoin de savoir d’où l’on vient sont tout particulièrement essentiels aux yeux d’un artiste et c’est donc sans surprise qu’ils déclinent par la forme, les motifs et les sujets, des allusions et hommages à leurs ancêtres indiens.

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Julian O dans le quartier de la Candelaria

Ske dans le quartier Galicia

 

 

PRÉCIEUSE NATURE

La nature est un thème récurrent pour les artistes de la capitale, qui voient en elle un bien précieux que chacun se doit de protéger. Comme un message également important à faire passer aux générations futures, elle vient donc s’inviter sur les murs de la ville afin de défendre sa place et son importance. Contrairement à des a priori parfois trompeurs, ce n’est pas parce que le street art évolue par définition dans le monde urbain qu’il s’agit d’un mouvement insensible à la beauté et à la diversité de la vie non humaine.

Sabor dans le quartier La Soledad

 

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Ericailcane dans le quartier Santa Fe
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