Quand le nu fait scandale dans l’art

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Eternelle source d’inspiration dans l’art occidental, le nu a toujours été un moyen de représenter des idéaux de beauté. Cependant, parfois le public retrouve dans le nu un caractère trop érotique, ce qui ne manque pas de le scandaliser… Voici les quelques oeuvres qui ont fait l’objet des plus vifs outrages à la pudeur !  

 

Olympia d’Edouard Manet

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Refusée au Salon de 1863, lorsque cette oeuvre est exposée en 1865, elle scandalise le public ! Alors qu’a l’époque, le nu féminin est cantonné à des scènes ou des nymphes ou autres créatures mythologiques sont surprises dévêtues, Manet représente une femme qui assume totalement sa nudité. Son regard tourné vers le spectateur en est la preuve ! De plus, d’autres éléments de la peinture suggèrent que Olympia est une courtisane : sa position lascive, le bouquet qu’on soupçonne être le cadeau d’un prétendant, le chat noir à la queue levée.

 

L’Origine du Monde de Gustave Courbet

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Ce nu féminin réalisé en 1866 par Gustave Courbet n’a été exposé pour la première fois qu’en 1991 ! Entre temps, il a parcouru les salons de collectionneurs de tableaux érotiques, et fait séjour dans l’appartement du diplomate turc Khalil-Bey ainsi que celui du psychanalyste Jacques Lacan. Ce tableau qui révèle de près le sexe féminin et dans lequel on aperçoit à peine le reste du corps du modèle (ni la tête ni les jambes) ne cesse aujourd’hui de susciter le débat. En 2015, Facebook censurait encore l’image. On peut tout de même l’admirer au Musée d’Orsay.

 

Nu couché de Amedeo Modigliani

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La deuxième toile la plus chère jamais vendue aux enchères, Nu couché est une des oeuvres majeurs de l’artistes italien Amedeo Modigliani. Peinte en 1917-18, elle provoque un grand scandale quand la galerie parisienne Berthe Weill décide de l’exposer. Dès le lendemain du vernissage, ce tableau et d’autres sont décrochés par la police pour outrage à la pudeur. Les raisons de cette censure évoquées sont la présence de poils pubiens… Un siècle plus tard, cette toile en dérange toujours plus d’un – en annonçant la vente record à $170,4 millions, certains médias anglo-saxons, dont Bloomberg et Financial Times, la censurent !

 

La série Great American Nude de Tom Wesselmann

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L’artiste de Pop Art américain Tom Wesselmann a peint le corps comme objet. Sa série de nus féminins très stylisés Great American Nude combine des images de la culture populaire américaine à des couleurs primaires et audacieuses. Ce qui choque dans son travail est sa manière de découper les corps et d’ainsi leur accorder la même importance qu’un paquet de Marlboro ou une bouteille de Coca-Cola. Il n’aimait pas qu’on le considère comme un pop artiste car son but n’était non pas de critiquer la société de consommation mais d’explorer la forme et la couleur pour créer un impact visuel. Et c’est plutôt réussi !

 

Man in Polyester Suite de Robert Mapplethorpe

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Le photographe américain iconique Robert Mapplethorpe, reconnu pour ses photos de fleurs et nus masculins, a choqué les bonnes moeurs de la société américaine d’après-guerre avec des oeuvres crues et érotiques. Ce sont ses photos du milieu sado-masochiste américain qui choquent le plus et propulsent ainsi sa carrière. Cette photo en question lui vaudra une fustigation remarquable. Quand des sénateurs et députés conservateurs se rendent compte qu’elle fait partie d’une rétrospective consacré à l’artiste à Philadelphie, ils se lancent dans une campagne pour empêcher d’autres musées subventionnés par l’Etat d’accueillir l’exposition.

 

Les performances de Deborah de Robertis

Deborah de Robertis est une artiste luxembourgeoise qui utilise la performance pour réinterpréter des oeuvres majeures de l’histoire de l’art… qui traitent souvent du nu ! Ses deux performances les plus connues concernent deux de nos oeuvres. En 2014, elle pose nue, jambes écartées, dans une robe pailletée or, devant L’Origine du Monde de Courbet. Très rapidement, des gardes l’évacuent du musée. Cela n’empêche pas la femme engagée de revenir au Musée d’Orsay deux ans plus tard pour poser nue devant nulle autre qu’Olympia de Manet. Cette fois-ci, elle est arrêtée par la police et reste 48h en garde à vue.

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1 Commentaire


Monique Martens

Publié le 22 novembre 2016, 22h14

Des nus présentés ici, un seul me déplait, celui du photographe américain iconique Robert Mapplethorpe, il ne s’agit pas d’un nu, mais d’un homme en costume qui exhibe son sexe.
Ce qui est inconvenant !

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