Quand le bâtiment devient oeuvre d’art : Les 30 ans de la Fondation Cartier

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{Si vous vous êtes déjà promené sur le Boulevard Raspail, vous avez certainement en tête l’image de ce grand bâtiment tout en verre trônant au milieu d’une verdure décomplexée. Ce bâtiment, c’est la Fondation Cartier pour l’art contemporain et elle a fêté ses trente ans l’année dernière. Pour l’occasion, deux expositions ont complètement remanié l’espace qui passe de simple lieu d’exposition à matière première, pour une immersion totale du spectateur.}

 

{Exposition « Ballade pour une boîte de verre »}

L’exposition « Ballade pour une boîte de verre » (Musings on a glass box), qui restera en place jusqu’au 22 février prochain, investit et façonne totalement l’espace conçu par Jean Nouvel en 1994. Les grandes parois transparentes du bâtiment visaient à atteindre l’un des principaux objectifs du modernisme dans les années 1990 : dématérialiser le mur et relier sans rupture apparente intérieur et extérieur.

Vue d’exposition Ballade pour une boîte de verre, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris.  © Luc Boegly

Vue d’exposition Ballade pour une boîte de verre, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris. © Luc Boegly

Pour la première fois dans l’histoire de la Fondation Cartier, le bâtiment lui-même est la matière première de l’exposition imaginée par le studio de création et d’architecture Diller Scofidio + Renfro. Les salles du rez-de-chaussée ont été complètement vidées afin de les exposer. L’installation repose sur un mécanisme complexe : le déclenchement, par une perturbation dans le plafond, d’une série de réactions surprenantes aussi bien visuelles que sonores qui se répercutent à différentes échelles dans les deux salles, reliées entre elles par une boucle auto-alimentée.

Vue d’exposition Ballade pour une boîte de verre, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris. Photo © Luc Boegly

Vue d’exposition Ballade pour une boîte de verre, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris. Photo © Luc Boegly

L’expérience est au moins autant sonore que visuelle et le résultat donne une impression d’immersion totale dans l’espace bien loin d’une exposition classique. La partition sonore, crée par David Lang et le designer sonore Jody Elff instaure comme un dialogue avec l’architecture du bâtiment, dont les systèmes d’électricité et de plomberie ont été revus pour l’occasion afin de permettre une qualité de son optimale.

 

{Exposition « Les Habitants » : mémoires d’une fondation}

Jusqu’au 22 février 2015, une autre exposition se base sur l’histoire de la Fondation Cartier et toutes les relations qui se sont créées entre les différentes expositions et artistes qu’elle a abrité entre ses murs. « Les Habitants » a été mise en scène par le peintre argentin Guillermo Kuitca qui a réalisé un espace pictural et sonore dans lequel s’entrecroisent ses œuvres et celles de Tarsila do Amaral, Francis Bacon, Vija Celmins, David Lynch, Artavazd Pelechian et Patti Smith.

 

Vue de l’exposition Les Habitants, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris Photo © Luc Boegly

Vue de l’exposition Les Habitants, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris Photo © Luc Boegly

 

Pour vous donner une idée de l’importance des répercussions et des ricochets entres différentes expositions dans l’histoire de la Fondation Cartier, les origines des « Habitants » remontent à l’année 2007, lorsque Guillermo Kuitca vient visiter une exposition dont il sort profondément marqué : « The air is on fire », présentant l’œuvre de David Lynch. L’histoire continue en 2011 lorsque David Lynch et Patti Smith viennent donner un concert dans le cadre de l’exposition « Mathématiques, un dépaysement soudain ». Cette alliance singulière de musique et de poésie, rediffusé dans l’exposition « Les Habitants », incarne pour Guillermo Kuitca l’idée de réinterprétation qui en sous-tend l’ensemble. Parce qu’il n’y a pas de raison pour que les ricochets entre œuvres s’arrêtent là, ce concert s’entend en écho au film d’Artavazd Pelechian « Les Habitants », à l’origine du nom de l’exposition actuelle.

 

Vue de l’exposition Les Habitants, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris Photo © Luc Boegly

Vue de l’exposition Les Habitants, 25 octobre 2014 – 22 février 2015, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris Photo © Luc Boegly

Vous l’aurez compris, « Les Habitants » est une suite de références et d’évocations entre les différentes expositions qui ont marqué l’histoire de la Fondation Cartier, qui se retrouvent toutes réunies pour une symphonie sonore et visuelle permettant une immersion complète du spectateur.

 

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