Peter Doig : un maître du paysage

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Peter Doig est un peintre écossais née en 1959. Il grandit entre Trinidad et le Canada. C’est seulement à l’âge de vingt ans qu’il retourne en Grande-Bretagne. Il suivra une formation artistique à la Wimbledon School of Art puis à Saint Martin’s School of Arts. Son œuvre apparait au début des années 90 avec l’exposition personnelle à la Whitechapel Art Gallery en 1991. Peter Doig est actuellement représenté par la Galerie Victoria Miro à Londres.

Il s’impose à un niveau international porté par un intérêt nouveau pour la peinture figurative où le portrait et le paysage retrouvent une figuration traditionnelle.

 

Dès ses premières œuvres, sa peinture s’inscrit dans une peinture de grand format. Sa peinture offre une palette de couleurs originale avec une gamme de rose, orange, vert eau et bleu nuit. Les personnages semblent perdus au milieu d’une nature qui les dépasse. Ces compositions nous rappellent le Romantisme allemand, Edward Munch, le Symbolisme et Edward Hopper. Ses paysages enneigés, ses forêts romantiques aux nuits étoilées sont des paysages qui ne sont pas tout à fait placés dans un réalisme atmosphérique d’une peinture de plein air. Il y a une absence de rendu descriptif dans ces paysages, ses visions sont souvent inondées par la nuit ou dans des nimbes de lumière brunâtre surnaturelle.

Ces compositions expriment un malaise de l’homme aujourd’hui isolé et égaré dans son inadaptation face à une nature merveilleuse.

Cette nature fantastique imprègne le travail de Peter Doig, saisissant des instants intemporels d’une tranquillité idyllique d’un rêve éveillé. Inspiré de son enfance au Canada, les canoés de Peter Doig sont devenus l’image emblématique de son œuvre. Se reflétant dans l’eau, comme une double vie, une deuxième dimension, le canoé devient un miroir féerique et mystique. Lac Canoé est une de ses œuvres représentatives. Peter Doig réussit dans ce tableau à exprimer la beauté de la quiétude de ce lac extraordinaire. Il réussit à illustrer non seulement une verdure d’eau insolite d’une perfection déroutante, le silence ricochant de l’immobilité du courant, mais aussi la lourdeur tiède d’un soir d’été.

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  Canoe Lake, huile sur toile, 1998, Yageo Foundation, Taiwan

 

Dans Orange Sunshine, le snowboarder, figure contemporaine, semble pas tout à fait à sa place dans ce paysage au ciel impressionniste et aux courbes mouchetées. Doig maîtrise cet effet de matière de peinture créant une atmosphère de quatrième dimension à travers l’étouffant calme de l’air et l’humidité d’une neige marbrée. Ici, le peintre met le doigt sur une certaine nostalgie qu’un photographe ne pourra jamais capturé : la perception physique de ses peintures transforme ces souvenirs génériques plus ardents et désirables que les propres souvenirs du spectateur.

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Orange Sunshine, huile sur toile, 1995-1996

 

Totalement visible mais physiquement inaccessible, Peter Doig intègre the Architect’s Home in the Ravine dans des sous-bois aux traits aussi dense qu’un Pollock à moitié fini. Une scène menaçante  un paysage hybride rappelant à la fois Edward Hopper et Andrew Wyeth. Malgré la richesse qu’offrent la forêt verdoyante et l’architecture surprenante de la maison, ce sont les branches inondant la toile comme de la grêle qui interpellent l’œil du spectateur. La peinture de Peter Doig réinvente la place de l’image et la manière de l’appréhender.

 

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The Architect’s home in the ravine, huile sur toile, 1991

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Grasshopper, huile sur toile, 1990

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White Canoe, huile sur toile, 1990-1991

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Pond Life, huile sur toile, 1993

 

 

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