LES PLUS BEAUX DUOS D’ARTISTES

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On a tous en tête des couples mythiques de l’art, de Camille Claudel et Rodin, à Diego Rivera et Frida Khalo, en passant par Jean Tinguely et Nikki de Saint-Phalle. Ces artistes s’aiment, s’influencent et leur œuvre coexiste sans se faire d’ombre : dans leur cas, la création reste un processus individuel. Mais que se passe-t-il lorsque le couple d’artistes n’est pas seulement uni dans la vie mais uni dans l’art ? Que se passe-t-il quand deux entités créatrices indépendantes et individuelles décident de s’unir pour n’en former plus qu’une ?

C’est un phénomène assez rare et originale pour être noté et apprécié. Qu’ils soient partenaires de vie ou membre d’une même famille, ces « duos » ont réussi à mettre leur égo artistique de côté pour atteindre un degré créatif dont il n’était peut-être pas capable tout seul.

Artsper a sélectionné huit de ces associations créatrices dont l’œuvre est une symbiose artistique particulièrement réussie.

 

{1. CHRISTO ET JEANNE-CLAUDE}

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Le célèbre couple d’artiste « Christo et Jeanne-Claude » est composé de Christo Javacheff, d’origine bulgare, et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon, qu’il rencontre à Paris en 1958. Pour l’anecdote, Christo et Jeanne-Claude sont nés exactement le même jour (le 13 juin 1935) et le mythe raconte, à la même heure…

Dès leur rencontre, une collaboration artistique commence. Christo est le manuel, et Jeanne-Claude l’organisatrice. C’est après avoir émigré aux Etats-Unis en 1964 que le couple se lance dans des projets de grande ampleur en intervenant de manière éphémère sur des édifices ou des paysages entiers. Ils sont particulièrement connus pour leur « empaquetage » de bâtiments (Christo avait participé au mouvement du Nouveau Réalisme) et de manière général leur intervention land art. Leur travail est monumental et éphémère à la fois, et conçu pour des lieux extérieurs spécifiques.

Difficilement commercialisable, seules les photographies et les études préparatoires restent une fois l’œuvre démontée.

Leur devise ? « Révéler en cachant ».

{2. GILBERT & GEORGES}

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Gilbert et Georges est probablement le couple d’artistes le plus loufoque de l’histoire ! D’un extérieur impeccable de gentlemen anglais, ils semblent tout droit sortis de la dernière tea party de la reine d’Angleterre et marchent même en cadence dans la rue! Difficile de croire qu’ils les auteurs d’une œuvre aussi provocatrice et exhibitionniste…

Ils se sont rencontrés en 1943 à la célèbre St Martins School of Art de Londres où ils ont d’abord exposé ensemble, puis rapidement créé conjointement. Ils commencent par faire les « sculptures vivantes », une attitude qu’ils poursuivront tout au long de leur vie, faisant de leur personne même des œuvres d’art. Leur duo est la matière première de leurs créations photographiques originales abordant des thèmes polémiques comme l’homosexualité, le sexe, la passion, la religion, ou encore la politique. Ils vont même jusqu’à utiliser leur propre urine, sperme ou sang dans leur manipulations photographiques.

{3. HERAKUT}

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Herakut c’est la fusion d’Aka Hera et de Falk Akut Lehmann, un duo de street artistes allemands qui s’est rencontré en 2004 lors d’un festival international de graffiti. Hera c’est la formation artistique classique au fusain et à l’acrylique, alors qu’Akut c’est le graffeur précoce qui s’est formé dans la rue. Elle dessine, esquisse, fait les brouillons, lui remplit, détaille, et polit. De la rencontre de leur deux style, l’univers onirique et fourmillant d’Hera d’un côté, une maitrise parfaite de la bombe et un style photoréaliste achevé, naissent les œuvres uniques d’Herakut : un monde immédiatement reconnaissable fait de petits personnages attachants coiffés de têtes d’animaux en tous genres et accompagnés de phrases poético-philosophiques.

Leur muraux peuplent les plus grandes villes de la terre, de San Francisco à Toronto en passant par Miami.

 

{4. ANNE AND PATRICK POIRIER}

Anne & Patrick Poirier

Anne et Patrick Poirier sont un couple d’artistes français, l’une marseillaise, l’autre nantais.

Tous deux nés pendant la guerre, leur œuvre est une exploration de l’histoire et de la mémoire à travers des cités réelles ou imaginaires à la frontière entre la sculpture, l’installation, l’archéologie et l’architecture.

Leur travail tire sa source de l’exploration de site de vestiges antiques. A partir des années 1970, leur œuvre se concentre sur les ruines calcinées, inspirés des cités antiques comme Ostie ou de villes imaginaires tirées des récits de Borges ou de la mythologie.

Ils ont participé à un grand nombre d’événements artistiques internationaux tels que la Biennale de Venise (en 1976, 1980, 1984), la Biennale de Lyon en 2000 ou encore celle de La Havane en 2006, et de nombreuses grandes institutions ont acquis leur œuvre : MoMa, Centre Pompidou, Brooklyn Museum etc.

{5. HOW & NOSM}

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How & Nosm, alias Raoul et Davide Perre, sont deux frères jumeaux nés en Espagne et d’origine allemande connus pour leurs muraux rouges, noires et blancs à l’imagerie particulièrement reconnaissable par le style et le foisonnement de détails. Leur choix d’une gamme chromatique aussi réduite, au départ pratique, est devenu une marque de fabrique qui leur a permis de repousser les limites de l’art de l’aérosol. Les deux jumeaux ont commencé  le graff à l’adolescence baigné dans la culture du tag et du skateboard.

Dans le cas de ce duo, la fusion est complète : l’un commence une phrase, l’autre la termine ! Leur univers est complexe et les personnages de leur muraux semblent amicaux au premier abord, mais quand on y regarde de plus près, la scène devient vite assez sombre. Leur œuvre parle de l’alcoolisme, de la trahison, des abus de pouvoir etc. Plus l’on regarde leur œuvre avec attention, plus l’on y découvre des niveaux de sens différents.

{6. JANA & JS}

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Un autre duo de Street artists est celui, bien connu des parisiens, de Jana & JS. Jana est autrichienne, Jean-Sébastien, alias JS, est français. Ils se sont rencontrés en 2004 à Madrid où ils étaient colocataires pendant un an. Aucun des deux n’a fait d’études d’art, mais JS a découvert le street art à Madrid et Jana fait de la photographie, en même temps qu’elle peint et dessine. Ils ont commencé à travailler ensemble en 2006 lorsque Jana rejoint JS à Paris.

Leur processus créatif est toujours le même : ils commencent par prendre une photo, puis la découpe ici et là pour créer un pochoir, qu’ils détaillent et affinent ensuite à l’acrylique.

Dans leur œuvre, ils ont pour habitude de se mettre en scène sur fond de décor urbain, un appareil photo à la main ou derrière l’objectif, ou prendre leur expérience comme source d’inspiration : voyages, rencontres, vie quotidiennes.

Ils vivent et travaillent aujourd’hui à Salzbourg.

{7. OS GEMEOS}

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En portugais, “Os Gemeos” signifie “jumeaux”. C’est donc un autre duo uni dès le ventre maternel que nous avons choisi de présenter. Otavio et Gustavo Pandolfo, de leur vrai nom, sont deux street artists brésiliens originaires de Sao Paulo.

Ils sont introduits au graffiti à la fin des années 1980 et se font connaître lentement mais sûrement au fil des années. Au fur et à mesure, leur style très reconnaissable devient définitoire de la communauté street art brésilienne mêlant l’influence hip hop aux éléments de la culture locale.

Leur œuvre est faite de portraits de famille, et de scènes représentant la situation politico-sociale de Sao Paulo, et le folklore brésilien.

Leur rencontre avec le street artist américain Barry McGee a été décisive dans la définition de leur style et de leur univers peuplé de personnages jaunes aux proportions irréels.

{8. ALLORA & CALZADILLA}

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Jennifer Allora est américaine et Guillermo Calzadilla cubain : ils se sont rencontrés en 1995 alors qu’ils étudiaient tous les deux à Florence, et ont commencé à travailler ensemble peu après. Qu’il s’agisse de sculptures, de vidéos ou de performances, leur œuvre est toujours à mettre en regard d’un contexte socio-politique spécifique.

En 2012, ils ont participé à la Documenta de Kassel, et en 2011, ils ont représenté les Etats-Unis à la Biennale de Venise.

Ils travaillent par séries, comme celle intitulée Land Mark à partir de 1999 –un ensemble de films, photographies et performances en lien avec l’île portoricaine de Vieques utilisée pour des opérations militaires par les Etats-Unis et qui interroge les marqueurs économiques, politiques et culturels qui différencient Porto Rico des Etats-Unis ainsi que le processus de gentrification.

Depuis, leur œuvre hybride et métaphorique explore particulièrement la dynamique entre musique et pouvoir, ainsi que le thème du naturel et de l’humain dans l’histoire.

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