Le mieux vivre ensemble et le bien vivre ensemble

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Nombreux sont ceux qui parlent du « mieux vivre ensemble », mais la réalité n’est-elle pas déjà de veiller au « bien vivre ensemble » ? Jusqu’alors seul le Droit restait à même de régler le « vivre ensemble ». Pourtant, force est pour ce dernier d’admettre le rôle croissant de la nécessité de faire participer activement le citoyen à la vie en société.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme souligne systématiquement que la Convention Européenne des Droits de l’Homme «a pour but de protéger des droits non pas théoriques ou illusoires, mais concrets et effectifs ».

Le livre blanc sur le dialogue interculturel le définit comme «un échange de vues ouvert, respectueux et basé sur la compréhension mutuelle, entre des individus et des groupes qui ont des origines et un patrimoine ethnique, culturel, religieux et linguistique différents. Il s’exerce à tous les niveaux – au sein des sociétés, entre les sociétés européennes et entre l’Europe et le reste du monde». Le dialogue interculturel est essentiel à la cohésion sociale. Le dialogue quel qu’il soit demeure tout autant essentiel.

Ainsi, depuis 2010, le CESE (Conseil économique, social et environnemental) accorde une attention toute particulière aux possibilités de saisine par tout citoyen qui ont été mises en place. Chacun de nous peut en effet, par voie de pétition saisir le Conseil de toute question à caractère économique, social et environnemental. Cette modalité de saisine permet de prendre en compte une parole citoyenne en dehors de toute institution ou organisation.

La médiation, quant à elle, qui pourtant existe depuis plus de 15 ans, prend aujourd’hui toute sa place. Elle a enfin obtenu une « légitimité », les derniers textes de lois (décret du 11 mars 2015) imposant la tentative de résolution amiable des différends à tout justiciable avant toute saisine d’une action judiciaire. Sachant qu’en cas d’absence de justification, le juge « peut » proposer une mesure notamment de médiation. Il s’agit d’une mesure incitative et non-obligatoire de recourir à un règlement amiable de son litige préalablement à la saisine du juge.

Processus visant à reconstruire le dialogue entre les protagonistes et à ce qu’ils se réapproprient leur histoire, de nombreuses situations s’y prêtent, et plus particulièrement dans le domaine culturel et artistique.

Les atouts d’une médiation : + informelle + rapide + discrète & surtout confidentielle. En résumé, plus contextuelle et plus économique qu’une action judiciaire. Solution sur mesure, voire créative, qui le plus souvent évite également les difficultés d’exécution que l’on peut souvent rencontrer dans le cadre d’une action judiciaire.

Pour autant, les situations relavant de la médiation ne sont pas exclusivement conflictuelles.

La médiation conventionnelle peut par exemple accompagner la mise en place de projets communs. Il s’agit alors d’une démarche de prévention, voire de déblocage d’a priori quant à la répartition des tâches et des responsabilités de chacun des partenaires, la mise en place d’un calendrier de travail (de priorités) et l’obtention de financements qui s’y rapportent. Justement nommée la médiation de projet, elle facilite le dialogue par la prise en compte des attentes et des besoins, tant en terme d’objectifs communs que de retour sur investissement.

La médiation offre ainsi un espace privilégié de réflexion, de maturation et de structuration d’un projet. En ce sens, elle est un outil privilégié d’anticipation et de prévention des difficultés relationnelles qui pourraient apparaître par la suite.
Depuis des années et plus encore depuis 2008, en raison d’un malaise social croissant, l’ère du chacun pour soi bat son plein. Du contexte social tendu que nous connaissons, sont pourtant nées de nombreuses initiatives dites collaboratives visant à changer les regards et les postures et à asseoir un réel mouvement d’émergence de projets et de solidarité permettant leur réalisation.

Le rôle du médiateur devient ici central. Son action permet de renforcer le lien social, voire de le recréer. La médiation, outre le rapprochement des protagonistes, vise à ce que chacun de nous comprenne qu’il peut donner, ce qui donne la capacité de recevoir, et participer ainsi à ce que l’on peut nommer la culture quotidienne.

Me Yaël Wolmark

Co-fondatrice de Versus & Versus

www.versus-versus.com

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