L’ART DU DECOUPAGE CONTEMPORAIN

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Le papier est un des mediums artistiques les plus traditionnels. On pense bien-sûr au dessin, mais également à l’origami qui nous vient de la Chine et du Japon. Au-delà de l’art du pliage, le papier offre une infinité de possibilités créatives alliant design, stylisme et beaux-arts. A l’heure de la démultiplication des techniques, les artistes sont de plus en plus à la recherche de moyens d’expressions originaux souvent à la frontière de l’artisanat et des beaux-arts classiques. C’est l’art du découpage que nous voulons mettre en lumière ici. 

 De plus en plus popularisé par des artistes du street art tels que Swoon, le papier découpé allie délicatesse d’exécution, complexité visuelle et qualité ornementale.

Voici cinq artistes qui excellent dans le maniement du cutter, du scalpel ou du laser… On vous laisse juger !

{1. SWOON}

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Submerged Motherlands, 2014, MoMa

Caledonia Curry, alias Swoon, est une street artiste américaine née en 1977. Elevée en Floride, c’est un environnement qui influence énormément ses œuvres: univers de pêcheurs, multiculturalité, gamme de couleurs tropicales etc. Diplômée du Pratt Institute de New York en 2002, elle se tourne rapidement vers la technique de la gravure. C’est en 1999 qu’elle se lance dans le street art en recouvrant les murs de New York de ses collages.

Swoon grave ses œuvres sur linoleum, les imprime ensuite sur Mylar ou sur du papier recyclé qu’elle découpe soigneusement et rehausse de peinture acrylique avant de coller ses images sur les murs des villes. Résolument engagée, Swoon participe à de nombreux projets humanitaires et tire l’inspiration de ses œuvres des rencontres humaines qu’elle fait lors de ses voyages. Elle s’est notamment beaucoup impliquée suite aux ravages de l’ouragan Sandy en 2012.

Pour son exposition au Brooklyn Museum de New York, Swoon avait élaboré de gigantesques sculptures de papier, créant ainsi un paysage fantastique centré autour d’un arbre monumentale avec, à sa base, des éléments tels que des bateaux, des radeaux et des personnages découpés.

{2. KARA WALKER}

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Gone, 1994

Kara Walker est une artiste californienne née en 1969. Elle est connue pour son exploration des relations entre genre, sexualité et race à travers sa technique des silhouettes découpées en noir et blanc. L’artiste installe ses œuvres directement sur les parois des murs, utilisant la galerie comme un décor de théâtre dans lequel ses silhouettes découpées luttent ou s’ébattent. Les œuvres de Kara Walker abordent l’esclavage sous un angle réaliste et historique tout en flirtant avec le récit romanesque. Les fictions cauchemardesques de Kara Walker séduisent et interpellent le spectateur à la fois.

Ses œuvres ont notamment été exposé au Museum of Modern Art de New York, au San Francisco Museum of Modern Art ou encore au Guggenheim Museum de New York.

{3. RUBBISH}

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Symétriquement opposées, 2014

Rubbish est un street artist français autodidacte né en 1980 qui vit et travaille à Besançon. Son univers est fait d’œuvres fragiles et aériennes sur papier très finement découpés sur lesquelles il travaille pendant de nombreuses heures en véritable brodeur.

Influencé par la botanique, son œuvre poétique regorge de spécimens floraux et fait écho au style Art Nouveau tout en incluant des éléments symbolistes. Certains motifs se retrouvent en effet d’une œuvre à l’autre tels que la « main de l’inquisiteur » ou un cœur extrait d’un recueil d’anatomie.

Outre ses portraits aux regards perçants, Rubbish s’inspire également de la culture amérindienne, de ses mythes et ses légendes.

 

{4. GEORGIA RUSSEL}

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Le Deuxième Sexe, 2008

Né en 1974, Georgia Russel est diplômée de la Royal College of Art de Londres. A l’aide d’un scalpel de chirurgien, ce sont les livres anciens, mais aussi des partitions de musique, des cartes ou des photographies que l’artiste écossaise découpe avec minutie. Entre ses mains, ils se transforment en véritables sculptures avec des effets de lumières et d’ombres portées d’une grande poésie.

La démarche de Georgia Russel, loin de profaner son objet, lui apporte un surplus de sens et invite à une lecture visuelle aussi bien qu’à une expérience physique et sensorielle.

 

{5.MIA PEARLMAN}

SUBITO

Subito, 2010

Mia Pearlman est une artiste américaine née en 1974 produisant des installations in situ d’une grande intensité visuelle. Ses installations de papier sont en deux comme en trois dimensions et font souvent l’effet de sculptures de phénomènes climatiques prenant des proportions fantasmagoriques grâce à des éclairages naturels ou artificiels.

Ses sculptures de papier répondent à un processus créatif instinctif et spontanée : elle commence par tracer une ligne et suit ensuite son inspiration du moment pour créer des formes aléatoires en positif ou négatif. Elle travaille ses œuvres in-situ pendant 2 ou 3 jours par pièce avant leur exposition.

Mia Pearlman a exposé dans de nombreuses galeries et institutions partout dans le monde, comme au Montgomery Museum d’Alabama, au Museum of Art and Design de New York. Elle est également lauréate du prix décerné par la Fondation Pollock-Krasner.

 

 

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