L’anecdote de la semaine: Pierre Bonnard, artiste perfectionniste et vandale


1938, au Musée du Luxembourg.

Un homme se promène seul, les mains dans les poches, l’œil aux aguets guettant le gardien qui s’éloigne. Subrepticement il sort un pinceau et une palette de peinture de son manteau, apprécie d’un regard le tableau devant lequel il se trouve, s’en approche et d’un trait de son pinceau rajoute une touche de jaune. Quand soudain… « Monsieur, mais que faites-vous ? »

 

Pierre Bonnard chez lui, à Cannet

Pierre Bonnard chez lui, à Cannet

 

Cet homme, c’est Pierre Bonnard, le « peintre du bonheur », idolâtré par ses pairs Matisse et Apollinaire, haï par Picasso. Le tableau, c’est une de ses œuvres récemment acquise par la Mairie de Paris pour être exposée au Musée du Luxembourg. Perfectionniste maniaque, Pierre Bonnard est un grand habitué de cette manœuvre. Même si il a été surpris par un gardien en 1938, il revenait si souvent retoucher ses œuvres exposées à l’insu des gardiens que ses amis ont inventé un verbe qui est resté dans l’Histoire de l’Art, « bonnardiser ».

Comme l’a dit Pierre Bonnard, « Vous savez, un tableau c’est jamais fini. »

 

La Grande Baignoire, Pierre Bonnard

La Grande Baignoire, Pierre Bonnard

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