La taxidermie dans l’art

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La taxidermie est l’art de redonner l’apparence de vie à des animaux morts à travers divers procédés qui ont évolué depuis son apparition au XVIIème siècle. On parle de taxidermiste ou d’empailleur. Les égyptiens découvrent les premières techniques d’embaumement et de conservations de corps morts. Cependant c’est avec la naissance du cabinet de curiosité au XVIIème siècle que la taxidermie se développe et se popularise. En effet, ces procédés étaient utilisés pour préserver des animaux morts de territoires lointains afin de les exposer dans ces cabinets de curiosité en Europe.

La première approche des taxidermistes reposait sur la création d’une structure-squelette souvent en métal ou en bois sur laquelle la forme de l’animal était reconstituée. La paille était utilisée durant cette opération d’où le terme d’empaillage. Suite à ça, on procédait à la pose de la peau de l’animal qui était ajustée à la forme donnée. Cette peau était préalablement tannée et conservée par des agents chimiques de préservation. Les organes comme les yeux ou la langue qui ne pouvaient pas être conservés étaient remplacés par des billes de verre pour les yeux et autres artifices.

Aujourd’hui, ce processus traditionnel de taxidermie est toujours utilisé par les « puristes » mais cet art a évolué autant dans ces techniques que dans ces représentations.

Nous allons nous pencher tout d’abord sur les artistes se revendiquant de « fine taxidermy » héritier de la taxidermie traditionnelle du XVIIème siècle, en opposition aux artistes « rogue taxidermy ».

Le duo hollandais Sinke-Van Tongeren, Ferry Van Tongeren et son associé Jaap Sinke, constituent la plus impressionnante collection de taxidermie aujourd’hui. Utilisant les méthodes traditionnelles de l’ère victorienne, ils se distinguent des taxidermistes modernes qui utilisent des mannequins déjà préparés où la peau de l’animal est appliquée directement dessus. Ils préparent eux-mêmes, à l’aide de croquis et de patrons, mesurant avec précision les dimensions de l’animal, la structure de l’animal. Le résultat est époustouflant et influe une seconde vie à ces animaux d’un réalisme troublant. Ils veulent célébrer la beauté de la nature. Leur mission est de recréer et de préserver celle-ci dans toute sa gloire et sa perfection Ils veulent que leurs animaux aient l’air tout à fait vivant et alerte, éclatant de beauté, malgré l’inéluctable mort qui est impliquée dans cet art. Leurs séries comme « Darwin’s Ménagerie » ou « Jardin d’Eden » reflètent à la fois un memento mori poétique d’une beauté surprenante et un hommage à dame nature incontesté.

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La taxidermie a toujours été un art traditionnellement masculin. A l’époque victorienne, on peut citer des grands noms de la taxidermie comme John Hancock, Charles Waterton, Carl Akeley, William Hornaday ou encore John James Audubon. Un seul nom de taxidermiste femme à l’époque existe : Martha Ann Maxwell.

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John Hancock

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Martha Ann Maxwell

Quand on parle de taxidermie aujourd’hui on pense immédiatement à l’artiste Damien Hirst et ses installations qui traitent de l’art, la vie et la mort.

Toutefois aujourd’hui, si l’on s’intéresse aux artistes qui pratiquent cet art, on remarque que les femmes dominent quasiment ce domaine. De Sarina Brewer à Polly Morgan sans oublier Lisa Black, Katie Innamorato, Kate Clark, Jessica Joslin et Amanda Sutton, la taxidermie semble avoir été totalement appropriée par les femmes.

Beaucoup de ces artistes font partie de la nouvelle vague de taxidermie alternative appelée « rogue taxidermy ». “Rogue taxidermy is a pop-surrealist genre of sculpture that uses taxidermy materials, traditional materials, in an unconventional manner,” (Rogue taxidermie est un genre de sculpture surréaliste et pop qui utilise des techniques et matériaux de taxidermie de façon originale) Robert Marbury co-fondateur de la « Minnesota Association of Rogue Taxidermists ». Kate Clark est une « rogue taxidermist » qui réalise des sculptures fantastiques à corps d’animaux et têtes d’hommes.

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Kate Clark

La rogue taxidermy, sorte de taxidermie chimérique est un art contemporain hérité de la taxidermie de mise en scène de Walter Potter, artiste taxidermiste du XIXème siècle connu pour ses créations anthropomorphes.  Amanda Sutton se revendique de cette taxidermie théâtrale de Walter Potter en habillant ses animaux se rapprochant du caractère anthropomorphe de celui-ci.

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Walter Potter

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Amanda Sutton

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Amanda Sutton

Au lieu de vouloir reproduire une parfaite imitation de l’animal, les taxidermistes modernes réalisent des travaux plus fantastiques d’un imaginaire à la fois merveilleux et inquiétant. Leurs créations évoquent une histoire plus sensible et émotionnelle que les éléments de taxidermie réalistes fidèles à la nature des musées d’histoire naturelle.

Des artistes incontournables de la scène féminine de taxidermie contemporaine sont : Claire Morgan, Katinka Simonse, Carlee Fernandez, Julia Deville et Iris Scheiferstein.

Mais n’oublions pas que cet art compte également des artistes masculins comme Nate Hill,  Maurizio Cattelan et Dan Taylor.

 

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Polly Morgan

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Sarina Brewer

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Nate Hill

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Maurizio Cattelan

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Claire Morgan

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