Jean-Pierre Cassigneul, le mal aimé de la France

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Sa cote atteint des sommets mais lui est invariable. Son œuvre, elle, se conjugue depuis plus de cinquante ans selon la même grammaire. A contre-courant sans pour autant chercher à l’être, il peut se rire de la bouderie des musées français, car à l’étranger tout lui réussit depuis longtemps. Jean-Pierre Cassigneul est un classique contemporain, qui célèbre la France sans qu’elle le lui rende bien. Focus sur le travail d’un grand peintre français.

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Sa toile « Dans la roseraie » s’est vendue 893 000 dollars en novembre dernier chez Sotheby’s, multipliant par sept son estimation basse : le peintre se voit couronné d’un nouveau record, qui le place parmi les cinq artistes français les mieux vendus au monde. Il est représenté par la galerie Taménaga et exposé à Paris, mais surtout au Japon et aux Etats-Unis. Pourquoi son nom reste-t-il encore confidentiel ?

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La réponse est simple : il est tout sauf un artiste contemporain au sens strict. Sa formation classique aux Beaux-Arts, son inspiration des courants de la fin du XIXe siècle le rendent presque suspect. Pas d’art conceptuel, pas de marketing outrancier, pas de démesure à la Hirst : on imagine très bien le peintre le pinceau à la main dans son atelier. Là, il emprunte aux Fauves leur palette, aux Nabis leur planéité, et à toute sa sensibilité pour transfigurer des scènes banales d’oisiveté. Pas de morbide, pas de grand spectacle si ce n’est celui d’un quotidien bourgeois.

 Cassigneul n’est ni l’homme de toutes les modes, ni l’homme de toutes les femmes. Il n’en célèbre qu’une : l’élégante. Une Parisienne secrète au teint de lait, qu’il déniche en chapeau sur les contre-allées de l’avenue Foch ou au bois de Boulogne vers l’hippodrome de Longchamp. Il la surprend souvent dans sa promenade au bois, sujet romanesque et théâtre mondain par excellence jusqu’à la Belle Epoque. A moins qu’il ne la saisisse postée à son balcon ou en villégiature normande, le regard lointain. Plus coquette que cocotte, elle semble inaccessible et imperturbable, tout à la fois rêveuse et mélancolique. Des yeux oblongs presque bridés, un maquillage de geisha : on comprend alors l’engouement des Japonais pour cet artiste qui dépayse subtilement son modèle.

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Il y a bien sûr de la violence : les fleurs disputent aux élégantes leur beauté et leur couleur. Il y a même de l’indécence : quand les mondaines sont plutôt de longues tiges solitaires, les fleurs sont charnues et s’offrent sans la moindre retenue, en jardins ou en gros bouquets. Le reste est poésie, c’est tout dire.

Merci à Jourdain Vannier pour cet article!

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3 Commentaires


LAUWERS roland

Publié le 29 septembre 2014, 10h46

Et oui on dit souvent ….je ne connais pas ce peintre !!!!! (en France)et pourtant voyez et suivez les ventes chez sotheby’s et christie’s sur la liste des lots vous trouverez ses huiles aux cotés des renoir buffet et autres chagall ….. il se trouve que jean pierre cassigneul est un ami et que j adore sa peinture …..et l homme qui tient le pinceau …. JE te salue l’artiste
Je possede une huile que l on peut voir dans le film de jean becker avec patrick CHESNAIS et miou miou « BIENVENUE PARMI NOUS  » une femme regardant la mer

Fleur Giros

Publié le 26 août 2014, 15h16

Bonjour Christine,
Oui, Jean-Pierre Cassigneul est exposé à la galerie Taménaga (Paris, Tokyo et Osaka), à la galerie Rienzo (New York), à la Guarisco Gallery (Washington DC), à la Souffer gallery (New York), à la galerie Merrow (Paris) et enfin chez Daphné Alazraki Fine Art (New York)!

Bien à vous

veyrat de lachenal christine

Publié le 20 août 2014, 18h17

Je ne connaissais pas ce peintre…est il exposé …???
Merci!!

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