Good to know: « L’Arte Povera » (2)

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Alors que se tiennent simultanément, au Louvre et à Versailles, deux expositions événements d’artistes emblématiques de ce courant artistique, Artsper vous propose de revenir sur l’Arte Povera, mouvement artistique né en Italie il y a un peu moins d’un demi – siècle. 

« Attitude », plus que véritable mouvement artistique, l’Arte Povera naît en septembre 1967 lorsque le critique d’art Germano Celant choisi de présenter une exposition sous cette expression. L’approche de l’Arte Povera se veut dès lors résolument révolutionnaire: contestant les modèles de l’industrie artistique d’alors, mais aussi la société de consommation dans son ensemble, les artistes qui forment ce groupe, se pensent en messagers d’une guérilla symbolique.

Faut-il traduire littéralement l’expression «Arte Povera» en la comprenant comme la naissance d’un art pauvre, volontairement tourné vers l’utilisation de matériaux simples et le refus d’utiliser un équipement artistique complexe? Certains l’ont pensé, étant donné que les artistes en question s’appuient pour beaucoup sur des matériaux pauvres : sable, bois, ciment, terre… Pourtant, d’autres artistes du mouvement se sont exprimés par le biais de matériaux plus coûteux comme le néon (Mario Merz) et rendent l’identification du mouvement à un art du matériau pauvre complètement réductrice.

Notons d’ailleurs que les artistes de l’Arte Povera refusent toute tentative de définition de leur courant face à l’art. Ce qu’il faut retenir de cette attitude artistique, que l’on peut considérer comme particulièrement peu accessible de prime abord, c’est la référence quasiment constante à la nature, mais surtout l’intérêt des artistes pour leur propre geste créateur plutôt que pour le produit fini de leur art, dont l’aspect esthétique importe peu. Une œuvre « belle » n’a aucun intérêt pour eux. Ils estiment en effet que ce qui  fait la valeur d’une œuvre c’est plutôt le processus intellectuel et le chemin de pensée qui a amené à la créer. Un plaidoyer en faveur du cheminement artistique qui peut expliquer qu’un observateur sans repères puisse se trouver désarmé face à une œuvre dont il ne connaît pas l’histoire alors qu’un autre pourra la comprendre et en saisir la poésie.

Bien que d’accès difficile et de conservation parfois problématique, l’Arte Povera intéresse de plus en plus les institutions culturelles, les galeries et les collectionneurs. Ainsi, selon Artprice, parmi les artistes les plus populaires du courant, cinq ont déjà vendu des œuvres à plus d’un million de dollars : Piero Manzoni, Alighiro Boetti, Michelangelo Pistoletto, Mario Merz et Jannis Kounellis. Sept autres artistes sont considérés comme membres du mouvement : Giovanni Anselmo, Pier Paolo Calzolari, Luciano Fabro, Marisa Merz, Pino Pascali, Giulio Paolini et Gilverto Zorio.

Exposition « Penone Versailles », jusqu’au 2 octobre 2013 dans le Parc du Château de Versailles.
Exposition « Année 1. Le paradis sur terre », jusqu’au 2 septembre 2013, en carte blanche au Louvre

 Mario Merz, Objet Cache-Toi, 1968, Kunstmuseum Wolfsburg © Fondazione Merz

Mario Merz « Objet Cache toi » – Fondazione Merz

Alighiero Boetti - Mappa - 1989 - © 2013  Artists Rights Society (ARS), New York  SIAE, Rome

Alighiero Boetti « Mappa »

Michelangelo Pistoletto, Mappamondo, 1966-1968, © Cittadellarte-Fondazione Pistoletto, Biella, photo J.E.S

Michelangelo Pistoletto « Mappamondo »

Giuseppe Penone - Spazio di Luce - 2008 © EPV  Th. Garnier - Château de Versailles

Giuseppe Penone « Spazio di Luce » – Chateau de Versailles

Jannis Kounellis - Senza titolo - 1969 - © Jannis Kounellis

Jannis Kounellis – Untitled

Guiseppe Penone, Soffio 6 - 1978 - © ADAGP

Guiseppe Penone « Soffio 6 »

Giovanni Anselmo, Senzo titolo (struttura che mangia) 1968 - © Giovanni Anselmo

Giovanni Anselmo « Untitled »

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