Good to know: l’Arte Povera

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Qu’est ce que l’Arte Povera ? Souvenez-vous, nous vous en avions parlé dans l’article sur les Frères Campana…Ce mouvement artistique est né en 1967 en Italie avec pour foyers Rome et Turin.

Le terme «Arte Povera» est du au critique Germano Celant qui, au regard des œuvres d’artistes tels que Mario Merz, Giovanni Anselmo, Luciano Fabro ou encore Pino Pascali, observe des similitudes. L’Arte Povera se définit comme une «attitude» plus qu’un mouvement, terme qu’elle récuse fortement. Les artistes de l’Arte Povera défient à travers leurs œuvres et leurs modes de vie l’industrie culturelle et plus largement la société de consommation. Le terme “pauvre” se comprend donc ici comme un détachement volontaire des acquis de la culture au sens large. D’une manière générale, le processus de création de l’Arte Povera privilégie le geste artistique, à savoir l’intention du créateur, plutôt que l’oeuvre finie en elle-même et c’est en cela qu’il se rapproche de l’Art Conceptuel. C’est par cette idée que les chefs de file de ce mouvement portent toute leur attention sur les objets insignifiants, simples et communs du quotidien.

D’une façon logique, l’Arte Povera utilise donc essentiellement des matériaux dits “pauvres”: sable, bois, chiffons, vêtements usés, terre, goudron, corde. Ces éléments vont être utilisés non pas comme sujets mais comme outils: le cailloux se fait pinceau, le sable se fait couleur. Cette démarche annihile l’identité de l’objet et n’en fait plus un objet social, culturel mais naturel, libre et brut.

Les oeuvres des artistes de l’Arte Povera sont donc par essence souvent nomades et éphémères. Certains matériaux étant naturels et donc altérables avec le temps, l’oeuvre peut se modifier sans intervention de l’artiste. Elles ont tendance à fuir les lieux d’exposition dits “classiques” (musées, galeries) et peuvent naître dans des paysages naturels, faisant écho au Land Art. La première exposition d’Arte Povera a eu lieu à la Galerie La Bertesca à Gênes en 1967.

Si l’Arte Povera était peu reconnu à ses débuts, il se diffuse largement en Italie et dans le reste du monde au milieu des années 70. Acceuillies dans des galeries prestigieuses telles que Leo Castelli à New York, Sonnabend à Paris, Spérone et Stain à Turin, les oeuvres sont aujourd’hui conservées dans les plus grands musées du monde comme le MOMA à New York.

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Giovanni Anselmo, Senso titolo (Struttura che mangia) , 1968
(Structure qui mange) Granit, fils de cuivre et laitue fraîche

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Mario Merz, Triplo Igloo, 1984 Verre, métal, étaux, néon

 

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Luciano Fabro, Sisyphus (1994) marbre, feuille d’or, sol

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Pino Pascail, La vedova blu (1968) Acrylique sur structure de bois

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Alighiero Boetti, Everything, 1994 broderies

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