Good to Know: Le Fauvisme

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Le fauvisme va retentir au Salon d’automne de 1905, il est arrivé par un scandale non prémédité par les artistes. « Au centre de la salle, un torse d’enfant modèle une science exacte. La candeur de ces bustes surprend au milieu de l’orgie des tons purs (…) C’est Donatello chez les fauves ». C’est par ces termes que le critique d’art Louis Vauxcelles soulève la polémique, en décrivant cette petite sculpture de style néo-renaissance qui était exposée au milieu de la salle VII du Salon d’automne. Le mot fauve est lancé. A quinze heures, le 18 octobre 1905, la foule parisienne envahit le Grand Palais pour voir « Donatello chez les fauves » qui deviendra « la cage aux fauves ».

Trente-neuf toiles qui créent le scandale par leur excès violent de couleur. Les œuvres envoyées par Matisse illustrent bien cette nouvelle construction de l’image par la couleur:

Matisse.FentereouverteCollioure

La fenêtre ouverte à Collioure est une huile sur toile, datant de 1905, conservée à la National Gallery of Art de Washington. Nous sommes loin de la perspective Albertienne, de cette fenêtre ouverte sur le monde. Non, ici, Matisse utilise la fenêtre comme un prétexte pour boucher la perspective : tous les éléments s’étagent les uns les autres.

Matisse.Femmeauchapeau

La femme au chapeau, une huile sur toile, date de 1905 et est conservée au Museum of Modern Art de San Francisco. C’est la couleur qui, indifférente à tout réalisme, dessine le portrait. Ce tableau va faire scandale par l’utilisation des couleurs : le vert sur le visage, et par l’inquiétude qu’il renvoie. Ce choix de couleur vibrant est audacieux  et Matisse nous donne à voir une définition de la peinture moderne.

Matisse va pousser la couleur à son paroxysme, et utiliser une peinture posée en aplat. Il y a un écart non mimétique de la couleur chez Matisse : pour La plage rouge il s’expliquera : « vous vous étonnez sans doute de voir une plage de cette couleur, en réalité elle était de sable jaune. Je me rendis compte que je l’avais peinte avec du rouge. Le lendemain j’essayais avec du jaune. Ça n’allait pas du tout, c’est pourquoi j’ai remis du rouge ».

12[1]. MATISSE,  Plage rouge

Derain, Vlaminck, exposent aussi dans la salle VII. Derain va suggérer « Faire de la couleur une nouvelle matière ». Les principes du fauvisme c’est de renouveler la manière de peindre, c’est la violence de la couleur et la déconstruction spatiale. Le fauvisme a été reconnu dans l’histoire de l’art comme le premier courant d’avant-garde du XXème siècle mais a été réellement actif de 1904 à 1907.

Le fauvisme va trouver son inspiration dans l’impressionnisme, même s’il est opposé à leur approche naturaliste et instantanée du monde physique. Il trouve son héritage aussi chez les néo-impressionnistes, Van Gogh, Gauguin. Et les arts primitifs vont avoir un impact fort sur les artistes fauves, particulièrement la sculpture africaine et océanienne.

En 1906 au Salon d’automne, le fauvisme triomphe, notamment avec Le bonheur de vivre de Matisse conservée à la Fondation Barnes. On retrouve les principes du fauvisme : primauté de la couleur, l’espace déconstruit, les aplats de couleur. Toutefois le contour retrouve sa place autour des silhouettes.

21+Matisse+La+Joie+de+vivre

En 1907, l’impulsion du fauvisme prend une extension européenne, en particulier en Allemagne avec l’Expressionnisme allemand. En 1905 avec la création de Die Brücke (Le Pont) à Dresde par Ernest Ludwig Kirchner et Erich Heckel. Les couleurs sont au centre de leur démarche. En 1911 à Munich, la création de Der Blaue Reiter créé par Vassily Kandinsky et Franz Marx à Munich.

 

Encore plus de fauvisme :

6[1]. VLAMINCK, partie de campagne à Bougival

Maurice de Vlaminck, La partie de campagne, 1905, Collection particulière

1+Derain++portrait+de+Matisse
André Derain, Portrait d’Henri Matisse, 1905, Londres Tate Modern

8[1]. MATISSE, portrait de Derain
Henri Matisse, Portrait d’André Derain, 1905, Londres Tate Modern

17[1]. MATISSE, la raie verte

Henri Matisse, Portrait de femme, La raie verte, fin 1905, Copenhague Statens Museum for Kunst

Vlaminck.Lesarbresrouges

Maurice de Vlaminck, Les arbres rouges, 1906, Centre Pompidou

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3 Commentaires


Noutdefouch

Publié le 15 janvier 2015, 11h44

Article très bien écrit et instructif. Merci.

Richard B

Publié le 11 janvier 2015, 22h02

Clair et pédagogique, j’ai pu apprécier le fauvisme sous un angle nouveau. Très intéressant et bravo!

Charlotte S

Publié le 08 janvier 2015, 11h28

Très intéressant !

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