Georges Braque vu par ses pairs

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Figure incontournable pour la peinture moderne, Georges Braque était « un peintre français par excellence ». Autant pour ses réflexions liées au fauvisme que celles au Cubisme, il a marqué l’histoire de l’art moderne avec des oeuvres qui témoignent des nombreuses avancées artistiques françaises du 20ème siècle… Redécouvrez cet artiste discret et déterminé à travers les regards de 5 de ses compères.

De gauche à droite : Maisons à l'estaque (1908), Le Grand Nu (1908) et Route près de l'estaque (1908)

De gauche à droite : Maisons à l’estaque (1908), Le Grand Nu (1908) et Route près de l’estaque (1908)

Guillaume Apollinaire

« Voici Georges Braque. Il mène une vie admirable. Il s’efforce avec passion vers la beauté et il l’atteint, on dirait, sans effort. »

Grand visionnaire de son époque, le poète Apollinaire fut l’ami du peintre pendant longtemps. Avec Picasso, ils formaient un trio incontournable de la scène artistique parisienne. Ce texte figure dans la préface qu’Apollinaire a écrit dans le catalogue de la première exposition personnelle de Braque et nous présente un Braque élégant et réfléchi. C’est lors de cette exposition qui a eu lieu chez Kanhweiler, le marchand de Picasso, que Braque fait la rencontre du peintre espagnol.

 

Alberto Giacometti

« Braque, comme désarmé devant ces choses qu’il interroge, cherchant à arrêter sur une toile pour un peu plus de temps, pour le plus longtemps possible, une parcelle de toutes ces choses et de lui-même et des autres. »

Proche de Braque, Giacometti le cotoyait souvent et a entretenu une amitié de 30 ans avec lui. Il a beaucoup écrit à son sujet et en ressort une grande émotion vis-à-vis des tableaux de Braque. On mesure ainsi toute la sensibilité et la réflexion de cet homme réservé qui aimait s’isoler pour mieux penser. Giacometti lui rendra hommage à sa mort en dessinant un portrait très touchant à la mine de plomb du peintre sur son lit de mort.

 

Pablo Picasso

« Braque est la femme qui m’a le plus aimé »

Dans toute son exubérance, Picasso refusait d’accorder la paternité du Cubisme à Braque. C’est cependant ensemble qu’ils mettent en place dès 1910 la « géométrisation » de la peinture. En bouleversant radicalement la notion de création artistique, qui se limitait jusque là à l’imitation de la nature, ils ouvriront la porte à la modernité du 20ème siècle. Cette déclaration affectueuse et méchante à la fois de Picasso révèle toute la complexité de leur rivalité et la totale antinomie de leurs personnalités.

 

Francis Ponge

« Braque pour moi, eh bien, se situe à peu près à égale distance de Bach, prononcé à la française, et de Baroque, – avec une légère attraction du second côté à cause de l’adjectif commun Braque, lequel existe bien aussi, je n’y peux rien, et présente quelque rapport de sens avec Baroque »

Le poète Francis Ponge considérait sa rencontre avec Braque comme un tournant dans sa vie et ce dernier fut le peintre sur lequel il écrivit le plus. Ils entamèrent une collaboration fructueuse : Braque illustrait les recueil de son ami et celui-ci lui dédia plusieurs textes. Ici, Ponge nous décrit un Braque mi-Bach mi-baroque, une combinaison improbable qui reflète peut-être le génie et la retenue de l’artiste.

 

Man Ray

« Un homme très doux, gentil, complètement obsédé par sa peinture. »

Cette remarque de Man Ray, qui rencontra Braque et tira un magnifique portrait de lui, résume bien la nature du peintre : sa modestie, son méthodisme, sa réserve…

Georges Braque par Man Ray

Georges Braque par Man Ray
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