Analyse d’un chef d’oeuvre de l’art contemporain : The Physical (…), Damien Hirst

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The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living. Traduire : L’impossibilité physique de la mort dans l’esprit de quelqu’un de vivant. L’icône de l’art britannique à travers le monde.

1991. Damien Hirst est le membre le plus influent du feu groupe des Young British Artists, quand il présente pour la première fois ce requin tigre préservé dans du formol, commandé par le grand collectionneur Saatchi. Le requin, pour des raisons évidentes de conservations, est remplacé par un nouveau specimen en 2006, entrainant un énorme débat sur la notion d’original en art.

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The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living, requin Tigre, verre, acier, 5% formol

Une commande de Saatchi donc. Avec pour seule précision qu’il paiera pour tous les délires de l’artiste, qui ne se le fait pas répeter deux fois. Au début des années 90, Hirst a entamé un nouveau projet  pour « que l’art soit plus réel que ne l’est une peinture », et travail exclusivement avec des cadavres d’animaux, nécessairement condamné à une putréfaction qui  n’est que ralentie, et non empêchée, par le formol dans lequel ils sont plongés.

Hirst s’offre un requin « assez grand pour avaler un homme » à 6000 livres, et le montant total de son œuvre s’élève à 50 000 livres. Les tabloides de l’époque titrent, non sans humour « 50 000 £ for a fish without chips !»

En 2007, à l’occasion de l’exposition du nouveau requin, Le Times explique : « Monsieur Hirst essaie souvent de perturber l’esprit (et échoue plus qu’il ne voudrait l’admettre ), et réussit en offrant à nos yeux des expériences viscérales, desquelles ce requin reste surement la plus exceptionnelle. Si l’on s’en réfère au titre, le requin est tout à la fois la vie et la mort, incarnée d’une façon incompréhensible, jusqu’à ce que la vérité éclate, suspendue, silencieuse, dans sa vitrine. » Une description froide, mais juste, du travail de Hirst, qui, s’il manque souvent sa cible en tombant dans la surenchère, réussit, au début des années 90, à faire bouger les lignes d’un art contemporain souvent bien moins subversif qu’il voudrait le faire croire.

Jugé en chute libre depuis l’abandon par son galeriste Gagosian, l’enfant terrible de l’art anglais saura t’il continuer à nous surprendre ?

 

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