6 RAISONS POUR COLLECTIONNER LES IMPRIMÉS ET LES MULTIPLES

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Aujourd’hui, la reproduction des œuvres d’art et la démocratisation de l’art ont pris une telle ampleur qu’il est légitime de se demander si les ventes des œuvres reproduites suivent cet engouement. Voici 6 raisons qui donnent à réfléchir à la place des imprimés et multiples dans le marché de l’art à l’heure actuelle:

{1. UN MARCHE STABLE }

Les impressions et les multiples, en permettant une plus grande diffusion de l’œuvre, se retrouvent au cœur du débat sur la distinction entre l’artistique et le non-artistique, entre la production industrielle et la production esthétique qui évoluent côte-à-côte. Si les imprimés et multiples sont souvent considérés comme des œuvres de seconde importance, le marché des imprimés et multiples est en croissance constance (1,2% du total des ventes de 2015), prouvant l’enthousiasme des collectionneurs pour ces œuvres.

 

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Richard Hamilton, Just What Is It that Makes Today’s Homes So Different, So Appealing? (1956)
Considérée par plusieurs historiens de l’art comme première œuvre du Pop Art

 

{2. DES PROCEDES  PRECIS }

Avant de s’attarder sur les imprimés et multiples, il est important de les définir. Les multiples se différencient des imprimés de par le médium employé. Les multiples sont réalisés en nombre défini, et peuvent être faits à partir de matériaux variés. En revanche, un imprimé est réalisé à partir d’une matrix particulière (bloc de bois, pierre lithographique, etc). Pour autant, l’imprimé n’est pas à confondre avec une reproduction d’un tableau existant. L’imprimé est une œuvre originale, conçue individuellement de la même manière que l’on concevrait une lithographie ou une sérigraphie. Les impressions sont parfois réalisées par les artistes eux-mêmes, et souvent par le biais d’un studio d’impression à partir d’une gravure de l’artiste. L’artiste et l’imprimeur collaborent tout au long de la réalisation de l’imprimé et l’artiste achève le processus en signant l’impression, preuve que l’œuvre restitue fidèlement sa pensée.

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Andy Warhol, Campbells Soup Vegetable (1985), Courtesy of Galerie Fluegel Roncak

 

{3. UNE LEGITIMITE HISTORIQUE }

Si beaucoup associent le développement du genre aux années 60, l’imprimé et les multiples sont pratique courante depuis l’antiquité romaine. Les départements « Prints and multiples » des maisons de vente aux enchères consignent des œuvres datant de plus de 500 ans. Les dernières ventes les plus marquantes incluent Rembrandt, Ernst Ludwig Kirchner, Otto Dix et Marc Chagal. Des artistes tels que Miró, Picasso, Munch et Rembrandt y figurent aux côtés de Warhol, Roy Lichtenstein, Keith Haring, Peter Doig, Cy Twombly and Robert Rauschenberg.

 

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Marc Chagall, Daphnis et Chloé (1961). Courtesy of Tériade Editeur, Paris

 

{4. DES PRIX ACCESSIBLES}

Qu’est-ce qui explique donc l’engouement des collectionneurs pour une « copie »? Les imprimés et les multiples présentent une excellente opportunité de collectionner les œuvres des grands maîtres à moindre coût, mais également de s’intéresser à d’autres facettes de leur œuvre. A ce titre, les impressions de Munch, Kirchner, Rembrandt ou Dürer sont avidement collectionnées, de même que les céramiques de Picasso. Les imprimés et multiples Pop-Art sont très prisés également, et leurs prix s’annexent aux côtes des artistes.

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Roy Lichtenstein, Drowning girl (1981), Courtesy of l’Oeuf galerie

 

{5. DES OEUVRES ICONIQUES}

Hamilton, Warhol et Lichtenstein sont trois figures du Pop Art qui ont établit l’imprimé et le multiple comme un procédé sérieux. Dans leur détermination de démocratiser l’art dans sa pratique et son accès, ils se sont tourné vers la reproduction et ont également beaucoup écrit et parlé sur le sujet. Les techniques de ces artistes pop renvoient à la fin de l’œuvre unique, à la culture de l’imprimé et de la sérialité. Ils ont articulé leur travail autour d’une réflexion sur l’homme moderne consumériste, où il n’est pas question de revisiter l’art, mais d’opérer telle une machine. Leurs techniques évoquent les procédés industriels : Hamilton produisait ses collages à partir d’images issues de la presse et de réclames publicitaires, Lichtenstein revisitait les points Benday pour rendre iconique l’image imprimée et Warhol employait la sérigraphie.

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Jean-Michel Basquiat, Bird on money (1981), Courtesy of l’Oeuf galerie

 

{5. « L’ART COMMERCIAL N’EST PAS NOTRE ART, C’EST NOTRE PROPOS » }

Leur art entretient ainsi une relation étroite avec la culture de masse et présente une réflexion engagée sur la société consumériste. Pour autant, faut-il associer l’imprimé à une production banale car diffusée en masse ? Lichtenstein considère qu’il existe une distinction à établir entre l’objet de consommation qui est le sujet de l’œuvre et entre l’œuvre physique. L’artiste lui-même dira: « L’art commercial n’est pas notre art, c’est notre propos ». Dans cette vision, l’imprimé et le multiple deviennent des œuvres légitimes, vectrices de la vision de l’artiste, démocratiques sans perdre pour autant en substance.

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