7 films à l’esthétique onirique

Voir plus loin - -

Envisager les rapports entre arts plastiques et cinéma aujourd’hui revient à dépasser la représentation du geste artistique pour retourner au geste lui-même, en traitant des dimensions qui sont au cœur du geste créatif : le mouvement, le rapport au temps, à l’histoire et au monde contemporain, l’éternelle expérimentation… pour enfin dépasser les notions qui fondent les « arts plastiques » et les beaux-arts.

Car quand on observe le travail des directeurs d’image et leurs soucis de traduire la vision esthétique du réalisateur à travers une esthétique travaillée où rien n’est laissé au hasard, il est clair que les contours entre art et cinéma deviennent brumeux.

A l’approche du Festival de Cannes, Artsper vous livre une sélection de films sortis ces 5 dernières années visuellement poignants.

 

#1  MOONLIGHT (2017)


Retenir son souffle… lors d’un parcours initiatique vertigineux d’un jeune noir homosexuel dans le ghetto de Miami, le même souffle d’une musique happante, et toujours ce souffle, lorsque un film indépendant remporte l’Oscar à la suite d’un amalgame de cartes.

Une beauté incandescente, un rythme ascensionnel, une profondeur formelle et thématique, se conjuguent à la pertinence des propos. L’ardeur règne sous tous les prismes : l’ardeur des sentiments, l’ardeur des attaques, l’ardeur d’une mère encline à la drogue. Le halo flottant associé au souffle lyrique permettent d’échapper au déterminisme social accoutumé, et d’évacuer tous les stigmates collant à la peau d’une « minorité ». De l’obscurité émane une grâce indicible, des cendres renaît la lueur… un clair de lune, « Moonlight » .

DavidUzochukwu2

David Uzochukwu, Castaway, 2013, Proposée par GALERIE NUMBER 8 sur Artsper


#2 
LA VIE D’ADÈLE (2013)

La-vie-d-Adele-prive-de-visa-d-exploitation

Le film prend le parti pris de colorer l’ambiance d’un bleu mélancolique. De nombreuses allusions aux peintures de la période bleue de Picasso permettent de mieux comprendre ce choix chromatique ; le peintre espagnol considérait cette couleur comme la plus révélatrice de l’état d’âme mélancolique. La couleur innerve la photographie du film et immerge le spectateur d’emblée dans une ambiance maussade. Il y a bien sûr la chevelure éclatante d’Emma lors de la première rencontre. Le personnage d’Adèle est constamment associée au bleu : lorsqu’elle se baigne dans la mer, désœuvrée et abattue, la caméra en plongée prend soin de montrer son corps en étoile, en symbiose avec le bleu aquatique.

26497_1_l
Lidia Vives, La Chambre Des Malades, 2014, Proposée par Fifty Dots sur Artsper

 

#3 THE TREE OF LIFE (2011)

the-tree-of-life-61
Terrence Malick est un réalisateur connu pour ses fulgurances esthétiques et ses images chargées d’une très forte ambition photographique. En explorant des techniques photographiques très poussées avec une profondeur de champs impressionnante, le film ne veut pas obliger le spectateur à regarder à un endroit particulier mais, au contraire, lui laisser la possibilité de s’attarder sur tout le champs de l’image.

16462_1_l
Tony Ellwood, In No Time #40, 2012, sur Artsper


#4 
LAURENCE ANYWAYS  (2012)

laurence
Souvent critiqué pour la sur-esthétisation, ce film de Xavier Dolan démontre un travail minutieux de l’image, de la lumière, des costumes, des textures, avec une bande son omniprésente et des séquences onirique. Beaucoup reprochent aux séquences de Laurence Anyways de lorgner sur l’esthétique « arty pub », il n’en demeure moins que la mise en scène – kitsch, certes – est d’une beauté indéniable.

32464_1_l
Thiery Beyne, Back – 30, 2016, Proposée par 2ArtAngels sur Artsper

#5 HER (2013)

her
Avec Her de Spike Jonze, le rouge est une couleur froide. Le nuancier chromatique du film parle de lui-même, du rouge tulipe au rouge framboise, en passant par le rouge orangé, le grenadine et le rose amarante, Her décline plus de variations de rouge qu’il est possible d’en imaginer. Cherchant à se défaire d’une vision du futur dépouillée et aseptisée, le film repeint tout en rouge, des chemises aux meubles et passant par le smartphone qui lui permet de communiquer avec sa dulcinée 2.0.

27855_1_l

Alain Nahum, Figuren, 2014, Proposée par Galerie Marie VITOUX sur Artsper

 

#6 FRANCES HA (2012)

frances ha
Ici, Noah Baumbach nous livre son parti pris esthétique, qui suit le choix chromatique de plusieurs photographes urbains. « J’ai choisi le noir et blanc pour accentuer ce sentiment de renouveau : la filmer ainsi me permettait de regarder la ville avec des yeux neufs, d’en retomber amoureux. Je voulais que le film soit aussi joyeux, romantique et généreux que l’est le personnage de Frances Ha. Le noir et blanc allait dans ce sens, parce qu’il rend les choses belles et donne du rythme. »

18405_1_l
Boom Art, Mathieu Cesar Limited Skateboard Ziporra, 2014, Proposée par boom-art sur Artsper


#7 
GRAVITY (2013)

gravity

Décrivant le périple de deux survivants d’un accident dévastateur au beau milieu de l’espace, le film interpelle par sa beauté plastique et constitue un véritable choc visuel. L’image, la performance, la mélodie symphonique, l’apesanteur ambiante font de Gravity un des rares films où le spectateur est quasiment dans la position de ceux qu’il voit à l’écran.

Le Retour

Alain Longeaud, Le Retour, 2016, Proposée par Galerie François GIRAUDEAU sur Artsper

 

Ecrit par Chahrazad Zahi et Agathe Moley

Partager cet article :

3 Commentaires


daniela danilopol

Publié le 13 juin 2016, 12h18

Je Vous demande des excuses, c”est tres difficile a manoeuvrer le board du laptop sans les accents at les particularites du francais, especiallement quand on est habitue a ecrire tout en anglais…

daniela danilopol

Publié le 13 juin 2016, 12h13

Bonjour a tous ! Comme prof de francais, JE SUIS RAVIE D”AVOIR DECOUVERT VOTRE SITE!
C”EST REELLEMENT MAGNIFIQUE !
JE VOUS REMERCIE BEAUCOUP

daniela danilopol

Publié le 13 juin 2016, 12h09

Bonjour a tous ! Comme prof de francais, JE SUIS RAVIE D”AVOIR DECOUVERT VOTRE SITE!
C”EST REELLEMENT MAGNIFIQUE !
JE VOUS REMERCI BEAUCOUP

Laisser un commentaire