5 choses à savoir avant d’acheter une photographie

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La photographie n’a gagné ses lettres de noblesse en tant qu’art que depuis peu. Pourtant, l’engouement des collectionneurs est croissant, les événements d’envergure autour de la photographie d’art se multiplient à vitesse grand V et prennent chaque année de plus en plus d’importance.

En outre, elle se révèle être un excellent médium pour commencer sa collection. En général moins coûteuse que la peinture et la sculpture, la photographie bénéficie d’un autre avantage : en tant que médium contemporain, il est plus facile pour un acheteur novice de se faire une idée du marché et des innovations autour de la pratique photographique. Mais comment s’y retrouver parmi l’immensité du choix aujourd’hui disponible ? Éléments de réponse avec quelques conseils pour ne pas se tromper lorsque l’on souhaite acquérir une photographie.  

 

Se constituer une culture photographique

Serge Panarotto

©Serge Panarotto

Il est important d’avoir une idée de l’histoire de la photographie avant de se lancer dans un achat. En effet, certains photographes s’inspirent de très près de leurs prédécesseurs, produisant des tirages d’un faible intérêt artistique. Avoir une bonne culture photographique permet ainsi d’identifier de jeunes talents innovants. A ce titre, les livres photographiques sont d’un précieux intérêt pour qui veut commencer à collectionner : ils vous permettront de connaître les artistes qui ont marqué l’histoire de la photographie depuis son invention.

Il faut ensuite aiguiser son oeil, et se tenir au courant de l’actualité du 8ème art. Pour cela, de nombreuses possibilités s’offrent à vous. Par exemple, la visite de galeries spécialisées ou de salons est un excellent moyen d’être au courant des dernières tendances. En France, on vous conseille le salon Paris Photo, où vous pouvez observer chaque année les clichés des photographes les plus côtés. Le festival Circulation(s), propose pour sa part un tour d’horizon de la jeune scène photographique européenne, tandis que depuis plus de 40 ans, les Rencontres d’Arles sont une référence dans l’univers de la photo.

 

Savoir ce qu’on cherche

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Parade 9 (Curious Police), Beijing, 2012 ©Almond Chu

Photographie abstraite ou figurative, noir et blanc ou couleur, argentique ou numérique : l’offre est très importante et éclectique. Lorsque l’on souhaite acquérir un cliché, il ne faut pas buter sur l’amplitude du choix qui s’offre à nous. Pour être sûr de ne pas vous tromper et d’acheter un tirage qui vous plaira vraiment, il est ainsi recommandé de définir au préalable un sujet, une thématique ou un style qui suscite votre intérêt et qui vous touche. Pas question ici de s’enfermer dans quelque chose de trop précis, mais cela aide à orienter les recherches, voire à anticiper l’harmonie d’une future collection. Définir un budget aide également à faciliter les recherches.

 

Comprendre le prix d’une photographie

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The Royal House – Luxury shopping for a large family, 2015 ©Paco Puentes

Parmi tous les tirages présents sur le marché, les différences de prix sont importantes, allant de quelques centaines à des dizaines de milliers d’euros. Comment alors appréhender le prix d’une photographie ? Il s’agit là d’une question essentielle, d’autant plus que la photographie répond à une logique propre, en particulier vis-à-vis de la peinture. En effet, quand la peinture est caractérisée par l’unicité de l’oeuvre, la photographie l’est par la reproductibilité des tirages. Cette particularité joue un rôle non négligeable dans les prix que vous observerez. Plus le nombre d’exemplaires est élevé, plus le prix du tirage baisse, et inversement. Il est également important de préciser que selon la loi, seuls les trente premiers exemplaires d’une photographie sont des tirages originaux et ont valeur d’oeuvre d’art. Lorsque que l’on souhaite acheter une photographie, il faut donc se renseigner sur le nombre de tirages produits par l’artiste, ce qui se fait facilement si ceux-ci sont numérotés et signés.

En parallèle, deux autres facteurs entrent en jeu, comme pour tous les autres médiums : le format, et surtout la cote de l’auteur de la photographie, qui atteste de la qualité artistique de l’oeuvre et d’une reconnaissance sur le marché de l’art.

 

 

Être attentif à la qualité et au type de tirage

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Intérieur/nuit/Marrakech N°2, 2016, ©Amine Oulmakki

Connaître les bases des techniques et des supports d’impression s’avère très utile. Certains papiers sont caractéristiques de l’oeuvre d’un artiste tandis que certaines techniques d’impression, comme la digigraphie, sont réservées à la reproduction d’oeuvres d’art. Les informations sur les aspects techniques d’un cliché sont ainsi de précieux indices sur l’authenticité ou le statut du tirage. Les supports papier, dibond ou encore plexiglass sont de leur côté à prendre en compte : ils ont des durées de vie et des modes de conservation différents. Par exemple, pour une oeuvre de grand format, le contre-collage sur dibond garantit une très bonne tenue dans le temps.

 

 

Penser à la mise en valeur de l’oeuvre

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Rotten Feelings, 2012 ©Huseyin Ketencioglu

Il est impossible de dissocier l’oeuvre d’art du lieu où elle va être exposée. Ainsi, avant l’acquisition, il faut en permanence réfléchir en fonction de l’endroit où l’on souhaite installer l’oeuvre une fois achetée. Le cliché va faire partie de votre intérieur et de votre vie, il faut qu’il s’y intègre. Cet élément importe non seulement pour l’aspect esthétique et la mise en valeur du tirage, mais également pour sa conservation. En effet la photographie est une technique fragile : les variations de température et d’humidité sont à proscrire. S’agissant de l’éclairage, la lumière directe à bannir. Il faut ainsi privilégier la lumière indirecte et l’éclairage artificiel aux LED ou par fibre optique, lumières artificielles dépourvues d’UV.

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