5 artistes femmes et féministes

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A l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, Artsper vous propose de découvrir l’oeuvre d’artistes qui ont mis leur art au service d’une réflexion sur la femme et la place qu’elle occupe dans notre société. Elles ont dénoncé clichés et stéréotypes avec humour, violence ou poésie, sans jamais que leur message ne perde de sa force… 

 

 

 

Niki de Saint Phalle

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Niki de Saint-Phalle, dans sa vie comme dans son oeuvre, défie un ordre établi qu’elle trouve injuste pour la femme. En 1961, la série des « Tirs », où l’artiste tire à la carabine sur des poches de peinture, agit comme une libération. Avec violence, Niki de Saint-Phalle illustre une femme au pouvoir, en contraste avec une division des tâches où le tir et plus généralement la puissance est l’apanage du masculin. Son pari des tirs est un succès : elle marque les esprits et intègre le groupe des Nouveaux Réalistes, dont elle est la seule figure féminine. Elle passe ensuite de la colère à l’engagement, et explore le  « devenir femme » : elle représente des mariées, des prostituées, des accouchements, et joue sur l’ambivalence entre asservissement et puissance créatrice. Enfin épanouie, l’aboutissement de sa réflexion autour du féminin est incarné par la série des « Nanas », créées à la gloire de la femme moderne, dont les couleurs et les mouvements évoquent la liberté, la taille la puissance…

 

 

 

Orlan

 

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©Orlan

 

Une oeuvre symbolise à elle seule toute la puissance dénonciatrice de la très célèbre artiste Orlan : le baiser de l’artiste.  En 1977, l’artiste arrive à la FIAC sans y être invitée avec une sculpture noire de deux mètres de long. D’un côté, on trouve une photographie de l’artiste en madone, de l’autre, l’artiste recouverte d’un buste nu sur lequel est inscrit « Le baiser de l’artiste ». Les visiteurs sont appelés à faire un choix : mettre des cierges à « Sainte ORLAN » ou échanger un baiser langoureux avec « ORLAN-Corps » contre une pièce de cinq francs. Par cette performance, l’artiste dénonce les stéréotypes qui enferment la femme, celui de la sainte et de la prostituée, incarnée d’un côté par la vierge Marie et de l’autre, par Marie Madeleine. L’oeuvre, entrée quasiment par la force au sein du Grand Palais, provoque un scandale sans précédent au sein du monde de l’art, mais aussi partout dans la presse : l’artiste perd son emploi et croule sous les injures. Qu’à cela ne tienne, la violence des réactions a démontré qu’Orlan a su mettre le doigt sur un sujet qui dérange. L’oeuvre a grandement participé à la reconnaissance de l’artiste, qui compte aujourd’hui parmi les grandes figures de l’art contemporain. Et ironie de l’histoire, l’oeuvre a été présentée au public pour les 30 ans de la FIAC, preuve que les mentalités ont évolué.

 

 

 

 

Lady Aiko 

 

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©Lady Aiko

 

Aiko est une artiste japonaise qui s’est fait une place dans le monde très masculin du street art. Dès les années 90, en dépit de son jeune âge, elle travaille aux côtés de Takashi Murakami dans son studio new yorkais. Une carrière qui débute donc sous les meilleurs auspices, et qui va se poursuivre au sein du crew FAILE puis en solo. En 2010, elle collabore au film réalisé par Banksy, « Exit through de gift shop ». Si l’artiste peint sans aucune revendication, son parcours au sein du street art force le respect, et ses oeuvres mettent en avant des femmes à la fois puissantes, glamour et libérées sexuellement. Une autre forme de féminisme et un un puissant éloge de la femme.

 

 

 

Barbara Kruger

 

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©Barbara Kruger

 

Barbara Kruger, artiste conceptuelle américaine, est très connue pour ses collages emblématique de l’art politique, dont elle une des très rares représentantes féminines. Elle construit sa renommée internationale grâce à ses oeuvres coup de poing. A chaque fois le mode opératoire est le même : l’artiste réalise des collages faits à partir d’images de magazines et de publicités aux slogans à la fois simples et agressifs. Si l’artiste ne se réclame d’aucune forme de féminisme, elle s’attaque à toutes les constructions culturelles : elle cible la société de consommation, les discriminations faites aux minorités mais aussi aux femmes. Ainsi, l’artiste aborde la place de la femme dans la société au sein d’une dénonciation générale de tout ce qui la révolte, ce qui n’enlève rien à son message, bien au contraire. A titre d’exemple, l’oeuvre « You are not yourself » dénonce la manipulation de l’image de la femme par la publicité, et les stéréotypes que celle-ci véhicule.

 

 

 

Miss Tic

 

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©Miss Tic

 

Miss Tic, c’est le visage féminin du street art français, lui aussi largement dominé par des figures masculines. Sur la toile comme dans la rue, Miss Tic joue sur les mots et les idées reçues, avec esprit et poésie. La femme y est omniprésente : elle est fatale, dans son physique comme dans ses mots. Miss Tic piétine ainsi l’idée d’une femme marchandise qui qui ne s’exprime pas et n’a rien à dire, et renvoie l’image d’une femme libérée, sûre d’elle, affirmée socialement et sexuellement. Elle dit « Je joue oui », ou encore « J’ai plus d’une corde à mon art ». Les magazines féminins sont également dans la ligne de mire de l’artiste, tout comme la représentation de la femme au cours de l’histoire de l’art : dans l’exposition « Muses et Hommes » à la fondation Ricard en 2002, elle réinterprète des tableaux de maître et en détourne les figures féminines avec un regard moqueur.

 

 

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©Guerilla Girls

Niki de Saint Phalle, Orlan, Miss Tic, Lady Aiko, ou encore Barbara Kruger ont réussi leur pari : elles se sont faites une place sur le marché de l’art moderne et contemporain. Pourtant ces derniers sont des domaines encore largement réservés aux hommes, où les inégalités sont présentes, tant au niveau de la reconnaissance que de la côte. Mais les femmes ne désarment pas. Le collectif Guerilla Girls, un groupe d’artistes venues du cinéma, de la littérature et des arts visuels, dénoncent depuis les années 80 les inégalités hommes/femmes dans le monde de l’art à travers des affiches, des performances et des actions. En particulier, « Do women have to be naked to get into the Met Museum ? » est devenue si emblématique qu’elle fait partie des collections de la Tate Modern depuis 2003.

 

 

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