10 choses à savoir sur Shirin Neshat

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Après Bill Viola, Artsper se sent l’envie de parler avec vous d’une autre grande artiste vidéaste et photographe, Shirin Neshat.

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Shirin Neshat est née le 26 mars 1957 à Qazvin en Iran. Elle vit et travaille à New-York.

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Elle est issue d’une famille aisée et occidentalisée. Père médecin, mère au foyer, l’artiste raconte comment son père a lentement délaissé ses racines, au profit de la vision sociétale du Shah d’Iran.

« Il a fantasmé l’ouest, idéalisé l’ouest, et a lentement rejeté ses propres valeurs ; mes parents étaient ainsi. Ce qui s’est produit, je pense, est que leur identité s’est lentement dissoute, ils l’ont échangée pour le confort. Ils ont servi leur classe. »

Cette occidentalisation profonde a néanmoins permit à Shirin Neshat de s’affirmer en temps que femme forte et indépendante.

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Alors que la révolution iranienne s’engage, elle part à Los Angeles pour ses études. Elle s’installe ensuite à San Francisco pour étudier au Domenican College.

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Après ses études universitaires, elle part pour New York et commence à travailler pour Storefront Art and Architecture, une organisation multidisciplinaire. C’est là qu’elle aurait commencé à créer. Malheureusement, ses œuvres  de jeunesse ont été détruites par la suite. 

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En 1990, elle retourne dans son pays natal, et fait l’expérience du fossé entre l’Iran du Shah qu’elle a connu, et celui des Ayatollahs post-révolutionnaire. De ce choc émerge sa première œuvre reconnue : les photos de la série Women of Allah, présentant des portraits de femmes portant des armes entièrement recouvertes de calligraphie Farsi. Des images provocatrices, iconiques et politiques, chargées de mystère, qui peuvent, par leur ambivalence, être comprises comme islamophobes ou islamophiles. Pour autant, le travail de Shirin Neshat s’attache surtout à faire reconnaître le droit des femmes contre la Sharia.

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Après s’être consacrée à la photographie, elle utilise, à partir du milieu des années 1990, la vidéo comme support de création. Elle réalise ainsi Anchorage (1996), et propose des installations où sont projetées deux vidéos : Ombre sous le Web (1997), Turbulent (1998) Rapture (1999) ou encore Soliloquy (1999). Codes sociaux, culturels et religieux des sociétés musulmanes, Neshat souligne dénonce les contradictions iraniennes en montrant deux films, sur deux écrans côte-à-côte ou se faisant face, parfaitement coordonnés, créant ainsi de violents contrastes : hommes/femmes, noir/blanc, son/silence.

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Neshat résiste vivement aux représentations stéréotypées de l’Islam. Ses objectifs sont moins de provoquer la polémique que de reconnaitre les compléxités des forces intellectuelles et religieuses qui animent la condition des femmes musulmanes à travers le monde. 

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En 1998, elle est exposée à Paris à la Maison Européenne de la photographie.

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En 1999, elle obtient le Lion d’or de la 18e biennale de Venise avec deux vidéos : Turbulent et Rapture, un projet ambitieux avec 250 figurants, produit par la galerie Jérôme de Noirmont.

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Shirin Neshat est représentée par la Gladstone Gallery, à New-York. En 2013, elle est membre du jury de la Berlinale, présidé par le réalisateur Wong Kar-wai.

 

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The Rapture, 1999 

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Série Tooba, 2002

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Women of Allah, 1996 

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Turbulent, 1998

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Women without men, 2009 

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Passage, 2001

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