10 choses à savoir sur… Anselm Kiefer

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Artsper vous guide  à travers l’Œuvre des grands génies de l’art contemporain. Ce doux automne sera l’occasion de revenir sur une personnalité ambiguë, l’allemand Anselm Kiefer, qui prend l’Histoire à bras le corps pour en faire un matériau, en revisitant « l’esprit de la matière ». Un génie qui force la mémoire de ses contemporains, souvent désireux d’oublier un passé douloureux et abjecte.

 

Kiefer est né à Donaueschingen, en Allemagne, en mars 1945. Il réside actuellement en France.

En 1969, il se fait photographier effectuant le salut nazi en France, en Suisse, en Italie,  pour dénoncer le silence qui plane sur le sujet au sortir de la guerre. 

Il représente, aux côtés de George Baselitz l’Allemagne à la Biennale de Venise de 1980. L’œuvre de Kieffer est vibrante, les teintes sont sourdes, la matière présente (paille, bois, végétaux…), les formats démesurés, forçant le spectateur à se plonger tout entier dans la peinture ou la sculpture.

Il étudie auprès de Joseph Beuys, entre 1970 et 1972, aux Beaux-Arts de Düsseldorf, de manière plutôt informelle.

En 1983, pour sa grande exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, il fait son entrée à la conférence de presse vêtu de l’uniforme allemand.

Ce scandale n’améliore pas sa réputation déjà ternie. Tout sa vie, l’artiste cultivera cette ambigüité par rapport au nazisme. Pour l’historien Daniel Arasse, ces gestes ont une valeur d’expiation, de catharsis. Ses détracteurs, qui voient en lui une figure néo-nazie, sont nombreux.

Kiefer inaugure le cycle Monumenta au Grand Palais en 2007. Il propose un village angoissant et peuplé de  tours colossales en sable, feuilles de plomb, plantes vivantes (en réaction au chaos ambiant et la folie humaine), et verre pillé. Il convoque ici l’horreur de l’holocauste, toujours, les mythes allemands, et son ami poète Paul Celan, associé au symbole de la fougère – synonyme d’invincibilité dans la mythologie germanique. Le gigantisme traumatisant de l’exposition rassemble dans la nef du Grand Palais toutes les obsessions de l’artiste.

Il y a trois Kiefer au Louvre! En 2007, le musée lui offre la possibilité d’investir l’espace de manière pérenne. Il choisit de se poster à la croisée des ailes grecques, égyptiennes et orientales, et réalise Athanor, une fresque de 11m de haut, Danaé et Hortus Conclusus, deux sculptures en plomb. Trois œuvres autour du thème de la résurrection et l’enfermement.  Comme toujours, les choix iconographiques de Kiefer oscillent entre le tragique et le mythologique.

Le plasticien travaille dans le sud de la France depuis 1993, dans son atelier, La Ribaute. Il y entrepose ses œuvres monumentales.

Un peu de marché: Kiefer refuse de présenter ses œuvres dans les foires. Il est représenté à Paris par les galeries internationalement reconnues Yvon Lambert, Thaddaeus Ropac et Gagosian. En 2011, la maison de Vente Christie’s vend Au Peintre inconnu, (1983) pour plus 3,6 millions de dollars à un particulier américain.

 

Et si on ne devait en garder que dix ?

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Détail, Symboles Héroïques, 1969

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Arbre à palette, 1978

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Au peintre inconnu, 1983

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A l’Etre Supreme, 1983

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Lilith, 1997

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Cain et Abel, 2006

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Athanor, 2007

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Danaé, 2007

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Détail, Monumenta, 2007

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Mutterkorn, 2011

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1 Commentaire


d'Haussy

Publié le 15 novembre 2013, 20h21

intrigant et décapant _ Ecorché vif

Mutterkorn est pourtant d’une serenité folle,comme les herbes de cet espace champ ou toison automnale

interessant..

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