STROKE Art Fair: rencontre avec Marco Schwalbe

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A l’occasion de notre partenariat avec la foire allemande STROKE Art Fair, nous avons posé nos questions à son directeur artistique, Marco Schwalbe. Rencontre avec un passionné. 

1) Artsper : La foire est en pleine ascension. Pouvez-vous nous expliquer comment le projet a débuté ? Quel est l’objectif principal de STROKE, et en quoi cette foire se différencie t’elle des autres ?

Marco Schwalbe : La foire a commencé alors que nous voulions lancer une nouvelle foire à Berlin, en parallèle d’ART FORUM, mettant en avant l’art contemporain et le street art. Comme il s’est avéré très difficile de trouver des partenaires à Berlin, j’ai décidé de lancer le projet avec mon frère. Grâce à ma galerie INTOXICATED DEMONS, j’étais déjà bien connecté à la scène allemande et internationale. Nous avions deux principaux objectifs pour STROKE. D’abord du côté des exposants : les foires sont généralement peu abordables, surtout pour des galeries jeunes et passionnées. Nous voulions inverser la tendance. L’inscription pour STROKE est dix à vingt fois moins cher que pour des foires d’envergure. Cela nous permet d’attirer de très jeunes galeries. A terme, nous souhaiterions que l’inscription soit gratuite. Du côté des visiteurs maintenant, nous avons misé sur une approche hédoniste de la foire. L’art, c’est la culture, la vie, de l’authenticité. Nous nous sommes aussi débarrassé du côté cage à lapins de la présentation, avec des stands très cloisonnés. STROKE est plus qu’une foire. C’est une célébration de l’art. 

2) A : Quelles sont les nouveautés de cette édition?

M.S : On nous pose toujours la question ! Cette année, c’est le 5e anniversaire de la foire. Je suis persuadé que notre nombre de visiteurs va encore s’accroître, pour atteindre les 25 000 visiteurs. Nous sommes déjà la quatrième foire en Allemagne ! Comme toujours, nous avons une sélection pointue de galeries, des performances live et des concerts.

3) A :  L’Allemagne est réputée être une place forte du street-art. Pouvez vous nous parler un peu de ce mouvement ?

M.S : Le Street Art, en temps que mouvement et terminologie, est de retour sur la scène underground, de la même façon que le Graffiti dans les années 80. Après le tapage médiatique, il faut revenir à des choses plus quotidiennes. Regardons les choses en face : tout cet engouement autour du street art a ouvert la porte à un nombre incalculable de développements artistiques. Depuis 30 ans, il y a eu beaucoup d’énergie et de nouvelles idées, que nous pouvons désormais considérer dans son ensemble comme un mouvement artistique, que certains appellent art urbain ou encore nouvel art contemporain. Pour ma part, je préfère parler d’art post-moderne. L’environnement urbain et le style de vie qui l’accompagne sont les sources d’inspirations les plus directes de la culture contemporaine.

STROKE Art Fair est un concentré du progrès culturel et de l’innovation. La curiosité et l’enthousiasme y remplacent la peur ou le manque d’intérêt que nous imposent les cercles élitistes. La foire présente un art neuf, jeune, et surtout abordable. En plus des aspects les plus connus de l’art contemporain, nous avons mis l’accent sur l’art numérique, le design et diverses autres formes de la vie  culture urbaine.

4) A: Pouvez vous nous expliquer en quoi le street art a sa place en galeries, et pourquoi c’est un mouvement qui mérite qu’une foire entière lui soit consacré ? 

M.S : Street art est un terme que l’on emploie à tort et à travers. Le street art, c’est l’art des pochoirs, des transferts, et des stickers. Nous voulons offrir une foire bien plus complexe. De manière plus générale, je pense que tout ce que rentre en galeries finit par devenir obsolète. Dans l’histoire, si on prend simplement l’exemple des ready made, tout le monde s’est demandé si ces œuvres avaient leur place au sein des institutions consacrées. Je pense que les galeristes sont toujours en quête de nouveautés, de choses à vendre. 

STROKE n’est pas dédiée exclusivement au street-art, mais un mouvement globale et son contexte culturel.

5) A : Vous attachez beaucoup d’importance aux performances. Pourquoi ?

M.S : Ca fait partie de la culture, et les visiteurs adorent regarder les artistes à l’œuvre.

6) A : Quelle est votre vision à long terme de la foire ? Pensez vous à internationaliser l’évènement ?

M.S : Tout à fait. Nous travaillons actuellement avec une équipe pour exporter STROKE au Brésil, à Rio de Janeiro à la fin de l’année 2014.

7) A : Quelle a été votre plus belle découverte sur STROKE ? Etes-vous collectionneur ?

M.S : Oui je suis aussi collectionneur. Mais ma passion n’est pas guidée par le goût du profit et de l’investissement. J’achète ce qui me plait ! Malheureusement, je n’ai pas toujours le temps de tout voir en profondeur sur STROKE. Nous travaillons avec une équipe réduite, il y a donc beaucoup de taches pour tout le monde.

8) A : Votre foire  se penche sur l’art digital. Que pensez vous d’Artsper et de la vente en ligne d’œuvres d’art ?

M.S : Nous adorons découvrir de nouvelles formes d’art, surtout l’art digital. Il y a des artistes digitaux formidables. On espère pouvoir lancer une tendance à notre échelle. La vente de vente d’art en ligne ouvre le marché, qui devient de plus en plus international. On peut trouver ses artistes préférés, les suivre, ou juste s’inspirer en naviguant sur Artsper et découvrir des artistes exceptionnels. En définitive, il y a quelque chose pour tout le monde !

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