Rencontre avec Didier Vess, directeur d’art up

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A l’occasion de notre partenariat avec la foire d’art contemporain Art Up, nous avons posé quelques questions au directeur, Didier Vess.

1) Artsper : Il s’agit de la 7eme édition d’Art Up, pouvez-vous nous en dire plus sur les origines de cette foire ? En quoi Art Up se différencie des autres foires ?

Didier Vess : Art Up est une foire d’art contemporain, une manifestation artistique, culturelle, commerciale et festive qui la différencie d’autres événements culturels. Les participants sont les galeristes et les éditeurs. C’est également l’occasion de démultiplier les rencontres avec les institutions, les galeries, les éditeurs, les commissaires, les critiques d’art et bien évidemment les publics et les artistes.

2)  A: Outre le changement de nom, quelles sont les nouveautés de cette édition ?

DV: Lille Grand Palais, producteur et organisateur de cette manifestation a décidé avec audace de réinventer la foire, d’en changer les ambitions et le nom (feu Lille Art Fair).

Un nom plus jeune, plus court, plus international, plus dynamique.

Des changements effectués pour grandir, s’imposer, provoquer, affiner, explorer et partager des valeurs essentielles : participer activement aux nouvelles approches artistiques, faire connaître de nouveaux artistes, participer à la montée en puissance de jeunes galeries, élaborer des conférences, encourager les débats et conversations sur l’art, développer avec les entreprises partenaires et les médias de nouvelles formes d’actions.

3) A: Géographiquement vous êtes proches de Bruxelles. Bénéficiez-vous de l’engouement des galeries et collectionneurs belges ?

DV: Depuis l’origine, ce rapprochement avec la Belgique est fondamental. D’ailleurs cette année, 19 galeries belges participent à la foire. Ces galeries et ces collectionneurs aiment de plus en plus notre foire. La place lilloise est au carrefour du nord de l’Europe et nous déployons de plus en plus de contacts avec les pays du nord.
Cette année, nous avons renforcé notre présence dans les médias belges et nous sommes très heureux d’accueillir l’office du tourisme de Knokke qui met en présence l’importance des galeries de cette ville.

4) A: Quelle est votre vision à long terme de la foire ? Souhaitez-vous lui donner une portée internationale et partir à la conquête d’autres pays ?

DV: Une foire importante du nord de l’Europe qui intensifie la présence de galeries à l’international. Nous avons fait un travail de prospection pour attirer les galeries anglaises.

Notre foire s’intéresse aux nouveaux talents et encourage la création de nouvelles galeries tout en étant fidèle à ses participants et à la volonté de mettre en valeur les différentes formes de l’art d’aujourd’hui.

5) A: Quelle fût votre plus belle découverte sur Art Up ? Etes-vous vous même collectionneur?

DV: J’ai un parcours de collectionneur atypique. Gamin, je collectionnais les timbres qui concernaient uniquement les œuvres d’art. A partir de l’adolescence et jusqu’à aujourd’hui, je me suis constitué une collection de livres d’art. J’aime particulièrement les estampes et je m’en offre une de temps en temps. Ayant été galeriste pendant 18 ans, j’ai conservé de cette époque des oeuvres offertes par les artistes que j’ai défendu.

Je suis depuis très jeune attiré par l’art minimal, l’art construit, l’abstraction géométrique et l’art optique, la féérie de la couleur et de la lumière.

J’ai eu la chance de rencontrer des artistes comme Vasarely et Agam …

Je suis très sensible aux dessins et aux arts graphiques.

J’aime des œuvres très différentes, les sculptures monumentales m’impressionnent.

Je ne peux pas vous répondre comme cela, quelle est ma plus belle découverte sur Art Up, en fait, elles sont multiples. Cependant, depuis 2 ans, j’ai beaucoup d’émotion avec le travail d’Arthur Dorval.

6) A: Que pensez-vous du projet Artsper ?

DV: J’ai été informé très tôt de votre projet et notre foire a été la première à vous accueillir en 2013.

Et en fait, ce sont vos premières galeries partenaires qui m’ont informés de votre existence et qui ont attiré mon attention sur les qualités de votre réalisation. Je me suis un peu méfié, en quelques sortes, « et si vous étiez une foire d’art en ligne ? ». A ce propos, j’ai été rassuré par vous même ; et tant que les galeries soutiennent votre concept et m’en parlent positivement, nous sommes avec vous.

La question se pose :

Peut-on acheter une œuvre d’art comme un poster ? L’achat d’une œuvre d’art doit-elle être limité à un prix ? Je pense que non. L’achat d’une œuvre d’art est au cœur d’une relation humaine, d’échange, de séduction, d’intérêt, de prise de risque, de rencontres, rencontre avec la vibration de l’œuvre, rencontre avec celui ou celle qui l’a met en valeur.

Et c’est le galeriste le principal médiateur de cette relation.

« Rêver Art Up. Organiser une foire d’art contemporain, éviter la prétention suffisante, être dans l’actualité, aimer l’autre, mettre en scène, combattre les préjugés, architecturer, écouter, rassembler pour construire Art Up grâce à des équipes talentueuses et passionnées. Rien n’est joué d’avance, chaque nouvelle année fixe de nouvelles exigences pour toujours rêver Art Up ! »

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1 Commentaire


DECQ François

Publié le 11 février 2014, 17h30

Marguerite Yourcenar aurait dit :
« Le but de l’Art est d’exprimer ce qui relie les hommes entre eux »
malheureusement, l’art contemporain se veut quelques fois, loin d’autrui …

La crispation avant-gardiste,
l’obsession du nouveau,
le culte de l’histoire de l’art,
et les artistes prêts à tout pour se singulariser,
tout ça finit par fabriquer un conformisme de happy few,
ésotérique et prétentieux,
qui n’encourage pas une relation apaisée entre l’Art et le public.

Puissiez-vous, avec Artsper, participer à une évolution de cette relation.

Bonne route et longue vie à votre entreprise.

François Decq

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